Regard Naif

Entrée de janvier 2009

La grève, cela donne du travail

janvier 29, 2009 · Laisser un commentaire

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Faire grève avec style

janvier 28, 2009 · Laisser un commentaire

En feuilletant une revue allemande de 1919 dans le cadre de quelques recherches, je suis tombé ce jour sur cet entrefilet:

Dans la presse, on trouve à nouveau – comme à l’occasion de la grève des employés de banque à Berlin – des informations selon lesquelles des employés de banque, par exemple à Hambourg, ont tenu des piquets de grève en uniforme d’officier. Le DOB ne peut croire que des officiers en congé ont attenté de la sorte au devoir et à l’honneur. Ce comportement ne rend pas seulement l’uniforme indigne, mais il signifie aussi un abus grossier de l’autorité, car les soldats du gouvernement seront empêchés de protéger ceux qui veulent travailler par de tels “supérieurs” en uniforme.

Je ne comprends pas tellement l’indignation du journaliste. Si en France on réussissait aussi à faire grève et défilé militaire le même jour, on pourrait travailler quelques jours de plus par an. Et puis, cela aurait de la gueule, SUD en tchékistes avec manteaux en cuir noirs et casquette assortie, la CGT en glorieux soldats de l’armée rouge, FO en gentils GI pour remercier la CIA, la CFTC en zouaves pontificaux…

Et puis ce serait un bon moyen d’attirer du monde à ce qui n’est de toutes les façons qu’une mascarade.

Une tenue pour faire grève, avec le soutien de Karl Radek

Une tenue pour faire grève, avec le soutien de Karl Radek

PS: si quelqu’un me dit ce qu’est le DOB, je rajoute les dernières phrases que j’ai coupées au montage.

Catégories : Ce vaste monde · par hasard
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Entre le droit de retrait et la grève

janvier 27, 2009 · Laisser un commentaire

Comme il semble que ce jeudi de nombreux parisiens vont avoir du temps pour lire en attendant des trains qui ne viendront pas, j’ai un petit extrait de Malaparte à leur soumettre. Les passagers de Saint-Lazare ont fait une petite tentative de mise en application la semaine dernière. Je ne sais pas si c’est l’énervement qui rend fasciste, mais pour la grève à répétition, il semble exister des médications.

Pour venir à bout des grèves révolutionnaires et des insurrections d’ouvriers et de paysans, qui devenaient de plus en plus fréquentes et prenaient une extension et une gravité croissantes, les fascistes adoptèrent la tactique de l’occupation systématique des régions menacées. D’un jour à l’autre, des concentrations de chemises noires avaient lieu dans les centres indiqués d’après un plan de mobilisation. Des milliers et des milliers d’hommes armés, parfois quinze ou vingt mille, se déversaient sur une ville, sur des campagnes, sur des villages, rapidement portés par leurs camions d’une province à l’autre. En quelques heures, toute la région occupée était mise en état de siège. Tout ce qui restait de l’organisation socialiste et communiste: Bourses du travail, Syndicats, cercles ouvriers, journaux, coopératives, était dissout ou brisé méthodiquement. Les gardes rouges qui n’avaient pas eu le temps de fuir étaient purgés, étrillés, remis à neuf; pendant deux ou trois jours, les matraques travaillaient sur des centaines de kilomètres carrés. A la fin de 1921, cette tactique, appliquée d’une manière systématique sur une échelle de plus en plus vaste, avait cassé les reins à l’organisation politique et syndicale du prolétariat. Le danger d’une révolution rouge était éloigné pour toujours, le citoyen Mussolini avait bien mérité de la patrie. Leur mission accomplie, pensaient les bourgeois de tous genres, les chemises noires pouvaient aller se coucher. Ils ne devaient pas tarder à se rendre compte que la victoire du fascisme sur les travailleurs avait aussi cassé les reins à l’Etat italien.

Curzio Malparte, Technique du coup d’état

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Vespasiennes à roulettes

janvier 26, 2009 · Laisser un commentaire

Dans Topaze, Pagnol décrit l’invention géniale d’un prévaricateur, escroc de médiocre envergure. Cet homme se croyait habile d’avoir inventer un dispositif dit des vespasiennes à roulettes. Le principe de l’invention étant de soutirer un pot de vin aux commerçants devant l’échoppe desquels stationnait l’engin et ses effluves. Cette méthode de gagne-petit, éloquemment dénoncée par Topaze quand il comprend les ressorts de la vie politique et sociale, me fait penser à une invention dont j’ai été la victime récemment dans une célèbre station de sports d’hiver: la pissotière à péage.

Donner quelques pièces jaunes à une dame pipi et entendre le son des dites pièces dans une écuelle ne me dérange pas forcément, mais là cela faisait beaucoup. Après avoir financé les frais généraux du lieu par l’achat d’un forfait dispendieux, je faisais une pause méridienne bien méritée à la terrasse d’un restaurateur dont j’allais renforcer le pouvoir d’achat. J’eus un besoin trop naturelà satisfaire et me dirigeai vers l’endroit approprié. A la sortie un quidam m’interpella pour me signifier, en brandissant une affichette que je devais m’acquitter d’une redevance à mes yeux exhorbitante de 40 centimes en plus du couvert et du service.

Alors au printemps, les jérémiades des professionnels du tourisme qui se plaindront de ne pas avoir eu assez de soleil ou de neige (en fait de poires) me laisseront un sourire narquois. Quand on en est au point de rendre plus onéreux la vidange d’une vessie que le plein d’une voiture, il n’y a rien de surprenant à ce que le pigeon déserte.

Et puis la pissotière à péage, type de la petite brimade insignifiante, c’est quand même moins poétique que la vespasienne à roulettes.

Conclusion: la prochaine fois que j’irais à la montagne, je ferais comme les bronzés, je laisserai la neige recouvrir mes ordures puisque l’été je suis ailleurs.

PS: A propos de Bronzés, au retour à la gare de Lyon un idiot m’a demandé où se trouvait la gare d’Austerlitz pour pouvoir me proposer, pour la semaine du livre, trois bouquins du niveau de son humour (entre autres une variation sur le Dada Vinci Code). La prochaine fois, s’il me lit, que cet intermittent du spectacle (il avait la terrine de Didier Super) me demande où il peut prendre le train pour Deauville. Je daignerai alors croire qu’il a de l’esprit.

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A quand la sortie?

janvier 24, 2009 · 2 commentaires

La fabuleuse histoire d’un militaire chilien épicurien. Un homme qui n’a pas hésité à se salir les mains pour ses idées.

Le chef d'oeuvre oublié d'Eisenstein

Le chef d'oeuvre oublié d'Eisenstein

Catégories : Grâce aux Lumière · Jeu de massacre
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Révélations du 23 janvier

janvier 24, 2009 · Un commentaire

Fromageplus a voté Royal et Karoutchi est de la jaquette.
Pas grave, je continuerai à lire le premier et à ne pas voter pour le second.

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Monde qui tombe

janvier 22, 2009 · Un commentaire

On m’a reproché d’exprimer du dédain pour l’élégance contemporaine. De jeunes hommes glabres, minces, moulés dans leurs frusques sont peut-être préférables à des barbares barbus et basanés.

Quitte à être dans un monde en train de disparaître, je préférerais que cela ait un peu d’allure, quelque chose comme dans Autant en emporte le vent.

Crinolines et dolmans devraient être de rigueur dans une société qui meurt.

Catégories : Grâce aux Lumière · Heurs et humeurs
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Sonnet économique

janvier 19, 2009 · Un commentaire

Puisque Nicolas Sarkozy est aussi bon économiste que je suis poète, j’ai commis ces quelques vers.

Debout dans l’orage, dressé sur ses ergots,
Il crie avec les rares mots de son langage:
“Odieux patrons, cannibales, tas de sauvages,
Vous ne profiterez pas de vos beaux magots!

Hasard ou sagesse vous n’avez pas tout perdu,
Vous pensiez échapper aux  ruines et aux déroutes,
Trop tard, je suis le maître de la banqueroute.
De ce que je vous prendrai, rien ne sera rendu.”

C’est ainsi qu’il a interdit les dividendes.
Au beau prétexte de s’attaquer aux prébendes,
Il n’a pas hésité à se faire lapidaire.

A ceux qui avaient conservé quelques bijoux,
Il ne laissera qu’une poignée de cailloux,
Bientôt ils ne pourront que lui lancer des pierres.

Je sais, c’est loin d’être fameux, mais cela coûte quand même moins cher qu’un plan de relance. Et puis traiter l’économie à coups de mauvais vers est moins dangereux que de le faire à coups de mauvais argent.

Catégories : Ce vaste monde · Sculpture de fumée
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Doux Paris

janvier 15, 2009 · 3 commentaires

Après quelques jours en province, je rentre ce soir à Paris. Malgré la fréquentation de quelques bars, l’observation attentive de la jeunesse éthylique locale, je n’avais pas trouvé une vraie inspiration pour écrire. Les déhanchements de blancs becs qui pèsent cinquante kilos tous mouillés, qui se laissent pousser une barbe clairsemée et s’habillent dans des sacs moulants, les vociférations de clochards et de punks alcooliques (et dans alcoolique il y a cool) rien de tout cela n’a vraiment nourri ma muse.

Un moment les bars de province m’ont semblé mettre à mal ma naïveté. Heureusement une voix enfantine m’a rappelé au bonheur de vivre. Comme ça j’entends un jeune garçon s’écrier dans la rue à destination d’un de ses camarades :” Et je viole ta grand-mère!” Une belle voix claire, même pas une pointe d’accent! peut-être une touche de gouaille.

C’est cela que j’aime dans le Paris d’aujourd’hui, cet innocent paradis plein de plaisirs furtifs. On y trouve toujours quelque chose à se mettre sous la plume, dans l’oreille et plus si affinités! Alors qu’en province il faut se contenter de la conversation des Thénardier!

Catégories : Pires des maux · par hasard
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Interlude

janvier 13, 2009 · 3 commentaires

Absent quelques jours, je vous laisse profiter de ce petit extrait du Monocle rit jaune.

Et j’en profite ici, pour le répéter, Gaza c’est fini.

Catégories : Grâce aux Lumière
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