Regard Naif

Entrée de décembre 2008

Eclats de rire,

décembre 31, 2008 · Laisser un commentaire

en écoutant le dernier numéro de Dieudonné. Les journalistes et critiques d’art révèrent la transgression. Ils sont prêts à voir un chef d’oeuvre dans n’importe quelle réalisation scatologique: un étron dans une vitrine, Jeff Koons à Versailles, des acteurs à poil et obscènes. Pourtant il suffit que Dieudonné exhibe Faurisson en costume trois pièces pour qu’on entende immédiatement un choeur de vierges effarouchées. Pour moi, c’est un chef d’oeuvre, une triple réussite: un spectacle comique bancal sur scène, des rugissements sanguinaires dans le public, des hurlements à la mort dans le beau monde. Chapeau l’artiste.

Pour faire mieux la prochaine fois, ce sera difficile. Il pourrait essayer de suspendre BHL dans une cage au-dessus de la scène, ou faire un duo avec Elie (Wiesel) qui ne rechignerait pas sur un petit cachet après ses déboires financiers.

Catégories : Jeu de massacre
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Qu’ils aillent se faire voir chez les Grecs

décembre 28, 2008 · Laisser un commentaire

Le titre de cette chronique est légèrement vulgaire, mais il correspond parfaitement à ce que m’inspirent ces deux articles, ici et, découverts au hasard de clics acharnés.

D’abord un jeune sympathisant de l’UMP (le post précédent celui mis en lien est une invitation à la boum de Noël des jeunes pop avec Benjamin Lancar en guest star) appelle à la mobilisation pour le caporal Shalit de la force de défense israélienne (Tsahal pour les ignares). J’ai déjà exprimé ce que je pense de cette mobilisation à propos d’un article de Valeurs Actuelles. Quand on s’engage dans les forces armées d’un pays guerre, même quand on est d’ascendance française, on assume le risque d’être prisonnier et on renonce à la protection éventuellement offerte par notre nationalité. La situation de Shalit concerne Israël, les Palectiniens et la Croix Rouge, mais elle ne regarde en rien les citoyens français.

Ensuite, je trouve le cri d’indignation d’un ardent défenseur de la patrie à propos des bombardements israéliens des derniers jours sur Gaza. Là encore, si le Hamas a jugé bon de mettre fin à une trêve, il n’y arien d’étonnant ni de condamnable à ce qu’Israël envoie quelques bombes et accepte l’épreuve de force. Pousser des cris d’orfraie, c’est d’ailleurs jouer le jeu du dit Hamas qui savait parfaitement à quoi s’attendre.

Ce qui m’exaspère, c’est cette tendance à vouloir importer un conflit qui ne nous regarde pas. En pastichant Bismarck, ces affaires ne valent pas la vie d’un soldat français. Alors que ceux qui ont tellement envie de prendre partie dans ce conflit y aillent concrètement plutôt que de chercher à lui donner un tour de lutte intestine bien française. C’est pourquoi je les invite cordialement à aller se faire voir chez les Grecs, qui recherchent eux aussi des camarades de jeu.

Et pour se calmer une petite chanson bucolique:

Catégories : Ce vaste monde · Jeu de massacre

La chaîne de l’espoir du MODEM

décembre 27, 2008 · Un commentaire

On trouve en ce moment une drôle de chaîne qui circule au centre de la galaxie des chroniqueurs de tout poil. Il semblerait qu’il s’agisse d’une tentative du MODEM pour se construire un programme ou faire de la propagande. Dans la mesure où je devrais être au centre je vais essayer de m’y associer.

Que mes lecteurs habituels ne soient pas surpris, c’est vrai que je devrais être un fervent soutien du MODEM. Les rassemblements de masse en chemises unicolores pour célébrer l’homme providentiel, ce n’est pas mon truc. Je n’ai aucun atavisme qui m’oblige à ne chercher le salut politique de la France dans le sacre de Henri XX ou de Louis XXX. Le socialisme me semble être un charlatanerie durable qui nuit à l’environnement. Le libéralisme dogmatique, j’ai du mal et l’idolâtrie gaullienne, jamais entre les repas (ni pendant d’ailleurs). Comme quoi, j’ai une vocation affirmée de centriste, et avec un minimum de sens de l’honneur qui m’oblige à toujours avoir au moins une trahison de retard, je devrais bien être un fervent défenseur du preux chevalier béarnais Bayrou et de son MODEM.

Comme ses affidés, je peux donc essayer de répondre au sujet proposé par les MODEMistes: exprimer deux doutes et trois espoirs pour le MODEM en 2009. Cela peut être difficile, mais en se considérant l’intérêt supérieur du pays, cela se peut.

Commençons

1. Doute: Je doute que le MODEM rassemble en 2009 d’autres personnes que des ectoplasmes arrivistes dopés à la moraline et rejetés par les partis frères de l’UMP et du PS.

2. Espoir: Que le MODEM contribue à mettre hors-jeu les deux partis cités plus haut lors des Européennes du printemps.

3. Espoir: Que le MODEM découvre que l’Union Européenne n’est pas l’alpha et l’omega de l’avenir de l’Europe, et que s’opposer à son impérialisme bureaucratique et dogmatique n’est pas forcément une mauvaise chose.

4 Espoir: Que le MODEM reconnaisse que le maintien de l’Etat de droit requiert de faire fi des bons sentiments et des idées généreuses , qu’à cet égard il y a beaucoup à faire en France, et que la défense des prérogatives régaliennes de l’Etat et la protection des honnêtes citoyens devrait être une réelle priorité.

5. Doute: Que le MODEM réalise mes espoirs en 2009 (ou en 2010 d’ailleurs.)

PS:  des lecteurs objectifs ne peuvent que constater que le problème n’est pas de savoir si le Naïf est centriste, ce dont on ne peut douter à la lecture complète de mes oeuvres, mais de savoir si le MODEM est centriste et de bonne volonté.

Catégories : par hasard

Le nouvel Ingénu

décembre 24, 2008 · Laisser un commentaire

Dans les années 70, Pierre Gaxotte commit un pastiche de Voltaire. Il transposa assez librement l’histoire de l’Ingénu dans le Paris du temps. C’est ainsi qu’un Huron débarqua à Paris, riche de pétrole et d’illusions, à la recherche de la vérité philosophique dispensée par monsieur Sartre. Ce monsieur étant trop occupé à haranguer les ouvriers, il doit se contenter de la conversation d’un philosophe triste, pilier de comptoir du Flore.

Heureusement pour se distraire il rencontre une charmante journaliste de mode aristocrate et basse bretonne, une jeune fille de bonne famille un peu simplette, un chanteur en vogue au vers larmoyant et une bande de jeunes réactionnaires plus préoccupés de leurs études que de la révolution maoïste ou de l’insurrection qui viendra. Avec la vraisemblance des romans philosophiques les péripéties s’enchaînent pour dresser le portrait intellectuel d’un peuple en lutte, près à succomber à la moraline.

Deux extraits peuvent en donner le sel, une tête de chapitre d’abord:

Ce soir-là, il y eut bagarre boulevard Saint-Germain et boulevard Saint-Michel. Des jeunes gens s’étaient réunis salle de la Mutualité pour flétrir les actes d’un dictateur africain qui venait de trahir la pensée de Mao-tse-toung. C’est une des conséquences de la prétendue information radiophonique et télévisée que chacun se mêle des affaires de tout le monde, prend parti à propos de n’importe quoi, se croit instruit de tout et s’imagnie posséder une conscience morale à la dimension des cinq continents.

Ailleurs, le Huron ingénu essaie d’oublier sa journaliste en fréquentant le monde et les restaurants. Là encore le tableau est savoureux, quoique vieux de quarante ans:

Il écouta des écrivains de célébrité inégale, qui, tous, criaient leur amour de l’humanité pour se donner le droit de détester leurs proches et de haïr leurs confrères. Et d’autres, qui gagnant leur vie à raconter des histoires de cocus, croyaient sérieusement travailler à l’accélération de l’histoire. Il écouta des jeunes gens aisés qui lui expliquèrent que c’était une malédiction d’être né riche et qui lui tournèrent le dos quand il leur dit sans malice qu’ils échaperaient à la malédiction en distribuant leur argent aux pauvres. Il entendit un monsieur très majestueux déplorer , rétrospectivement la mort de M. le général de Gaulle survenue au mois de novembre de l’année précédente:

- La France est veuve, dit-il.

- Elle est surtout divorcée, objecta l’Ingénu qui tenait du Philosophe triste que ce chef d’Etat avait été congédié par plébicite. Le Monsieur majestueux et décoré lui tourna aussi le dos.

Dans de belles demeures, fastueusement meublées, des mères couvertes de bijoux le présentèrent à leurs filles vêtues de mini-shorts:

- Ma fille, Christiane, qui, il y a trois ans, a combattu sur les barricades et qui n’a pas sa pareille pour la fabrication des cocktails Molotov… Monsieur l’Ingénu, propriétaire d’énormes gisements de pétrole au Texas.

- Oh! monsieur, gloussait Christiane, comme j’aimerais vivre au Texas.

Et encore, cette pensée dédiée au Comité pas visible:

Il écouta des apologistes de la violence qui se plaignaient avec indignation d’avoir reçu un coup de pied au cul.

Même si on ne distribue plus guère de ce remède, les 150 et quelques pages de cette phantaisie sont un régal.

Joyeux Noël.

Catégories : Ci-devant · par hasard

Baudelaire cantonnier

décembre 22, 2008 · Un commentaire

Bien que la culture générale n’a plus sa place dans les épreuves de recrutement de l’administration, les candidats continuent de devoir montrer leur capacité à écrire et à raconter ce qu’ils ont vu. Ainsi pour la dernière place de cantonnier ouverte à concours par la commune de Gleux les Lure (Saône supérieure), les candidats ont du traiter le sujet: “Au cours de votre tournée d’inspection de la voirie communale, vous avez découvert un cadavre. Vous le racontez à votre petite amie. (temps accordé 2h00, moins de 100 mots)”.

Un bienheureux hasard nous a mis entre les mains la copie corrigée de Baudelaire, Charles, qui a finalement été recalé en raison de ses dettes au bar-tabac de Gleux. Son texte est le suivant:

Rappelez-vous l’objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d’été si doux: (Bonne idée de faire croire à votre amie qu’elle vous accompagnait, mais cela est interdit par le réglement communal.)
Au détour d’un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux, (Vous connaissez le travail de cantonnier: semer des cailloux, c’est un bon point.)

Les jambes en l’air, comme une femme lubrique, (Cette remarque montre votre connaissance approfondie des cycles Rocco Sifredi diffusés sur Canal plus, un bon point.)
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d’une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d’exhalaisons. (Vous avez raison de signaler que cela puait avant même que vous aperceviez le cadavre.)

Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande Nature
Tout ce qu’ensemble elle avait joint; (Evitez la grandiloquence dans votre description, nous vous demanderons d’aligner des cailloux, pas de comprendre la nature.)

Et le ciel regardait la carcasse superbe (soyez plus précis dans vos descriptions, quelle taille et quel poids la carcasse)
Comme une fleur s’épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l’herbe (Bien de dire que vraiment un cadavre ça pue.)
Vous crûtes vous évanouir.(Ne cherchez pas à étaler votre science en faisant croire que vous maîtrisez la duxième personne pluriel du passé simple, la Princesse de Clèves n’est plus au programme, rappelez-le vous.)

Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D’où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons. (Encore une fois une très bonne connaissance de la nature, étrange pour un citadin!)

Tout cela descendait, montait comme une vague,
Ou s’élançait en pétillant;
On eût dit que le corps, enflé d’un souffle vague,
Vivait en se multipliant.

Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l’eau courante et le vent,
Ou le grain qu’un vanneur d’un mouvement rhythmique
Agite et tourne dans son van.

(Même si le maire n’est pas opposé à la consommation de stupéfiants, vous auriez du vous abstenir avant de venir passer une épreuve sérieuse. Ce qui est bien c’est que vous pourrez tenir votre place au bistrot avec l’imagination dont vous faites preuve ici, mais cessez d’abuser de substances hallucinatoires.)

Les formes s’effaçaient et n’étaient plus qu’un rêve,
Une ébauche lente à venir,
Sur la toile oubliée, et que l’artiste achève
Seulement par le souvenir. (on a compris que vous êtes en verve)

Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d’un oeil fâché,
Epiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu’elle avait lâché. (C’est bien de signaler que le garde-champêtre ne fait pas son travail d’éradication des chiens errants. Votre sens de l’observation pourrait être précieux.)

- Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion! (Ces allusions portent atteintes à la laïcité, qualité essentielle pour un cantonnier, agent du service public.)

Oui! telle vous serez, ô la reine des grâces,
Après les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l’herbe et les floraisons grasses,
Moisir parmi les ossements. (Si l’entretien des cimetières peut faire partie de vos attributions futures, vous ne devez quand même pas vous y complaire.)

Alors, ô ma beauté! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j’ai gardé la forme et l’essence divine
De mes amours décomposés! (Cette croyance en l’immortalité de l’âme et ce goût pour des attouchements nécrophiles sont la marque d’un dérangement psychologique certain. Un cantonnier peut être simple d’esprit ou légèrement dérangé, mais vous poussez le bouchon un peu loin.)

Appréciation générale: S’il est appréciable d’avoir un candidat qui délaisse le langage SMS et qui fait preuve de connaissances professionnelles solides, une imagination débordante peut nuire. La richesse de votre vocabulaire pourrait également embarrasser vos supérieurs municipaux. Vous manquez également d’un attachement sincère aux valeurs laïques et républicaines et d’un goût trop prononcé pour les psychotropes non alcooliques. Vous devriez plutôt vous présenter comme intermittent du spectacle. (8/20)

Le nouveau cantonnier de Gleux-lès-Lure,

Le nouveau cantonnier de Gleux-lès-Lure, la preuve que l'absence de culture générale empêche le favoritisme.

PS: on annonce que le lauréat du concours pour la place de cantonnier  de Gleux-lés-Lure aurait aussi réussi à être embauché comme chef des pompiers de Lantenot grâce à cette géniale proposition: “Essayer systématiquement le camion pompe le veilles d’incendie.”

Catégories : Jeu de massacre

Les cons

décembre 20, 2008 · Un commentaire

En sociologie de bistrots, ils forment le plus remarquable sujet d’étude. Ils savent se multiplier et se transformer à l’infini. S’il est une société mélangée, cosmopolite et métissée universelle, c’est bien la leur. Aucune barrière politique sociale ou idéologique n’interdit d’en faire partie. Quelques éminents dirigeants passé, présents et futurs en sont la remarquable démonstration.

Cette semaine deux occasions me donnent le commencement d’une typologie. D’abord dans une brasserie parisienne, un contact avec la plus belle vacuité intellectuelle. En m’asseyant dans la succursale d’une chaîne de pub qui normalement accueille la jeunesse branchée des petites villes de province, je découvris que pour l’homme d’affaire parisien, le décor pseudo-britannique est accueillant pour poursuivre ses activités de bureau pendant le repas. Une phrase reamarquable de vide et de prétention frappa mon oreille. Même Pierre Dac aurait hésité à le dire sérieusement: “Il faut qu’on ait une approche proactive ouine-ouine.” Encore une fois le monde et l’entreprise allaient être sauvés au troquet. Je maintins une écoute raisonnable en notant des bribes scandées de pitch, de “agressif” (le gars il en voulait, agressif qu’il faut être pour lui complaire). Le tout lié à l’emploi de locutions anglaises, genre: ” By the way il faudrait faire avancer notre road map“.

Surtout l’agressivité (être agressif c’est faire au moins tant de pourcent de marge, le rombier dixit) coïncidait avec un talent à vouloir faire porter le chapeau à d’autres. Là, le coupable était tout trouvé. Le nimbus en était sûr: “si le marketing avait fait son boulot“. C’est gai finalement de se trouver en contre-bas d’une telle conjugaison de suffisante grandiloquence.

Deuxième opportunité de rencontre avec la connerie à l’état brute, un commentaire chez Fromage. Cette fois on touche au sérieux politique. L’échange est le suivant, à propos des artistes immigrés du XXème siècle:

  1. Naïf dit :
    Mercredi 17 décembre 2008 at 4:58 Fromage,Vous nous faites la belle démonstration que la décadence de la culture française est le résultat d’un complot immigrationiste. Alimenter ainsi les tenants de la théorie du complot, ce n’est pas beau. C’est à cause de gens comme ces immigrés que des talents sont tombés dans l’ombre:
    http://fr.youtube.com/watch?v=-be65CIwE08
  2. ER dit :
    Mercredi 17 décembre 2008 at 10:56 “Vous nous faites la belle démonstration que la décadence de la culture française est le résultat d’un complot immigrationiste”L’obsessionnel complot immigrationiste!
    Conspiration immigrationiste ou pas, qu’on aime ou pas les artistes présentés, c’est plutot rejouissant de ne pas avoir que jean-pax mefret à se foutre dans les oreilles non? Moi je prefere écouter Albert Ayler (pouah un noir pas français!)

L’art bolchevique de prendre au premier degré ce qui est manifestement du second (et encore plus manifestement en cliquant sur le lien proposé), est aussi un beau signe de connerie. Le propagandiste égalisé et réconcilié a d’ailleurs bien raison de promouvoir la culture américaine impérialiste. Et puis, il y a quelques trucs bien chez Jean-Pax, et il était peut-être noir quand il les a écrit.

Finalement, je me demande s’il n’y a pas deux principes fondamentaux de la connerie: la grandiloquence vaniteuse et le sérieux obsessionnel.

Catégories : Jeu de massacre · Sculpture de fumée
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Inspiration?

décembre 17, 2008 · Laisser un commentaire

Le conservateur a récemment fait une mention à Apocalypse now. Toutefois au vu de certains éléments, on peut se demander s’il n’a pas fait référence à un défenseur caché des zeureslesplusombreetc…

Voyons d’abord ceci qui est bien connu:

Et maintenant regardons cette autre vidéo plus ancienne à partir de la troisième minute.

Francis Ford a du aller chercher son inspiration quelque part, n’est-il pas?

Catégories : Grâce aux Lumière · par hasard
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Fragments

décembre 16, 2008 · Laisser un commentaire

1. Dans le métro du 15 décembre, une typo extraordinaire:

C’est arrivé le 15 décembre 1945,
Massacre au mont Valérien,

Ce jour-là, 75 otages juifs et communistes sont fusillés par les Allemands au mont Valérien, un ancien fort à l’ouest de Paris, proche du Bois de Boulogne.

Aurait-on fait appel à des spécialistes de la fusillade lors de l’épuration?

2. En commentant sur un blog dont j’aime le style (comme les auteurs que je lis assidument) je suis tombé sur le commissaire politique aux fautes d’orthographe. Ce qui est amusant, c’est que vouloir faire comprendre à certains dogmatiques que le libéralisme n’est pas une panacée, revient à être pris pour un dangereux partisan d’une économie dirigée. Il est pourtant simple de comprendre que le libre marché peut garantir le bon fonctionnement d’une économie, mais pas forcément de l’économie internationale. Echanger des biens entre systèmes économiques, cela a un coût et peut donc faire l’objet d’une transaction, y compris sous forme douanière.

Et quand on signale au triste sire qu’il peut lire ici mon opinion argumentée sur le libéralisme, il vient voir mais évite de commenter. Au fond, le dogmatisme sous toutes ses formes est bien l’ennemi de l’intelligence et de l’honnêteté intellectuelle.

3. Hier, courses dans un magasin d’électro-ménager sis boulevard Saint-Germain. Je veux acheter un article en rupture de stock dans une autre succursale de la même chaîne et ai le bonheur de constater que deux kilomètres dans Paris font augmenter le dit produit de 50 euros soit 25%. Tant pis, je ne contribuerai pas au Noël de Jean Sarkozy et en suis navré, mais franchement cette manière d’augmenter les prix au moment où les gens font leurs achats de Noël est détestable. Heureusement que le gouvernement fait un geste contre la crise avec un magnifique plan de relance.

4. Tombé dimanche sur un petit livre sans prétention qui conte l’histoire d’un chantier de charpenterie qui a fini par mettre la clé sous la porte. J’aime bien ce genre de littérature qui rappelle le talent d’artisans qui savaient réaliser du bel ouvrage par la qualité de leur toucher et de leur coup de main. En voyant lundi soir une personne qui, dans un restaurant, manipulait un logiciel d’architecture ou d’urbanisme sur son portable, je regrette cette perfection sensitive qu’on retrouve dans les réalisations architecturales ou artisanales, cette trace de l’esprit qui donne forme à la matière.

Le principal tort de la société de consommation est peut-être là: elle a instauré la perfection mathématique des produits industriels qui tombent en panne à l’heure dite au détriment du talent de l’ouvrier qui connait son métier.

5. Lecture par bribe de l‘Insurrection qui vient.

C’est amusant et souvent bien senti, mais ce comité invisible se laisse bercer par les apparences et les faux-semblants de l’époque. Voir dans une publicité Reebook à Shanghai le signe d’une occidentalisation de la Chine, c’est prendre une vessie pour une lanterne. Prendre le vieux chibani de banlieue pour un puits de sagesse, c’est tenter d’éliminer le pilier de bar franchouillard. Au fond le problème des auteurs est qu’ils ne s’aiment pas.

Catégories : Heurs et humeurs
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Lenotre, portraitiste de l’histoire

décembre 13, 2008 · Laisser un commentaire

Pour les rats d’archives, Gosselin Lenotre est un précurseur. Dès le début du siècle dernier il a commencé à fouiner dans les archives nationales, départementales ou familiales pour ressusciter la chair de l’histoire autour des os de la chronologie et des grands évènements. Sa manière est bien spécifique. Il a beaucoup écrit, mais son oeuvre n’est pas une somme universitaire.

Il s’est avéré un véritable portraitiste de la France des temps modernes et de la révolution. Il a simultanément un regard acéré et une certaine empathie pour ses modèles, même lorsqu’il les critique vertement. Au fond sa détestation va au phénomène révolutionnaire en lui-même. Ce passage sur l’évasion de France de Lameth (comploteur royaliste) en est la parfaite illustration:

Ce qui s’impose, dans l’épisode que nous résumons, suivant le récit qu’en a fait Lameth lui-même, c’est une intense impression de terreur. [...] Tout le monde y tremble, traqueurs et traqué. Ceux dont le proscrit redoute la perspicacité ne semblent pas plus rassurés que lui, encore qu’ils affectent tout haut une crânerie dont ils s’excusent à voix basse avec horreur. [...]
C’est le conducteur de la diligence qui, coiffé d’un bonnet rouge et traité de monsieur par un quidam, se révolte patriotiquement: “des messieurs! Hier on en guillotiné soixante!” Ce qui n’empêche pas quelques heures plus tard, ce même sans-culotte d’avouer en pleurant à Lameth, qu’il a reconnu: “Je vous ai vu si souvent à Versailles, aux bals et aux soupers de la pauvre reine! J’étais valet de pied de Madame Elisabeth, cet ange… Mais, comme vous, monsieur, je cherche à sauver ma vie… J’ai une famille!”

Et surtout il a un style hérité du XVIIIème grâce auquel il arrive à pulvériser un héros révolutionnaire d’une phrase. Ainsi à propos de Saint-Just:

Les Institutions de Saint-Just préentent cette  particularité qu’elles forment le seul de tous les Codes passés, présents  et, souhaitons-le, futurs, dont la lecture soit désopilante.

Suivent quelques exemples savoureux du texte écrit avant la révolution par le futur conventionnel, dont : “un homme convaincu d’ingratitude est banni”.

Le plus extraordinaire chez Lenotre est ce talent à synthétiser et à faire ressurgir l’essentiel. Chacune des anecdotes qu’il reprend en quelques pages pourraient mériter une thèse ou au moins un livre complet. Pourtant il en rend rapidement la saveur. C’est pour cela qu’il faut le lire.

Catégories : Ci-devant

Il y a différentes manières de raconter l’histoire…

décembre 10, 2008 · Un commentaire

Catégories : Ci-devant
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