Hier, participation à ce débat. Sans vouloir reprendre l’intégralité de ma pensée, je souhaite seulement apporté quelques petites réflexions sur le concept de barbarie, et sur la question humanitaire.
Il me semble qu’il existe une prétention folle à se placer dans une perspective civilisé/barbare, surtout dans le cadre d’une guerre qui a vocation à s’achever un jour. Décréter qu’un belligérant est barbare est un expédient facile pour ne pas avoir à pousser plus loin sa pensée. C’est aussi méconnaître la sauvagerie qui peut résider dans l’être humain le plus raffiné. Rien de mieux que cet extrait de Jünger pour l’illustrer:
Il nous faut prendre en compte ce qui était possible à la fin du XVIIIe siècle, si on le compare aux deux siècles précédents. La société est devenue beaucoup plus sensible, elle lui a poussé des rameaux plus délicats qu’au temps où La Rochefoucauld la peignait.Elle est, à beaucoup d’égards, tout à la fois plus affinée et moins sûre d’elle. De nouvelles forces, relâchant les anciennes attaches, se sont infiltrées en elle, et déjà le point est atteint où elles sortent du domaine théorique, littéraire et philosophique pour pénétrer dans la réalité politique. Les coeurs sont devenus plus sentimentaux, ils ont perdu la cadence vigoureuse, chevaleresque, qui anime les Maximes de Vauvenargue, ou l’audace de Pascal, telles que le voisinage et l’expérience de dures persécutions la fait naître chez le croyant. Cependant l’audace n’est pas morte chez l’individu isolé. Seulement elle est devenue plus souple, comme les lames d’épée, et les années approchent où l’on en aura sans doute besoin. Sous peu Châteaubriand vivra cet instant où, alors qu’il regarde par la fenêtre de sa demeure, on lui tendra une tête coupée sur ‘une pique. Il ne reculera pas.
Rivarol et autres essais.
Ne nous leurrons pas sur nous-même et le sens de notre sensibilité collective. Nous restons capables de supporter une sauvagerie à la quelle nous serions confrontés autrement que par la télévision et de ne pas reculer.

Le peuple des Lumières apporte son dîner à Châteaubriand
Alors sur la question de Gaza, acceptons plutôt la réflexion de Clausewitz sur la philantropie:
Les âmes philantropes pourraient alors aisément s’imaginer qu’il y a une façon artificielle de désarmer et de battre l’adversaire sans trop traiter de sang, et que c’est à cela que tend l’art véritable de la guerre. Si souhaitable que cela paraisse, c’est une erreur qu’il faut éliminer. Dans une affaire aussi dangereuse que la guerre, les erreurs dues à la bonté d’âme sont la pire des choses. (…)
Voilà comment il faut considérer les choses. Ignorer l’élément de brutalité, à cause de la répugnance qu’il inspire, est un gaspillage de force, pour ne pas dire une erreur.
Si les guerres des nations civilisées sont beaucoup moins cruelles et destructrice que celle des nations non-civilisées, cela tient à la situation sociale de ces Etats, autant à la leur propre qu’à celle que dicte leurs relations mutuelles.
De la guerre
Dans ces questions d’humanitaire, il importe peut-être de ne pas se laisser affoler par le petit bout de la lorgnette, mais bien de garder en vue l’essentiel de ce qu’est un conflit: une dialectique des volontés. A cet égard, il faudrait peut-être plutôt se demander si la principale faute d’Israël ne réside pas dans le fait de casser ce qui permet à son adversaire partenaire de structurer et d’appliquer sa volonté par l’usage quasi-systématique des assassinats ciblés de dirigeants palestiniens dans les territoires, plutôt que quelques tirs plus ou moins volontaires et légaux (au sens du Jus in bello) sur des écoles financées par l’ONU.
Finalement il me semble qu’ à ce sujet le cynisme est l’attitude la plus prometteuse et qu’il requiert une certaine forme de naïveté.

La preuve qu'on peut s'habiller en hussard, avoir l'air d'un minet et ne pas faire dans le sentimentalisme, Carl von Clausewitz
11 réponses jusqu'à présent ↓
Genocid // janvier 8, 2009 à 11:04
Vous vous exitez pour rien.
Il vous reste a prouver que ce sont bien les Israeliens qui ont tire au mortier de 60 sur les ecoles de l’ONU alors que ce sont ces memes Israeliens qui ont invite les Palestiniens a se refugier dans ces ecoles dont ils avaient les coordonnees GPS.
A se demander qui est ici le plus naif…
Millie // janvier 8, 2009 à 11:27
“les guerres des nations civilisées sont beaucoup moins cruelles et destructrice que celle des nations non-civilisées”
Mais n’importe quoi! Les nations civilisées disposent de la bombe atomique, qui est une arme capable d’anéantir la vie humaine ; et si l’ex-URSS et l’Allemagne nazie ont tellement détruit, c’est justement parce que ces dictatures disposaient des terribles moyens techniques de la civilisation pour se battre.
Dans le cas du pan-islamisme, il se passe exactement la même chose, en pire : si des extrémistes religieux qui réclament l’Apocalypse pour l’Occident et appellent au suicide rituel disposent des moyens de la modernité pour se battre, même s’il s’agit de la bombe atomique, il n’y a aucun moyen de supposer qu’ils n’en useront pas.
Le Hamas est relativement faible, mais il n’est que la tête mise à mal par David, d’un animal redoutable dont l’Iran en est une autre. L’Iran est une dictature et l’Islam des fondamentalistes est un fascisme ; je ne vois pas ce qui vous permet de dire que le confort dans lequel vivent ses élites est en quoi que ce soit rassurant pour la vraie modernité : celle des idées.
Encore une fois, la modernité, autrement dit la civilisation, n’est pas tant une affaire de capital technique et culturel et de qualité de vie, qu’elle est protection des libertés de penser et d’expression. Elle consiste surtout en une attitude des individus et des nations à se juger eux-mêmes avant que de réclamer justice aux autres, et c’est dans une telle mesure notamment, c’est une telle attitude, garantie par son système démocratique, qui à mon avis (et je l’admets, paradoxalement) donne aujourd’hui le droit à l’Occident de juger autrui.
Millie // janvier 8, 2009 à 11:35
Votre “dialectique des volontés”, qu’elle soit cynique ou naïve, arrangez-vous comme bon vous semble, n’est possible qu’entre des dirigeants politiques de bonne volonté, mais pas en partenaria avec un mode de pensée binaire basé sur la soumission aveugle à un dogme, qui parce qu’il se caractérise par une préparation générale de sa population au suicide rituel, a montré qu’il n’avait pas de limites.
- On ne fait pas confiance à un ennemi dont l’instinct de conservation a des ratés.
Naïf // janvier 9, 2009 à 7:09
@ Genocid
Je ne m’émeus pas à propos des écoles, et me moque pour une large part des détails de l’affaire. Je veux simplement dire que s’en prendre systématiquement aux dirigeants est contreproductif à long terme, dans la mesure où cela empêche les actions israéliennes de faire effet sur la volonté de ces mêmes dirigeants.
@Millie
D’abord Clausewitz a écrit à une époque où il n’y avait pas de bombe atomique, ni d’idéologies en affrontement.
Ce qui est important est son idée que le souci humanitaire pour lui-même n’a pas sa place dans l’emploi des moyens, mais ne peut être pris en compte que rapporté aux fins et aux groupes politiques qui s’affrontent. Je vous rappelle que prendre une citation, c’est souligner une idée déjà existante, ce n’est pas s’approprier tous les mots de l’auteur.
Pour la question de la volonté, la guerre reste une interaction entre groupes humains qui expriment chacun une volonté propre. Elle ne peut cesser que si les acteurs le veulent bien. Le problème n’est alors pas de savoir si les dirigeants sont de bonne volonté, mais si la solution au conflit est pour chacun préférable à sa poursuite. Aucun sentimentalisme là dedans.
Genocid // janvier 9, 2009 à 9:59
J’ai rien compris.
Naïf // janvier 9, 2009 à 3:55
Il me semble être clair,
1. les tirs sur l’école ne sont pas importants du point de vue de la guerre, en considérant les fins des deux adversaires.
2. Israël a tort de s’en prendre par principes aux dirigeants du Hamas, dans la mesure où leur disparition n’influe pas sur la volonté de l’adversaire, mais au contraire rend cette volonté encore plus informe et difficile à appréhender et à maîtriser.
J’espère que c’est clair comme ça.
Millie // janvier 10, 2009 à 12:34
Pour moi c’était complètement clair.
Ne faites pas attention au Génocide.
marie // janvier 17, 2009 à 3:03
encore une fois je reste bouche grande ouverte a la limite du blocage maxillaire, devant la froideur des propos tenus , vous pouvez vous féliciter d’etre d’authentiques occidentaux qui ne voient la guerre qu’a la télé ou dans les livres d’histoires car vs auriez un tout autre avis ou comportement si vous étiez confrontés a sa dure réalité .
(par vous je n’entends pas un vouvoiement car j’ai deja mentionné le fait que je n’avais aucun respect pour quelqu’un d’aussi injurieux envers la race humaine , mais je veux par cela inclure millie )
“On ne fait pas confiance à un ennemi dont l’instinct de conservation a des ratés.”
l’instinct de conservation a des ratés ??? et puis quoi d’autre , dire que se faire exploser est un hobby et qu’ils préfèrent ca à la pétanque du dimanche ???
non mais quelqu’un qui choisit le” suicide rituel” comme tu dis ,estime que sa vie ne vaut plus la peine d’etre vécue car il est assujettie par une nation certes civilisé du point de vue technologies mais qui n’en est pas moins archaique dans sa façon de tuer les gens ,car une guerre reste une guerre , tuer des gens ,peu importe la façon reste un meurtre,et dans ce cas un génocide
“ne faites pas attention au Génocide” je ne peux m’empêcher de voir le sous entendu de cette phrase …..car meme avec une majuscule à génocide ,cette phrase me donne froid dans le dos.
Naïf // janvier 19, 2009 à 2:01
Marie,
1. Apprenez à comprendre ce que vous lisez et à employer un vocabulaire approprié. Il n’y a pas de génocide à Gaza, au sens où un génocide est une mise à mort systématique d’une population. Il y a guerre et blocus, à comprendre en tant que tels.
2. L’auteur assume parfaitement sa condition d’abominable occidental, soucieux de ne pas céder à un sentimentalisme imbécile.
marie // janvier 21, 2009 à 2:04
finalement , te lire ,c’est déjà donner trop d’importance a ton point de vue ,qui n’est autre que celui qu’un con aussi naif que mégalo, qui se croit de surcroit en mesure de reprendre les gens sur les définitions des mots qu’ils emploient…
les seules personnes qui réussiront a convaincre un esprit supérieurement malade ,qu’il est un “esprit supérieur”, ce sont les esprit supérieurement dérangés et cons
NAIF // janvier 21, 2009 à 6:07
Très chère,
Nul ne vous oblige à me lire et encore moins à commenter. Je vous en prie, passez votre chemin.
Je suis un esprit supérieur, con, mégalo et même fachiste si vous y tenez, l’étiquette m’importe assez peu. Je me contente d’écrire ce que je pense et cela me suffit.
Au regret que vous ne fassiez plus partie de mes lectrices.