Regard Naif

Entrée de septembre 2008

Like the real thing

septembre 30, 2008 · 2 commentaires

En temps de guerre, un film de propagande donne un navet ou un chef d’oeuvre. La vie du colonel Blimp, jeune idiot devenue vieille baderne appartient à la deuxième catégorie. Une histoire simple, en 1900 le jeune lieutenant Candy, alias Blimp, se rend à Berlin pour défier un provocateur allemand qui profite de la guerre des Boers pour flétrir l’honneur britannique. S’ensuit un duel contre un lieutenant prussien tiré au sort. Les deux jeunes imbéciles se blessent mutuellement et profitent de leur convalescence pour faire connaissance. A travers les conflits, leur amitié perdure, même si l’Allemand épouse l’Anglaise dont Blimp s’était épris.

Le sujet est magistralement traité en pleine guerre, bien que Churchill n’ait apprécié ni l’idée, ni le résultat (comme quoi on peut être un excellent homme d’Etat et ne pas avoir de bon sens en matière cinématographique.).

Les séquences s’enchaînent mécaniquement depuis le carrousel de motos et de camions qui ouvre le film. Un jeune présomptueux a décidé d’interpréter à sa manière l’ordre donné pour un exercice d’invasion. “Like the real thing”, il s’en prend à Blimp devenu général au cours d’une bagarre dans la piscine d’un bain turc. Le réalisateur en profite pour faire un magnifique traveling sur la piscine et faire émerger Blimp quarante ans plus tôt, juste avant qu’il ne parte défier ses chefs et l’armée allemande à Berlin.

C’est une série d’idées ingénieuses qui donnent à ce film aux couleurs vives du début du Technicolor son relief:

La jeune Deborah Kerr joue parfaitement les trois personnages féminins principaux, la miss anglaise de la Belle Epoque employée dans une famille allemande mais jalouse de l’honneur britannique, la jeune femme des années vingt qui accepte d’épouser Blimp vieillissant, et la conductrice secrétaire en uniforme du vieux général Blimp dans les années 40.

Les séquences en kaléidoscopes pour représenter le temps qui passe. Une série de trophées de chasse se termine par un magnifique casque à pointe accompagné de la mention Hun 1914. Ensuite ce sont les cartons d’invitation de réceptions mondaines, jusqu’à la mort de la jeune madame Blimp dans les années 30, avant une nouvelle série de trophées.

Surtout, la caricature des moeurs allemandes est réalisée finement, sans anachronisme ou exagération. Les Anglais eux-aussi ne sont pas épargnés, avec les messieurs graves du début de siècle et les militaires dépassés par les Allemands qui refusent de jouer fair play dans les années trente, like the real thing.

Quand on aime les films fleuves du début du cinéma en couleur, Blimp est incontournable. Certes il n’existe pas de version française, mais est-elle vraiment nécessaire? Un film fait par un émigré d’Europe Centrale avec dans le rôle titre un acteur formé à l’école du théâtre shakespearien y perdrait beaucoup.

En voici une petite séquence qui montre comment provoquer un allemand:

et une autre sur les relations germano-britanniques à la mode militaire de 1900:

Catégories : Grâce aux Lumière

Vie parisienne

septembre 29, 2008 · 2 commentaires

Dans un numéro de la vie La Vie parisienne de 1909, trouvé hier chez un bouquiniste, ce magnifique entrefilet:

Sous sa sobre tunique azurée, voici le descendant des houzards, ces enfants gâtés de la cavalerie française, toujours en coquetterie avec la Victoire. Vrais bandits, à l’origine, sous leur peau de loup et leur bonnet fourré, ils devinrent les héros les plus coquets, les plus légers, les plus dorés de l’Epopée Impériale. Aujourd’hui, comme aux chasseurs leurs cadets, on a tout enlevé: panache, soutache brandebourgs, et ils trouvent encore le moyen d’être éblouissants.

Parfois, les vieux journaux, mêmes légers sont d’une fraîcheur redoutable. Il faudra d’ailleurs quelque jour que je copie le dessin de troisième de couverture, avec cette légende: J’ai beau avoir aujourd’hui 47 ans, je n’ai pas de rivale pour la jeunesse, l’élégance et la gaieté.

Vive le charme du vieux Paris, et du Hussard!

Catégories : Heurs et humeurs

Lyrics

septembre 28, 2008 · Un commentaire

Quand un medium national m’offre la possibilité de m’exprimer et me demande d’écrire haut et fort pour la citoyenneté, je n’hésite pas, je prends du lourd. Et voici ce que ça donne.

Que veut cette horde d’esclaves
De traîtres, de Rois conjurés?
Pour qui ces ignobles entraves,
Ces fers dès longtemps préparés?
Français! pour nous, ah! quel outrage!
Quels transports il doit exciter!
C’est nous qu’on ose méditer
De rendre à I ‘antique esclavage!
Quoi! des cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers!
Quoi ! ces phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fiers guerriers
Grand Dieu! par des mains enchaînées

Nos fronts sous le joug se ploieraient!
De vils despotes deviendraient

Les maîtres de nos destinées!
Tremblez, tyrans! et vous, perfides,
L’opprobre de tous les partis,
Tremblez! vos projets parricides
Vont enfin recevoir leur prix.
Tout est soldat pour vous combattre,
S’ils tombent, nos jeunes héros,
La terre en produit de nouveaux
Contre vous tout prêts à se battre.
Français! en guerriers magnanimes
Portez ou retenez vos coups.
Épargnez ces tristes victimes
A regret s’armant contre nous.
Mais ces despotes sanguinaires,
Mais ces complices de Bouillé,

Tous ces tigres qui sans pitié

Déchirent le sein de leur mère!
Amour sacré de la Patrie
Conduis, soutiens nos bras vengeurs!
Liberté, Liberté chérie!
Combats avec tes défenseurs.
Sous nos drapeaux, que la victoire
Accoure à tes mâles accents,
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire!

Rouget de Lisle n’en voudra certainement pas à un pauvre naïf de reprendre son texte à l’heure où le péril fasciste de la pire des tyrannies nous menace.

PS, du 29 septembre: Halde à la discrimination de la marseillaise. Les paroles ci-dessus ont effectivement été proposée pour le concours de lyrics, et elles n’ont pas été publiées. C’est une discrimination anti Marseillaise insupprtable. Les Tuileries ont été prises et les Suisses massacrés pour moins que ça.

Catégories : Jeu de massacre

Look Royal

septembre 27, 2008 · 3 commentaires

Royal Newlook

Royal Newlook

La Zappaterreur du Poitou vient de se relancer dans la conquête du PS. Continuant à manier les truismes, elle n’hésite pas à prendre une stature présidentielle en déclarant:” Je suis là aujourd’hui, je serais là demain. Rien ne me fera reculer.” Le maréchal président de Mac Mahon n’avait pas dit mieux à Sébastopol lorsqu’il annonçait aux Russes “J’y suis, j’y reste.” Nous attendons donc avec impatience le prochain discours Ségolène, surtout s’il y a des inondations. Soyons en sûr, elle ne tergiversera pas avant de nous annoncer que l’eau ça mouille surtout lorsqu’il y en a beaucoup.

Notons également que madame ex-Hollande n’hésite pas à proposer le droit opposable aux deux repas par jour. Le socialisme, c’est alimentaire!

Enfin le plus important, la pasionaria du Chabichou a changé d’apparence. Le Grand Charles pourra nous préciser si elle a reçu les conseils d’Alain Bécile; en attendant essayons de trouver un qualificatif à ce nouveau visage qui succède à son ancienne expression de grenouille de bénitier reconvertie dans le sentimentalisme humanitaire.

N’ayant pas encore trouvé comment réaliser un sondage, je soumets ces quelques propositions de description de la nouvelle image de Ségolène:

  1. Ingénue en fin de carrière;
  2. Actrice porno avant la première fois;
  3. Bobo de droite mais pas trop;
  4. Elle vient de jouer au docteur avec Jamel Debbouze;
  5. Paris Match doit cesser de truquer les photos;
  6. Baronne Daphné a encore frappé (voir ici)

Catégories : Ce vaste monde

Un an avant la catastrophe

septembre 26, 2008 · Laisser un commentaire

Contraste affligeant! la France a ri de tout, et les choses les plus respectables n’y sont plus respectées: la vertu, la famille, l’amour de la patrie, l’honneur, la religion y sont présentées comme des sujets de risée à une génération frivole et sceptique. Les théatres y sont devenus des écoles de cynisme et de turpitude. Une certaine presse, triviale et déshonnête, organisée par des gens déclassés et sans principes, dans le seul but de battre monnaie ou de se faire une célébrité de mauvais aloi, renchérit encore sur les théatres et enseigne à la jeunesse de se moquer de toutes choses et à tout mépriser. Des romans immoraux et obscènes sont publiés et présentés, sous le voile du talent, comme d’instructives études de moeurs. Et, qui le croirait? cette presse écoeurante et ces romans malsains sont lus avec avidité par la plus grand epartie du public et presque à l’exclusion de toute autre production littéraire! Comment ne pas voir dans de pareils faits les indices d’une décadence réelle? Ainsi le poison s’infiltre de toutes parts, goutte à goutte, dans les organes d’une société ignorante et blasée, faute à elle d’avoir l’intelligence ou l’énergie de changer ses institutions pour en adopter de nouvelles, basées sur la justice et le droit, conformes à l’esprit des temps modernes et propres, avant tout, à l’instruire et à le moraliser. Aussi toutes les belles qualités de la nation, la loyauté, le charme, l’esprit, l’élan du coeur, s’affaiblissent ou s’effacent peu à peu, à tel point que bientôt cette noble çrace française ne se reconnaîtra plus qu’à ses défauts. Et pendant ce temps la France ne s’aperçoit pas que des nations plus sérieuses la devancent dans la voie du progrès et la relèguent au second rang.

Malgré les idées, cette envolée lyrique n’est pas d’un simple naïf. Cette éloquence dépasse mes capacités. Bien sûr c’est l’avis d’une vieille birbe du XIXe siècle qui s’indigne du spectacle de la décadence des moeurs. Le genre de texte qu’on ressort pour vous dire: “le sentiment de décadence jeune homme, c’est vieux comme mes robes!” En plus son auteur est le colonel Stoffel, attaché militaire français à Berlin, autant dire un vieux con. Là où cela devient amusant, c’est qu’il date d’août 1869 et souligne le contraste entre la France et la Prusse. Quelques 12 mois après, le même colonel Stoffel s’échappait de Sedan et réussit à gagner Paris pour participer au fameux siège.

Mon hilarité croît encore avec des qualificatifs variés concernant les parlementaires:

une majorité formée de médiocrités, d’hommes sans caractère, sans élévation et sans aucune des connaissances qui font le législateur.

une opposition où dominent des avocats ambitieux et vains, qui font consister le patriotisme dans des récriminations haineuses ou des rancunes calculées, qui cachent leur incapacité et leur impuissance sous les fleurs du langage…

Là où je ne me retiens plus, c’est en sachant qu’il s’agit d’un rapport officiel publié (avec quelques coupes) dans les journaux pendant les siège de Paris, lorsque les incapables avaient pris le pouvoir, et que le texte intégral a été disponible en livre dès l’été 1871, alors que les médiocres sans caractère ni élévation venaient de revenir au premier plan.

La seule chose que je regrette, est que j’aurais pu intituler cet article: “Toute ressemblance avec des personnages et des situations actuelles ne serait que le résultat du hasard et pure coïncidence.

Quand on peut éviter ça à Versailles, c'est mieux.

Quand on peut éviter ça à Versailles, c'est mieux.

Catégories : Sans catégorie

PPDA enfin libéré

septembre 22, 2008 · Un commentaire

Comme le CGB, je fête la libération de PPDA. Vingt ans de lavage de neurone cerveau ne l’ont pas abattu. Il est enfin libre, reste à savoir s’il demandera audience à Benoît XVI.

Merci TF1.

Catégories : Sans catégorie

Guareschi et moi

septembre 22, 2008 · Laisser un commentaire

Citer un professeur de l’université hébraïque de Jérusalem, chroniqueur d’un journal travailliste de New York, me valant d’être taxé de bellicisme d’extrême-droite, j’en reviens à la critique cinématographique. Une bonne comédie française de Duvivier avec Fernandel, cela n’a rien de politique. Pourtant, malgré leurs succès, je trouve que les Don Camillo présentent quelques défauts. Duvivier est un expert dans l’art des films à sketch, mais l’adaptation des histoires de Giovanni Guareschi aurait pu être un chef d’oeuvre. Hélas l’esprit de Guareschi est celui d’un hussard, léger et caustique. Cela va mal avec des comédies consensuelles qui ne doivent pas trop heurter la bien-pensance.

La lecture des aventures de Don Camillo et Peppone est nettement plus amusante que les films qui en reprennent la trame sans en retrouver toute la verve. Pour les lecteurs réactionnaires, hussards ou catholiques c’est un régal. Dès le mot d’introduction de l’auteur le décor est planté quand il écrit

J’ai écrit, un jour, une histoire dont le héros était mon communiste Peppone; Peppone donc se trouvait tenir un meeting politique quand un avion passa et lança des pamphlets anti-communistes; Peppone se fâcha et prit une mitrailleuse; mais il n’alla pas jusqu’à tirer. “C’est trop fantastique!” songeai-je en écrivant l’histoire. Quelques mois plus tard à Spilimberg, non seulement les communistes ont tiré sur un avion distribuant des tracts, mais ils l’ont descendu.

C’est cet esprit qui fait défaut à Duvivier, alors que Guareschi est un vrai caustique quand il décrit sa déprtation en Pologne:

J’avais toutes sortes de choses à faire pour rester vivant et j’y réussis tout à fait en m’imposant un programme que je peux résumer ainsi: “Je ne mourrai pas, même si on me tue.” Ce n’est pas si facile quand on est réduit à cinquante kilos d’os, y compris poux, punaises, puces, faim et mélancolie.

Aux séquences de vie reprises dans le film, il ajoute régulièrement ce genre de commentaires qui sont difficiles à transmettre par l’image, même avec un narrateur.

Guareschi maîtrise les ressorts du genre fantastique pour faire surgir naturellement les miracles dans la vie quotidienne. Son amour de ses semblables transparait par la voix du Christ comme par le côté charnel de ses héros: prêtre à la force de débardeur, au caractère de chien, pauvre comme Job mais adorant ses semblables surtout quand il absout les péchés à coups de pied; communistes soucieux de se rendre à la messe et de faire baptiser leurs enfants même s’ils se prénomment Lénine; ou laïcards mangeurs de curés qui, à l’article de la mort, se confessent par la fenêtre.

L’ensemble des histoires ressemble à des contes, rarement décevants. Les meilleurs forment une série sur le sujet de la peur. Un honnête homme a été tué dans une expédition punitive des rouges, mais la fausse tranquillité est troublée par le prêtre qui dément la version officielle du suicide. Guareschi réussit à faire monter la tension avec une adresse remarquable. Les coups de feu claquent dans la nuit alors que  la fête de Noël se prépare.

Torgnoles, bagarres et miracles trouvent un sens que Duvivier n’a pas su rendre, c’est dommage.

Catégories : Grâce aux Lumière

Foutez-nous la paix

septembre 21, 2008 · 4 commentaires

Le XXème siècle “civilisé” a peut-être interdit aux soldats de piller et de violer, mais n’est pas demeuré en reste en matière de bombardements et de destructions de villes. Nous n’avons aucune raison d’être fiers de nos exploits humanitaires. Il n’est pas exclu que les temps futurs frissonnent d’horreur en se souvenant de nous.

[...]

D’autre part, la question de savoir pourquoi les futures sociétés se feront la guerre est quasi hors de propos. Il n’est tout simplement pas vrai que la guerre est un moyen d’atteindre une fin; ni que les peuples se battent nécessairement pour atteindre tel ou tel objectif. C’est plutôt le contraire qui est vrai: les peuples choisissent souvent tel ou tel objectif comme prétexte pour se battre. S’il est permis de douter de l’utilité de la guerre pour parvenir à tel ou tel objectif pratique, on ne peut douter, en revanche, de son pouvoir de distraction, d’inspiration ou de fascination. La guerre est la vie écrite en majuscules. Dans ce bas monde, la guerre seule permet et exige tout à la fois la mise en oeuvre de toutes les facultés humaines, les plus hautes comme les plus basses. La brutalité, la dureté, le courage et la détermination, la force pure que la stratégie considère comme nécessaire à la conduite de conflits armés constituent en même temps ses causes. Littérature, art, sport et histoire l’illustrent de façon éloquente. Ce n’est pas en demeurant dans leur foyer auprès de leurs femmes et de leurs familles que les hommes atteignent la liberté, le bonheur, la joie et même le délire et l’extase. Au point que, assez souvent, ils sont trop heureux de dire adieu à leurs proches les plus chers pour partir en guerre.

Martin van Creveld

Cet extrait est ma modeste contribution à cette noble entreprise. Je le dédie à tous les utopistes et malfaisants qui supposent qu’il suffit d’enlever les méchants soldats occidentaux d’un endroit lointain pour qu’aussitôt règne l’harmonie démocratique des lendemains qui chantent.

PS: Remarquons que le dit Nasser, organisateur du bordel pour la paix, est également contributeur ici.

Catégories : Ce vaste monde

Boulot, métro, zéro

septembre 20, 2008 · Laisser un commentaire

Hier matin, je renonçais provisoirement à mon deux roues à propulsion humaine pour me rendre sur le lieu principal de mes occupations. Je pris le métro pour aller au boulot. La tête vide, je choisis de m’intéresser au présent de mes contemporains en saisissant le journal gratuit aimablement présenté par un gaillard hirsute.

Dans la rame, j’ai commencé à feuilleter rapidement Métro, suivant une méthode naïve : repérer rapidement un article et le lire si le sujet m’intéresse d’une manière ou d’une autre. Soudain, j’aperçus un titre aguicheur pour un ami de l’invention des frères Lumière: Star wars, épisode 3,5. A côté se trouvait une grande image de synthèse en couleur représentant manifestement un immonde personnage de la double trilogie de George Lucas. Un moment je crus à une parodie venant s’intercaler entre deux monuments du pompiérisme hollywoodiens. L’entrefilet jeux vidéos me rappela combien je suis naïf. Ce n’était qu’une nouvelle mouture du merchandising qui était annoncée, un nouvel attrape-gogo pour faire sonner le tiroir caisse.

Revenant de mon erreur, je remontais au titre de la page (contenu dans une bande du plus affreux rose-bonbon).  La mention Culture accolée à la photo d’une bonnimenteuse et de la mention Claire Chazal à l’Odéon provoqua un ricanement intérieur de bon aloi, avant de ne surtout pas chercher à en savoir plus.

Ensuite, je remarquai deux critiques de livres. Au premier Trouble identitaire je ne m’estimais pas concerné et me penchais sur le dythirambique éloge de Ado et sans-papiers ou le destin d’une angolaise de quinze ans, qui a du servir de prête-nom à un nègre* quelconque. En lisant ce titre, je revis un sketch où Francis Blanche proposait à Poiré de publier une histoire de France vue par un mineur polonais analphabète (recherche de vidéo infructueuse).

Enfin j’appris que Jeff Koons continue à faire débats, mais que notre glorieuse ministre de l‘Illumination du peuple la culture concluait: “[les] gens sont très heureux, très curieux et Jeff Koons est un artiste passionnant”. En considérant les anciens occupants du lieu, je pense que le jeune Louis XV aurait en effet été fort heureux de disposer dans sa chambre d’un caniche en plastique de grande taille pour s’entraîner à l’usage des armes blanches, armes à feu, modèles de canon, fléchettes et autres instruments dont devait disposer le galopin royal pour son éducation militaire.

Cible de fléchettes style Louis XV

Cible de fléchettes style Louis XV

Devant ce fatras, je m’intéressais aux résultats de quatre parties de football condensés en 500 mots. Une telle synthèse chasse le politiquement correct, même s’il n’est pas certain que la rencontre au sommet entre le PSG et le picrochole de Constantinople soit vraiment importante.

De cette brochure, je retiens deux choses. Le Su Do Ku qui m’a occupé pendant les vingt premières minutes d’une conférence et la nature thérapeutique de la lecture gracieusement fournie par des marchands de soupe. Cet article aurait aussi bien pu s’intituler: Metro deux fois par mois, l’homéopathie au service de l’intelligence.

*Mot employé dans son acceptation littéraire de personne qui écrit pour une autre, sans préjuger de la couleur de sa peau ou de ses sentiments.

Catégories : Heurs et humeurs · Jeu de massacre

Bouteille à la mer

septembre 19, 2008 · 2 commentaires

La Varende conte dans un recueil de nouvelles savoureuses l’aventure arrivée à un sien parent commandant une frégate. Au large de l’Afrique la vigie signale une bouteille à la mer. Dans un grand émoi l’équipage s’affaire sous la houlette de son commandant pour récupérer ce qui doit contenir un message. Malgré une mer agitée l’objet est attrapé et porté au dit parent qui a prépéaré une série impressionante de canifs et tire-bouchons pour ouvrir la dite bouteille.

A l’ouverture, la bouteille contient un parchemin parfaitement emballé sur lequel est écrit une énorme injure. Pour ne pas peiner son équipage le commandant annonce simplement à l’équipage que le papier est effacé.

Jusqu’à présent je comprenais la charité du chef qui refuse d’annoncer à ses hommes qu’ils se sont dévoués pour être injuriés.

Depuis que je suis les statistiques de lecture de mes messages, je commence à comprendre l’angoisse de celui qui croit avoir quelques choses à dire à ses contemporains et ne se sent pas écouté. Hier en rentrant, je vis la chute désespérante de mon taux d’audience (30 à 6 puis 2 lecteurs par jour), et cela m’a presque donné cette envie d’injurier le premier qui se pointerait au hasard.

Ce soir mes statistiques remontent comme mon moral. Je remercie les six fidèles lecteurs qui sont venu me voir chacun de ces deux derniers jours. Se savoir lu est un plaisir que je connaissais mal, même si ma prose s’était souvent imposée aux yeux de correcteurs stipendiés par l’Education nationale Instruction publique ou de chefs rageurs.

Catégories : Heurs et humeurs · Qui que quoi dont où?