Regard Naif

Entrée de mars 2009

Interlude

mars 30, 2009 · Laisser un commentaire

Je ne peux décrire précisément mes activités du moment qui ralentissent ma production, mais en voici une petite évocation vidéo.

Catégories : Qui que quoi dont où?

Promenade du samedi

mars 24, 2009 · Laisser un commentaire

Je ne sais si c’est la pollution, le réchauffement climatique ou la douceur de l’air de France, mais le soleil rasant des fins d’après-midi sur les quais de Seine a un je ne sais quoi d’admirable. Le beau temps de ce samedi fut un nouvelle opportunité d’en jouir à satiété. L’avantage au mois de mars est de pouvoir conjuguer ce spectacle à un plaisr de flaneur: battre un record de lenteur entre le pont du Carrousel et le petit Pont.

Le regard erre des étalages de livres au Louvre, et à l’île de la Cité pour se poser sur une trouvaille. C’est comme cela qu’on repère un livre ou un point de vue inattendu. Samedi, ce fut une biographie à compte d’auteur sur deux troisièmes rôles d’une époque riche en destins bizarres, ascensions vers les hautes sphères à coups d’actions d’éclats, au sabre et à la plume, interrompus par les vicissitudes politiques de la fin de l’Empire. Brutalement c’est la figure d’un personnage secondaire qui prend une nouvelle tournure quand on découvre un destin familial inconnu: trois colonels barons successifs et parallèles, une souche suisse passée par l’Espagne au service de la France, aux destins arrêtés par les coups du sort des défaites des napoléonides. Forcément on passe ensuite un long moment à discuter d’érudits qui s’intéressent aux personnages secondaires et consacrent des années à des travux de recherche qui ne trouvent pas de lecteur ou si peu, à évoquer des noms que pas un passant ne connaît et qui pourtant ne méritent pas l’oubli.

Forcément ensuite quand on arrive place Saint-Michel, on peut être surpris. Un troupeau modernoïdes regarde sans y prendre gare une scène digne du départ de la flotte du Camp des Saints. Un jeune nabot basané est juché sur les épaules d’une ombre qui danse une gigue au son de djembés festifs. Impossible d’accrocher le regard du gosse, mais on se prend quand même à rêver que tous n’embarquent dans une quelconque péniche vermoulue pour s’engloutir dans les flots de la Seine.

Qu’il est parfois dur de voir les termites à l’oeuvre.

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Alain Juppé, empereur du canular

mars 22, 2009 · Un commentaire

La propension à mystifier ses contemporains, à leur faire prendre au sérieux ce qui n’est que raillerie et à exprimer le contraire de ce que l’on dit, c’est l’art du canular. Chez les réactionnaires et les normaliens, c’est parfois une seconde nature. Par exemple, fromageplus, ses mesures prises par la Halde pour imposer le jeu des sept familles aux associations d’anciens combattants pour les cérémonies du souvenir, une vaste escroquerie, rien de sérieux en dépit des apparences. Pour les normaliens, c’est Brasillach qui l’écrit dans Notre avant-guerre, et comme il a été lui-même victime d’un canular qui a mal tourné, il y a tout lieu de le croire. Généralement les victimes sont les bons bourgeois bien-pensants, et d’ailleurs un des ressorts de la machination est de proposer une erreur propre à satisfaire des convenaces poussées à l’absurde.

Alors, lorsqu’Alain Juppé normalien à droite s’exprime, il faut faire attention. Il allie le côté personnalité à escroquer, et l’intelligence de l’humoriste prêt à vous ridiculiser. Prenons ses props sur France Culture:

Les propos et attitudes récents du pape Benoît XVI sont sources de malaise et créent un vrai problème: la réintégration d’evêques dont l’un est l’apôtre – si j’ose dire – du négationnisme”, l’excommunication au Brésil et l’affaire du préservatif. Ce pape commence à poser un vrai problème.

Au Brésil, qu’une gamine de 9 ans qui a été violée, dont la vie est en danger, soit – sinon elle-même – du moins ses parents et le médecin qui l’a aidée à avorter excommuniée, c’est une absence de charité chrétienne extraordinaire. Aller dire en Afrique que le préservatif aggrave le danger du sida, c’est d’abord une contrevérité et c’est inacceptable pour les populations africaines et pour tout le monde.

Il y a un vrai problème, je sens autour de moi un malaise profond, j’ai l’impression que le pape vit dans une situation d’autisme total.

Propos de politicien consensuel ou sarcasme? La réponse est dans le pied de nez final. Pour comprendre, il faut lire les discours de Juppé à l’envers, et retrouver le sens profond de ses paroles.

j’ai l’impression que le pape vit dans une situation d’autisme total: Comme moi le Saint-père est un grand homme. Les êtres supérieurs, clairvoyants et généreux se font systématiquement traités d’autistes par le vulgaire, comme quand j’étais premier ministre de la France fille aînée de l’Eglise.

Il y a un vrai problème, je sens autour de moi un malaise profond. L’hostilité systématique des journalistes, des beaux esprits de l’UMP à Benoît XVI est profondément regrettable. C’et sûrement qu’ils sont mal dans leur peau.

 Aller dire en Afrique que le préservatif aggrave le danger du sida, c’est d’abord une contrevérité et c’est inacceptable pour les populations africaines et pour tout le monde. Afrique, contrevérité Sida et préservatif, et hop je vous lance un bel anathème. Vous voyez comme c’est facile, alors que réfléchir et argumenter comme le président du Burkina Faso, cela demanderait que les journalistes aient autre chose que de la soupe dans la tête.

Au Brésil, qu’une gamine de 9 ans qui a été violée, dont la vie est en danger, soit – sinon elle-même – du moins ses parents et le médecin qui l’a aidée à avorter excommuniée, c’est une absence de charité chrétienne extraordinaire. Vous montez n’importe quoi en épingle, et alors que vous êtes vous-même dans une situation canonique pas très nettes, vous donnez des leçons de théologie morale. Restons en la charité chrétienne ordinaire, et tout ira pour le mieux.

Les propos et attitudes récents du pape Benoît XVI sont sources de malaise et créent un vrai problème: la réintégration d’evêques dont l’un est l’apôtre – si j’ose dire – du négationnisme”, l’excommunication au Brésil et l’affaire du préservatif. Ce pape commence à poser un vrai problème. C’est bien ce que je dis depuis le début, deux trois approximations, une levée d’excommunication qu’on fait passer pour une réintégration et une propagande pour le négationisme. Une pratique de l’information plus digne de l’art poétique de Verlaine que de l’honnêteté intellectuelle, et vous créez le problème de l’information dans ce pays. Qu’on écoute pas des gens à la pensée rigoureuse et au jugement droit comme le Saint-Père et moi, voilà le fond du malaise contemporain. Quelle bêtise de préférer des bonimenteurs à la noix, je ne citerai pas de nom, mais c’est quand même moi qui devrait être à l’Elysée.

Alors, franchement, Alain Juppé, c’est quand même une sacrée tronche. Réussir à tenir un discours aussi subversif sur la radio d’Etat, c’est presqu’aussi bon que si Pierre Dac avait bu tenir une rubrique sur Radio Paris. C’est vrai qu’il faut décrypter, mais c’est le but du jeu: cacher sous un habit consensuel le dangereux révolutionnaire. Alors oui, Juppé est l’empereur du Canular!

 

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Révolution et tout le tremblement

mars 17, 2009 · Laisser un commentaire

La France stupéfaite a fait aujourd’hui un pas de plus vers le Grand soir, le chambardement, l’inversion du schéma exploiteur exploité, l’aube nouvelle des lendemains qui chantent.

D’abord le comité invisible a parlé pour annoncer qu’il allait se taire. Dans un communiqué audacieux, ils ont annoncé leur refus d’être pris pour des terroristes et d’avoir un chef. D’ailleurs ils sont innocents , la preuve c’est qu’ils annoncent qu’ils vont recommencer car la lutte n’est pas finie. C’est sûr je simplifie la prose des valeureux militants, mon clavier refuse le lyrisme de la langue de bois.

Ensuite, les étudiants de(u) Sud qui occupent Sciences Po pour protester contre la sélection, l’élitisme et l’enseignement supérieur pour riches. Attention, ces occupants sont des gens sérieux, il y a des normaliens et des gens de l’Ecole des Hautes Etudes en sciences Sociales (les meilleurs élevages de gauchistes de Paris). Faire chier le monde, sans empêcher ses camarades de travailler, c’est une solidarité rare que même à la RATP et à la SNCF ils n’avaient pas encore trouvé malgré des années de tatonnements.

Puisque c’est la révolution qu’on vous dit. N’empêche que répondre aux questions qu’on ne vous pose pas pour détourner l’attention des réponses que vous ne donnez pas à celles que l’on vous pose et manifester contre la sélection en bloquant l’établissement qui s’évertue à l’abolir, c’est quand même du grand art.

Pourtant, la révolution en chansons, c’est encore mieux. Que des moments de bonheur avec des gentils démocrates.

 PS: Quand ils disent

Nous ne sommes ici que des figures, qu’une cristallisation somme tout plutôt vulgaire d’un conflit qui traverse notre époque. La pointe médiatico-policière d’un affrontement sans merci que mène un ordre qui s’effondre contre tout ce qui prétend pouvoir lui survivre

Est-ce que cela signifie qu’ils sont les policiers journalistes d’un ordre nouveau, bref les futurs maîtres d’une tchéka quelconque, ou est-ce qu’ils emploient seulement des mots ronflants sans maîtriser la syntaxe?

 

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Loulou, Marie-Flo et les chevaliers de l’apocalypse

mars 16, 2009 · 9 commentaires

La <<réacosphère>> c’est un peu comme les journaux à deux sous de l’époque romantique, on y trouve des idées, des critiques, et surtout des feuilletons. Ils ont peut-être moins de lecteurs que ceux de Dumas ou de Balzac, mais ils sont d’aujourd’hui et (je l’espère) ne servent pas à faire vivre leurs auteurs. La difficulté pour le lecteur, c’est que tout fini par s’entremêler, surtout quand les histoires se passent dans la même ville. Autrefois le bourgeois moyen devait s’imaginer le comte de Monte Cristo en train de faire ses courses au Bonheur des dames pour sa belle albanaise. Aujourd’hui, je tends à mélanger les maudits du XIVème et le Chevalier de l’apocalypse qui coupe les télévisions.

Maintenant, vulgairement je m’imagine le drame qui pourrait se jouer au Barbie Night club, rue du Foin:

- Quand le taxi est arrivé, elle se foutait de mon comportement habituel des mauvais jours. Regard de chien battu, je t’en foutrais. Fixer la terre, qui elle ne ment pas, c’était simplement mon truc pour refaire le plein d’énergie. Je faisais ça depuis que j’avais découvert l’histoire d’Antée sur le sable de La Baule. Et puis c’était un bon moyen de grogner sans se faire emmerder, une sorte d’évasion quoi. Cette fois, en plus j’avais pris mes précautions, et je le lui avais fait savoir. Marre de faire le gentil toutou, je l’avais à l’oeil, avec Smith et Wesson.

Un petit quart d’heure le temps d’arriver rue du Foin, et là du foin, il y en avait. Nous n’avons même pas eu le temps de débarquer qu’il se précipitait dans la voiture, explosait la terrine du chinois bulgare qui conduisait, le flanquait par terre et démarrait en trombe en s’essuyant le front d’une main ensanglantée.

Après avoir soigné les deux répugnants acolytes, le clochard et son ange gardien la nuit précédente, ce soir là il avait recommencé la tournée des bistrots. Il avait fini par arriver rue de Turenne après avoir consommé autant qu’un régiment écossais. Il se disait que l’endroit augurait bien, et qu’il pourrait y soutenir une bataille victorieuse contre l’abjection qu’il sentait monter autour de lui. Quand il vit ce tas de gentils déguisés couleur guimauve, qui en savonnette, qui en baudruche, le tout dans un mélange informe et festif où on ne distinguait plus le mâle de la femelle, il se décida. Il brandit sa bouteille comme une massue et il chargea.

Se gardant à droite, parant à gauche, il pourfendit la tourbe qui la tourbe agglutinée à la lumière rose et violette de l’entrée d’une boîte louche. La savonnette numéro un râlait sur le trottoir, le sarrasin qui s’était dressé devant lui avait la moitié du visage qui s’était attaché au tesson alors que le culot lui en protégeait l’autre moitié. Les baudruches et les barbies paniquées s’égayaient en poussant des petits cris plaintifs. Il s’apprêtait à jouir de la panique de ce néant quand une bagnole s’arrêta brusquement devant lui. Le conducteur lui semblait le frère des salauds qui l’avaient plongé hors de son petit bonheur. Il devait payer. D’un geste il le sortit et l’envoya bouler sur la chaussée. Avec une voiture, le carnage serait plus parfait! Comme les petites frappes qu’il ferait.

Il n’eut qu’à prendre le volant et à foncer. Quelques chocs sourds lui indiquèrent que les dernières baudruches étaient explosées. En regardant dans le rétroviseur il vit que par terre plus rien ne bougeait et qu’il avait deux passagers d’un genre qu’il avait rarement rencontré jusqu’à présent.

- Je m’attendais à être surprise par la soirée de Jean-Charles, il faut avouer qu’il était assez fort pour trouver des plans décadents à faire frémir Bonne-Maman et tous les parents, oncles et tantes réunis. Même Louis-Marie avait reconnu une fois que les beuveries reitres et lansquenets aux quelles il s’adonnait avec ses potes de La Flèche et première année de droit, c’était de la gnognote à côté. Mais ce soir, l’aventure atteignait au délire. Etre armé et se faire prendre en otage par un quidam qui, sans le sang et le bruit des corps éclatés contre la carrosserie, aurait plutôt ressemblé à un paisible militant du Modem ou de l’UMP, je trouvais que c’était encore mieux que ma rencontre avec Marlon Brando.

Après quelques virages sur les chapeaux de roue, le Fangio improbable s’arrêta sur les Grands Boulevards, et il ouvrit sa portière comme pour nous abandonner. Louis-Marie, forcément, était encore abruti par cette sauvagerie primitive et ne pipait mot en se blottissant contre moi.. Il avait même renoncé à sa manie de vouloir se jeter par la fenêtre . Il fallait prendre les choses en main. J’ai sorti Smith et Wesson qui depuis la rue Foin avaient cessé de me regarder de leur oeil sombre et j’intimais au barbare l’ordre de rester au volant. Quand il se retourna, il exhala le mauvais Blended, comme mon souffre-douleur préféré, mais lui, au moins il se calmait à l’odeur du sang et pas au Lexomil. Je lui dis de prendre la route de la Corrèze. A trois nous arriverions bien à jouer à Bonnie and Clyde et à faire du ludisme sur les voies de TGV.

PS: j’aurais bien aimé leur faire rencontre l’ivrogne, l’anglais et Sir Buckingham, mais les clients du Barbie Night Club ne sont hélas pas des Wisigoths et la Seine, même en crue, est trop loin des hautes Pyrénées. Pour le vieux flic, il n’a plus qu’à surveiller les indicateurs des chemins de fer ou à devenir enragé lui aussi. Quant aux héros, je leur souhaite bonne chance pour leurs futures aventures qui ne devraient pas se dérouler ici.

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Question existentielle

mars 14, 2009 · 2 commentaires

LE CURE: Nous en étions à la correction de notre petite version si vous le voulez bien.

Il cite

Induit Caesar vestem reversusque ad urbem. Vous savez comment vous avez traduit ça? “Entré dans la ville César retourna sa veste.”

LE GENERAL, vexé: Ce n’était pas ça? Cela me paraissait astucieux.

LE CURE: C’était astucieux, mais ce n’était pas ça. Induit Caesar vestem reversusque ad urbem se traduit par : “César mit sa toge et regagna la ville.”

LE GENERAL, déçu: C’est moins bien.

LE CURE: C’est moins bien, mais c’est la traduction exacte.

LE GENERAL, qui a pris un cigare, rêveur: Ah, monsieur le curé!… (Vous me permettez de fumer en classe?) Je me demande parfois si l’on a pas tort de s’obstiner à vouloir traduire exactement les choses…

LE CURE: Si on veut apprendre le latin, c’est indispensable.

LE GENERAL, poursuivant son idée dans la fumée de son cigare: D’abord on y arrive jamais… Et ce grand souci scientifique, pour finir nous masque les neuf dixièmes de la vérité qui, elle, est intraduisible. (Vous en savez quelque chose, c’est votre métier!) Oui, je me demande parfois si l’homme, tout bien pesé, n’a pas fait faire à la connaissance un énorme pas en arrière en renonçant à l’imagination et à la poésie comme moyens d’investigation scientifique… Newton l’aurait tout bonnement reçue sur son nez, en sommeillant sous son pommier, sa pomme, et il n’aurait pas été cherché plus loin… Je ne suis pas sûr que nous nous en serions plus mal porté!

LE CURE: C’est bien possible.

LE GENERAL: Nous faisons les petits flambards à appuyer sur tous nos petits boutons, mais qui sait si, avec notre civilisation rationnaliste, il n’y a pas tout simplement trois cent ans que nous sommes couillonnés!

Jean Anouilh, L’Hurluberlu ou le Réactionnaire amoureux

Avec Paul Meurisse dans le rôle titre (le général), cela devait être un spectacle.

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Question naïve

mars 13, 2009 · Un commentaire

Pourquoi les embryons n’ont pas droit à un avocat?
(vous avez le temps que vous voulez)

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Examen de conscience d’un capitaliste

mars 10, 2009 · Laisser un commentaire

Il faut l’avouer, j’ai commis, il y a quelques années le crime d’entrer dans le cercle fermé des actionnaires de Total et de la Société Générale. Plutôt que de d’aider l’Etat à accroître sa dette en souscrivant à des obligations, j’ai préféré donner mon argent à des grands groupes français pour qu’ils puissent investir. Je suis devenu volontairement un horrible exploiteur. Face à l’opprobre qui s’attache à cette volonté délibérée de gagner de l’argent en dormant, même si à mon grand regret je n’en gagne pas assez ainsi pour dormir toute l’année, il était impossible de résister au besoin de procéder à une examen de conscience.

C’est vrai,  à en croire nos élites, je contribue à empêcher les Français de se chauffer à bas prix, je leur suce leur argent à la pompe, j’ai flouté les comptes des banques et mis en péril leur épargne, et je provoque l’effroyable catastrophe du réchauffement climatique. Rien qu’en lisant ce matin une réflexion du Socrate de Bègles, Noël Mamère, j’en étais toujours plus convaincu.

Alors, ce qui  depuis plusieurs jours murissait dans un cerveau en ébullition devait faire éruption. Je ne savais pas ce que je pourrais dire pour éviter le pilori: que l’Etat est vraiment le meilleur pour endosser les gains sans effort et à ne pas participer aux pertes, parfois même quand il les provoque, que Noël Mamère n’a qu’à vraiment faire du vélo s’il veut sauver la planète, que les quelques dividendes que vont me donner mes vaches à lait cette année sont sans commune mesure avec les pertes subies l’an dernier sur mon capital.

Rien de tout cela n’aurait su être convaincant. Il fallait l’admettre le naïf pensait comme un âne alors que ses contemporains font face à une catastrophe économique pire que la peste. Un mal qui répand la terreur et que le ciel envoie sur la terre pour exprimer son courroux. Dans ce cas, un vague souvenir invitait assez nettement à laisser la plume à un auteur plus brillant. Au fond, la crise c’est ça:

Un mal qui répand la terreur,
Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La Crise Peste (puisqu’il faut l’appeler par son nom)
Capable d’enrichir en un jour l’Achéron,
Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :
On n’en voyait point d’occupés
A chercher le soutien d’une mourante vie ;
Nul mets n’excitait leur envie ;
Ni Loups ni Renards n’épiaient
La douce et l’innocente proie.
Les Tourterelles se fuyaient :
Plus d’amour, partant plus de joie.

Sarkozy Le Lion tint conseil, et dit : Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune ;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux,
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L’histoire nous apprend qu’en de tels accidents
On fait de pareils dévouements :
Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence
L’état de notre conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons
J’ai dévoré force moutons.
Que m’avaient-ils fait ? Nulle offense :
Même il m’est arrivé quelquefois de manger
Le Berger.
Je me dévouerai donc, s’il le faut ; mais je pense
Qu’il est bon que chacun s’accuse ainsi que moi :
Car on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus coupable périsse.

- Sire, dit le Bertrand Renard, vous êtes trop bon Roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
Et bien, manger moutons, canaille, sotte espèce,
Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes Seigneur
En les croquant beaucoup d’honneur.
Et quant au Berger l’on peut dire
Qu’il était digne de tous maux,
Etant de ces gens-là qui sur les animaux
Se font un chimérique empire.
Ainsi dit le Renard, et flatteurs d’applaudir.
On n’osa trop approfondir
D’Aubry, ni Mamère, Du Tigre, ni de l’Ours, ni des autres puissances,
Les moins pardonnables offenses.
Tous les gens querelleurs, jusqu’aux simples mâtins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.

L’Ane vint à son tour et dit : J’ai souvenance
Qu’en un pré de Moines passant,
La faim, l’occasion, l’herbe tendre, et je pense
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n’en avais nul droit, puisqu’il faut parler net.
A ces mots on cria haro sur le baudet.

Un gentil Besancenot Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu’il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout leur mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger l’herbe d’autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort n’était capable
D’expier son forfait : on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

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Taïaut, Taïaut, …

mars 8, 2009 · Laisser un commentaire

Il eut été inconvenant de laisser passer une si belle journée vouée à l’exhibition de l’affirmative féminine sans saluer les courageuses et glorieuses défenderesses du matriarcat. Face à des hordes de mâles furieux, obscènes et vindicatifs qui brandissent leur phallus tel un gourdin pour asservir leurs compagnes telles de modernes esclaves, elles prennent tous les risques pour désigner le plus redoutable des machos, le dangereux cardinal archevêque de Paris et elles sont prêtes à faire barrage de leurs corps et de leurs cris.

Ces chiennes de gardes, puisque c’est d’elles qu’il s’agit, sont pourtant tout à fait pacifiques, ceux qui en douteraient seront d’ailleurs mordus jusqu’à ce qu’ils reconnaissent leurs torts. Leur site en témoigne comme le prouve cette capture d’écran.

Programme de chasse des chiennes de garde

Programme de chasse des chiennes de garde

Seule l’arrogance atavique et sui generis de la gent masculine arrive à leur faire perdre leur douceur naturelle et dissipe leur extraordinaire absence d’agressivité, ce sont ces salauds qui les contraignent à suivre cette règle: Réunies en meute, les Chiennes de garde vaccinent des machos publics contre la rage sexiste ordinaire.

Et oui la rage sexiste est ordinaire, le traitement cynégétique s’impose, dans le calme et la décontraction: Haro sur le macho!

Leur rage fait plaisir à voir, et certainement le soir au port falot, carrées dans des coussins profonds, la chienne de garde, au gré de la fumée grise se représente son plus beau rêve de vénerie, le générique du film La Chasse à l’homme (à voir à l’occasion).

PS: capture d’écran de vendredi soir, les titres de www.chiennesdegarde.com ont changé légèrement.

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La perle du jour

mars 4, 2009 · 6 commentaires

Je lis 20 minutes une fois par mois. C’était aujourd’hui et je tombe sur cette phrase extraordinaire qui me conduit à revoir de fond en comble mes connaissances en biologie. Si un journaliste le dit c’est vrai, et l’insémination artificielle permet depuis 5 ans à deux ovules de se féconder. L’amour fait des miracles et transforme la nature. Alors les grincheux doivent cesser un combat rétrograde qui empêche l’humanité de s’épanouir.

Wanda, 42 ans, en couple avec son amie depuis une vingtaine d’années, élève deux jeunes enfants en région parisienne. L’aîné a 5 ans, son amie l’a eu avec elle via une insémination artificielle en Belgique.

Ici

PS: En plus on a garçon qui a deux chromosomes X, un de chacune de ses mamans, puiqu’aucune n’a de chromosomes Y. Avec un peu de chance on aura bientôt des filles à deux chromosomes Y, puisqu’on arrête pas le progrès.

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