Regard Naif

En allant à Spa

juillet 6, 2009 · Laisser un commentaire

A propos de ce voyage de Rocroy, tout à coup, en allant de là à Spa, je rencontrai, au coin du jour, une cinquantaine de paysans armés. Je crus que c’étaient des voleurs. M. le comte d’Artois n’avait pas d’armes ni moi non plus. Au moment de que nous le regrettions cinquante vivats nous rassurent. C’était une bande de mes fidèles sujets qui avaient mauvaise mine, mais bon coeur, qui m’attendaient à la frontière de mon petit comté souverain d’Empire que je ne savais pas être sur mon chemin. Terre souveraine située dans l’Entre-Sambre et  Meuse, à quatre kilomètres de Mariembourg. Ils me menèrent régner sur mon rocher où il me fallut enrayer ma voiture tout le temps que je m’arrêtai pour recevoir les hommages du clergé et du magistrat; et puis je continuai ma route.

Mémoires du prince de Ligne

Comme quoi il fut un temps où on pouvait être un homme de cour et croiser une bande patibulaire dans une enclave territoriale sans se faire molester.

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Scories de la semaine

juillet 5, 2009 · Laisser un commentaire

  • Le char de Gay Lib bloqué à la marche des fiertés inverties
    Il est difficile de savoir s”ils étaient constipés, mais les gentils lurons de Gay-Lib se sont retrouvés bloqués avant de déboucher à l’extrémité du parcours de la marche des fiertés etc… C’est amusant comme ce genre d’incident peut donner prétexte à de mauvais jeux de mots! Qui a perdu les pédales pour que se produise une telle intolérance libérophobe?
    Reconnaissons quand même que la vie est dure pour ces gens là, mal aimés de partout soit en tant que libéraux sarkozistes soit en tant qu’homosexuels. De quelque côté qu’ils se tournent leurs arrières sont menacés.

 

  • Henri Guéant caillassé
    Ou peut-être Claude Guaino, en tout cas un des grands conseillers de notre Président a vu voler les pavés. Il va pouvoir nous faire un beau discours pour nous montrer en maître Pangloss que cela devait arriver nécessairement dans le meilleur des mondes possibles, et qu’il faut poursuivre les réformes qui n’ont pas été commencées. Il le dit lui-même ce soir: “le plan banlieue n’a pas abouti.” Et puis “un certain nombre de gens considèrent que c’est une dépense inutile.” Bientôt les gourous de la pub pourront afficher de belles affiches pour le grand emprunt national qui ne sera pas forcé aux cris de: ” ils donnent leurs pavés, prêtez votre or“.

 

  • L’éducation suédoise à la parité
    Le journal métro du groupe de presse suédois nous prépare à la présidence du même nom. Mercredi, il vantait l’éducation à la parité dans ce beau pays nordique. Figurons-nous que tout est fait pour confondre les sexes, dès l’école. Les garçons sont invités à jouer à des jeux de fille et pas réciproquement. Belle photo que cette institutrice qui apprend à un jeune garçon à jouer à la poupée après avoir déguisé un de ses camarades en princesse.
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    Pour que les petites filles puissent jouer à des jeux de garçon, elles doivent aller dans les guérillas perdues d’Afrique et d’Amérique du sud où on leur offrira des kalachnikov. Chacun ses méthodes pour la révolution!

 

  • Bernie Ecclestone, guide suprême de l’automobile
    Ce qui est amusant, c’est que la bête immonde surgit toujours par où on ne l’attend pas. Serait-ce parce qu’Adolphe Hitler était un grand amateur de grosses cylindrées, même s’il n’a jamais su conduire, parce que le terrain des congrès du parti de Nuremberg, tribune présidentielle incluse, a été transformé en circuit automobile, ou à force de fréquenter le fils du Mussolini anglais? Toujours est-il que Bernie Ecclestone reconnaît que le bilan globalement positif du chef du parti national socialiste allemand mérite d’être légèrement nuancé, parce que finalement il n’a pas tout réussi. C’est dommage de s’exprimer ainsi parce que maintenant les écolos, ces êtres simples, ne sauront plus pourquoi le haïr: en tant que dangereux patron d’un sport nuisible ou en tant qu’admirateur nuancé d’un homme d’état controversé?
    Vu le culte de la nature des nationaux-socialistes, conseillons aimablement à Hulot et consorts d’en rester à la haine du sport automobile qui gache un carburant si utile aux reportages en hélicoptère.

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Et Versailles?

juin 29, 2009 · Laisser un commentaire

- Versailles? Connais pas Versailles! Je ne sais pas où se trouve Versailles! Personne ne sait où se trouve Alésia!

Ce serait d’après certaines rumeurs la réaction de nos gouvernants lorsqu’on leur demande s’ils savent où a été signé le fameux traité de paix de 1919. Ce bruit est certainement colporté par des esprits mal intentionnés, mais il faut remarquer que le silence autour de ce traité est assourdissant. Il est vrai que la paix du monde est menacée par la mort de Mickael Jackson et le rôle de son médecin dans les troubles de intestins iraniens.

Pourtant la frénésie comémorative aurait du sévir encore une fois. Un zeste de repentancerattaché à une petite mention des heures les plus sombres de notre histoire, rien n’était plus facile que cette occasion pour un tel coquetèle. Il est vrai qu’il auraitfallu mentionner que ce fut l’oeuvre de politiciens progressistes qui en ont profité pour manifester une drôle de tolérance à l’égard du vaincu. Le droit des peuples, la démocratie et la morale furent déjà les piliers d’un désatre, alors il est vrai qu’il faut peut-être le cacher au bon peuple, et on  se contente du  11 novembre, une belle opportunité d’adorer la paix européenne perpétuelle, et les droits de l’homme et de fustiger la guerre, cette calamité dévastatrice. C’est ce qui rend le silence d’hier d’autant plus éloquent.

Car rien ne pourrait faire croire, pour en juger les auteurs, que cet avis de Bainville est faux ou qu’il ne pourrait s’appliquer à nouveau demain: “Ainsi les détails du traité sont un travail d’experts et de techniciens. L’ensemble, les grandes lignes sont de l’ouvrage d’amateur. De là lui viennent deux de ses traits dominants: un caractère moral prononcé, car il est facile de mettre des lieux communs de moralité à la place du raisonnement politique qui exige un effort intellectuel et une préparation particulière. Ensuite un caractère “économique” non moins accusé qui s’accorde avec le moralisme puritain.”

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PS: TF1 n’a quand même pas oublié de fêter le 60ème anniversaire du journal télévisé, à chacun ses priorités.

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Thélogie de la libération

juin 28, 2009 · 3 commentaires

Entendu ce matin en chaire: “Quand l’Algérie a été libérée”. Pas encore vu le rapport avec l’Evangile du jour.

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Absurde

juin 15, 2009 · Laisser un commentaire

Tombé par hasard sur cette information qui n’a rien de récent: une chercheuse israélienne en études sociales, les soldats israéliens refusent de violer les palestiniennes parce qu’ils sont racistes. La conclusion est inéluctable: « C’est le racisme démographique qui est à l’origine de cette attitude, car une grossesse consécutive à un viol amènerait à la naissance d’un Arabe de plus, et cela serait vécu comme une catastrophe au niveau national ! Il s’agit de lutte pour la possession du territoire ».

En soi  cela n’a pour ainsi dire aucune importance. Il s’agit d’évènements lointains pour lesquels il est inutile de faire preuve de passion. Le seul et grand intérêt de cette étude est de démontrer l’étrange propriété des sophismes: former une proposition absurde à partir faits crédibles (que les soldats israéliens ne violent pas et qu’ils sont légèrement racistes). Surtout on constate que nous avons tout ce qu’il faut pour établir le même genre de conclusions nous concernant: des cuistres jobards qui abominent les discriminations doivent se tenir prêts à nous expliquer doctement que si les jeunes populaires du VIIe refusent de faire une tournante avec Rachida Dati, leur maire vénéré, c’est simplement par un coupable sentiment de supériorité sur les jeunes divers des banlieues; ce n’est pas une quelconque bonne éducation, mais un refus discriminatoire d’adopter les coutumes de populations qui ne demandent qu’à s’intégrer et de contribuer au métissage.

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Génial!

juin 9, 2009 · Laisser un commentaire

Extrait d’Assassins et voleurs de Sacha Guitry, tout simplement.

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Effeuillage politique

juin 8, 2009 · Laisser un commentaire

En dépit d’avis publiés par-ci par-là, je me suis rendu hier dans l’école laïque gratuite publique et obligatoire dans le désordre de ma commune. C’est un beau bâtiment en brique dont le nom fleure bon la fraternité républicaine, à la différence du stade situé en face qui puerait plutôt la fange révolutionnaire et le plomb des balles dans la nuque. J’ai d’ailleurs pu y vérifier que si les portiques promis par le gouvernement, l’opposition nationale localement au pouvoir avait pourvu à un légitime besoin d’ordre juste en y installant une gorgone, qui doit être présente à demeure puisqu’un petit garçon qui accompagnait sa maman à l’école lui a dit :”A demain!”. Vu l’âge de la gorgone, il n’est pas sûr que ce soit une initiative récente, mais comme la dernière fois que je suis aller à l’école c’était en 2007, je ne suis plus bien sûr.

Ce ne sont pas des considérations architecturales qui ont poussé un adulte d’esprit et de corps sain ou presque à se rendre librement à l’école primaire le jour du repos dominical. D’abord mon regard avait été attiré depuis une semaine par cet appel déchirant pour l’autodétermination du peuple tamoul au Sri Lanka (ex-Ceylan pour les amateurs de thé) lorsque je passais en revue une série de panneaux publicitaires à deux pas de chez moi*. Il faudra d’ailleurs dire aux écolos anti-pub d’arrêter d’étaler des slogans colorés qui brillent la nuit. Ensuite j’ai reçu une convocation gouvernementale avec plein de prospectus, de CV, de lettres de motivation et de candidature. Il paraît que c’était pour une action en faveur de l’emploi. Alors avec la crise, j’y suis allé faire un geste.

En plus, la semaine dernière dans le train, j’ai croisé un des gars dont je venais de recevoir la photo. D’après les gens qui l’accompagnaient il allaitfaire la première partie d’un spectacle de Marc Jolivet. C’est vrai que vu la manière dont ils étaient habillé, il était visible que leur patron il n’avait pas eu trop de succès jusqu’à présent et qu’il a juste les moyens de leur offrir des nippes récupérées dans un ashraam du Dalaï Lama, habits d’ailleurs confectionnés avec la laine du même animal. C’est peut-être à cause de ce geste généreux que le dit lama vient d’être fait citoyen d’honneur de Paris grâce aux amis de Marc Jolivet.

Quant à la tête d’affiche, elle aurait plutôt méritée d’être auscultée et de se faire dresser le portrait par le bon docteur Destouches plutôt que par un naïf. Un vrai guignol au regard sournois qu’il doit cacher derrière des verres fumés. Un gnôme vieillissant à la peau frippée. Pour son rôle de clown, son imprésario devra consentir des frais pour lui refaire la tignasse flamboyante qui a fait sa célébrité. En bref, un petit gros rabougri dans on se demande comment il a bien pu envoyer un général en exil à Baden (il est vrai que Baden n’est pas loin du Repos de Charles, mais bon). Avec son air, on sent bien qu’il est pour nous refiler un morceau de chienlit et qu’il en est réduit à servir de faire-valoir à des comiques de seconde zone ou à s’esbaudir grassement de ses derniers coups de veine. Tout à fait destiné à servir la chose publique! Mais hors de question d’être représenté par ça, question d’hygiène mentale.

Alors forcément, j’ai examiné un peu la concurrence, pas bien brillante, mais des postes étaient absolument à pourvoir. Aux trombines et aux slogans des postulants, ils ne semblaient pas tous aussi contre-indiqués les uns que les autres. Par exemple, il y avait un grand gars à l’air sympathique qui rejouait l’affiche de Rabi Jacob en posant avec un rabin et un arabe sur son affiche. Le côté comique jusque dans l’humour au ras des pâquerettes des slogans, pour un travail de représentation (si j’ai bien compris) c’est absolument impossible. Il ya avait aussi le patron d’un grand journall comique genre Pif Gadget, pas du tout mon genre. Alors dans le petit cabinet prévu à cet effet, j’ai employé le papier obligeamment fourni à l’entrée. L’endroit étant discret et isolé, j’ai pu me livrer à une action honteuse que la Halde réprouve: DISCRIMINER en fonction de l’âge, de la religion, de la couleur, des orientations politiques ou philosophiques, le tout en ayant bien décider de ne pas voter blanc. Et d’ailleurs j’avais cru comprendre qu’il s’agissait de choisir quelqu’un qui pourrait (ou non, le travail n’est pas contraignant) agir en mes noms et qualités dans un grand théâtre à Strasbourg, j’ai finalement voulu privilégier le côté tragédien. Pourtant ‘il a été dur de trouver quelqu’un ayant, même de loin, la tête de l’emploi.

Comme il paraît que c’est le comique que j’ai croisé dans le train qui a été retenu, je suis un peu triste parce que ce n’est pas lui que j’ai choisi, mais je suis content pour ses collaborateurs. Comme le travail est bien payé, il va peut être pouvoir les augmenter pour qu’il s’achètent des habits présentables.

Ah, s’ils avaient pu être choisis, le théâtre de Strasbourg aurait peut-être attiré du public.

* Cet appel est bien inutile depuis que la question a été réglée démocratiquement avec des chars le mois dernier.

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American history

mai 29, 2009 · 3 commentaires

Si la presse quotidienne gratuite est un monument contemporain édifié à la gloire de la bêtise*, la presse sportive réussit à ne pas être en reste. En témoigne ce magnifique extrait de L’Equipe, sous le titre “Serena, pure  parisienne”.

“Versailles, c’était superbe, mais en voyant les grilles, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à ce qui s’était passé ici au moment de la Révolution. J’imaginais tous ces pauvres gens à l’extérieur secouant les grilles pour demander à manger pendant qu’à l’intérieur le roi et sa cour avaient tout ce qu’il fallait. Cela ne m’étonne pas qu’il y ait eu la Révolution, il y avait trop de différences entre l’aristocratie et le peuple.”

Je ne sais pas si Serena réussira sa thèse de philosophie politique à l’université Roland Garros cette année, mais un vieux réflexe m’incite à me poser cette question existentielle:

Jefferson Davis a-t-il eu raison d’abolir l’esclavage?

Une vision de l'histoire qui frappe

Une vision de l'histoire qui frappe

* Une anthologie mériterait d’être écrite, mais l’auteur d’une telle oeuvre serait confronté à la surabondance de perles d’une qualité exceptionnelle.

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Jachère, inscriptions et belles lettres

mai 24, 2009 · Laisser un commentaire

Par fainéantise, ce blog est en jachère depuis un mois. Les sujets n’auraient pourtant pas manqué. Le magnifique appel de Thierry Mariton pour un emprunt forcé se serait bien prêté à de longs développements en dépit de son caractère confidentiel. Ne doutons toutefois pas qu’après le 7 juin il sera enfin entendu et promu par les gardiens de nos finances. Les polémiques sur le discours du Saint-Père en Terre Sainte auraient également pu être l’occasion de considérations érudites. C’est vrai que ce pape fut membre obligatoire des jeunesses hitlériennes et qu’il est naturel de se méfier de tout ce qu’il peut dire concernant la shoah et que nos résistants qui ont eu le courage et la vertu d’attendre pour venir au monde que la bête immonde se soit retirée ont raison de nous alerter. D’ailleurs à l’époque où il fréquentait le séminaire plutôt que les réunions éducatives des dites jeunesses, il devait déjà tramer de sombres desseins qui expliquent le peu d’attention que lui porta une police politique autrement plus méfiante habituellement avec le cléricalisme philosémite.

Même les amis inconnus qui m’envoient de beaux messages pour me proposer des liquidités à des taux usuraires, des voitures à des prix exorbitants ou autres expanseurs de sexe suédois et pilules aphrodisiaques auraient mérité quelques remerciements. Ce d’autant plus qu’ils n’hésitent pas à m’écrire en anglais, en allemand, en russe ou en chinois. Cette notoriété internationale fait chaud au coeur.

Même le beau mouvement démocratique des étudiants en “master d’arts martiaux et sciences politiques” de l’université de Lyon aurait pu faire l’objet de commentaires grinçants. Rassurons-nous,  la pitoyable tentative cinématographique des factieux de l’UMP n’enraiera pas leur mouvement pour une université plus belle, plus juste, plus humaine.

C’est pourtant une simple promenade parisienne qui justifie ce retour. Quelle émotion de voir ce panneau arboré par un mendiant qui n’hésite pas à se séparer de jeunes chiots chers à son coeur en face de l’Académie française et écrit sur son morceau de carton: ” Une petite pièce pour manger, merci bocu”. Cet hommage à la beauté de la langue et à la syntaxe qui n’hésite pas à faire référence aux origines balkaniques du malheureux mérite un véritable éloge.

Pour celui qui a eu le courage de rajouter ce cri d’amour de la liberté, “Ni dieu ni maître”, à l’entrée nord de la cour carrée du Louvre, je reste plus circonspect. Se rend-il bien compte qu’à l’époque de la construction de la dite cour, il aurait amplement mérité l’estrapade pour son appel généreux? Une telle abnégation rétrospective laisse sans voix.

Moment de frayeur également en entrant au Palais-Royal. Une palissade interdit l’accès à la magnifique oeuvre de Buren. La menace de ce grand artiste aurait-elle été mise à exécution? Heureusement, il n’en est rien! Les bandes verticales blanches et noires sont traversées de hublots qui confirment que notre gouvernement a enfin pris la question culturelle au sérieux. La réfection de cette magnifique création est en cours. Quel plaisir de voir de l’argent si bien dépensé.

Enfin, cette belle inscription, “Dieudonné Soral Résistance”, pochée au seuil d’une station de métro d’un des derniers bastions de la ceinture rouge de Paris ne manquera pas de faire définitivement oublier les errements d’anciens communistes. Jacques Doriot sera définitivement balayé par ce mouvement qui balaiera définitivement l’influence sioniste. Désormais les communistes dissidents ne se fourvoieront plus avec l’occupant. Avec leurs camarades, ils resteront tous à la pointe de la lutte contre la tyrannie, la xénophobie.

Décidément la jachère a du bon, elle permet d’observer comment le bon grain chasse naturellement l’ivraie. Les belles inscriptions fleurissent un peu partout, et ce n’est que justice puisque c’est le printemps.

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Sortie culturelle

avril 18, 2009 · 4 commentaires

 La fréquentation des expositions est une activité parfaitement hyghiénique pour l’esprit. C’est l’occasion d’un entraînement des sens et du jugement pour découvrir si le spectacle est sur les murs ou devant les murs. En tout cas, même lorsqu’il s’agit de peinture, il faut garder l’ouïe alerte. Les discours du public étant parfois aussi savoureux que les oeuvres présentées.

Ainsi, lorsqu’une grande bringue s’écrie: “La vierge est au fond du couloir à gauche!” Il y a de quoi rester abasourdi, puisque plusieurs vierges sont affichées dans chaque salle. Et s’il s’agit d’une visiteuse, la moyenne d’âge et le style d’icelles rendent cette hypothèse assez peu plausible, la majorité ayant employé davantage de couleur et d’enduit que les peintres en avaient eu besoin pour leurs oeuvres, avec un goût légèrement moins sûr.

Sinon, il y a l’inévitable cohorte de la visite collective.  Elle s’avance lentement mais sûrement comme une chenille, et à peine croit-on l’avoir devancée et qu’on veut prendre son temps devant un morceau qui en mérite la peine, la voix du guide claironne: “Machin travaillait pour les nobles et les seigneurs, pour ceuxqui avaient de l’argent.” Sous-entendu, vous avez de la chance de pouvoir admirer ses chefs d’oeuvre pour une somme modique et heureusement que la culture aujourd’hui s’est démocratisée. C’est vrai quoi des artistes qui chercheraient à se faire du pognon sur le dos de leurs contemporains cela n’existe plus. Et puis au Moyen-Âge, les riches, ce n’étaient que des salauds qui construisaient leur église, leur hôtel-dieu, qui fondaient leur couvent grâce à l’argent arraché aux malheureux qui n’avaient pas accès aux splendeurs de ces bâtiments. Et les bourgeois avec leurs cathédrales, quelle folie des grandeurs!

Enfin arrive la paire de rombières. De nombreuses heures de vol vers les expositions les plus variées, un regard assuré de l’une qui assène à l’autre: “Ils n’avaient pas encore trouvé la perspective, c’est tout plat!” Elles doivent quand même avoir un peu de purée dans les yeux ou dans le cerveau, parce que les plus belles pièces emploient la technique du trompe l’oeil, et que les figures se détachent du fond. D’ailleurs, un défaut naïf de vision des couleurs confireme cette impression en regardant une vierge qui se détache, comme le visage du Christ enfant qu’elle tient, tandis que le corps de l’enfant reste accroché au fond. Avec un examen plus précis, le peintre a bien fait son ouvrage, c’est la vision des couleurs défaillante qui joue un tour.

Finalement on peut dire ce qu’on veut, mais les primitifs italiens valent largement les bricoleurs contemporains. A se demander comment il se fait qu’ils arrivaient à traiter le même sujet avec tant de variété et un bonheur parfois inégal, quand aujourd’hui on baptise les mêmes morceaux de tôle vaguement peints des noms les plus étranges. A croire, que l’art industriel à la Jeff Koons, n’arrive à être créatif que dans la fine appellation d’attrape gogos.

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