- Versailles? Connais pas Versailles! Je ne sais pas où se trouve Versailles! Personne ne sait où se trouve Alésia!
Ce serait d’après certaines rumeurs la réaction de nos gouvernants lorsqu’on leur demande s’ils savent où a été signé le fameux traité de paix de 1919. Ce bruit est certainement colporté par des esprits mal intentionnés, mais il faut remarquer que le silence autour de ce traité est assourdissant. Il est vrai que la paix du monde est menacée par la mort de Mickael Jackson et le rôle de son médecin dans les troubles de intestins iraniens.
Pourtant la frénésie comémorative aurait du sévir encore une fois. Un zeste de repentance rattaché à une petite mention des heures les plus sombres de notre histoire, rien n’était plus facile que cette occasion pour un tel coquetèle. Il est vrai qu’il aurait fallu mentionner que ce fut l’oeuvre de politiciens progressistes qui en ont profité pour manifester une drôle de tolérance à l’égard du vaincu. Le droit des peuples, la démocratie et la morale furent déjà les piliers d’un désatre, alors il est vrai qu’il faut peut-être le cacher au bon peuple, et on se contente du 11 novembre, une belle opportunité d’adorer la paix européenne perpétuelle, et les droits de l’homme et de fustiger la guerre, cette calamité dévastatrice. C’est ce qui rend le silence d’hier d’autant plus éloquent.
Car rien ne pourrait faire croire, pour en juger les auteurs, que cet avis de Bainville est faux ou qu’il ne pourrait s’appliquer à nouveau demain: “Ainsi les détails du traité sont un travail d’experts et de techniciens. L’ensemble, les grandes lignes sont de l’ouvrage d’amateur. De là lui viennent deux de ses traits dominants: un caractère moral prononcé, car il est facile de mettre des lieux communs de moralité à la place du raisonnement politique qui exige un effort intellectuel et une préparation particulière. Ensuite un caractère “économique” non moins accusé qui s’accorde avec le moralisme puritain.”
PS: TF1 n’a quand même pas oublié de fêter le 60ème anniversaire du journal télévisé, à chacun ses priorités.
Tombé par hasard sur cette information qui n’a rien de récent: une chercheuse israélienne en études sociales, les soldats israéliens refusent de violer les palestiniennes parce qu’ils sont racistes. La conclusion est inéluctable: « C’est le racisme démographique qui est à l’origine de cette attitude, car une grossesse consécutive à un viol amènerait à la naissance d’un Arabe de plus, et cela serait vécu comme une catastrophe au niveau national ! Il s’agit de lutte pour la possession du territoire ».
En soi cela n’a pour ainsi dire aucune importance. Il s’agit d’évènements lointains pour lesquels il est inutile de faire preuve de passion. Le seul et grand intérêt de cette étude est de démontrer l’étrange propriété des sophismes: former une proposition absurde à partir faits crédibles (que les soldats israéliens ne violent pas et qu’ils sont légèrement racistes). Surtout on constate que nous avons tout ce qu’il faut pour établir le même genre de conclusions nous concernant: des cuistres jobards qui abominent les discriminations doivent se tenir prêts à nous expliquer doctement que si les jeunes populaires du VIIe refusent de faire une tournante avec Rachida Dati, leur maire vénéré, c’est simplement par un coupable sentiment de supériorité sur les jeunes divers des banlieues; ce n’est pas une quelconque bonne éducation, mais un refus discriminatoire d’adopter les coutumes de populations qui ne demandent qu’à s’intégrer et de contribuer au métissage.
En dépit d’avis publiés par-ci par-là, je me suis rendu hier dans l’école laïque gratuite publique et obligatoire dans le désordre de ma commune. C’est un beau bâtiment en brique dont le nom fleure bon la fraternité républicaine, à la différence du stade situé en face qui puerait plutôt la fange révolutionnaire et le plomb des balles dans la nuque. J’ai d’ailleurs pu y vérifier que si les portiques promis par le gouvernement, l’opposition nationale localement au pouvoir avait pourvu à un légitime besoin d’ordre juste en y installant une gorgone, qui doit être présente à demeure puisqu’un petit garçon qui accompagnait sa maman à l’école lui a dit :”A demain!”. Vu l’âge de la gorgone, il n’est pas sûr que ce soit une initiative récente, mais comme la dernière fois que je suis aller à l’école c’était en 2007, je ne suis plus bien sûr.
Ce ne sont pas des considérations architecturales qui ont poussé un adulte d’esprit et de corps sain ou presque à se rendre librement à l’école primaire le jour du repos dominical. D’abord mon regard avait été attiré depuis une semaine par cet appel déchirant pour l’autodétermination du peuple tamoul au Sri Lanka (ex-Ceylan pour les amateurs de thé) lorsque je passais en revue une série de panneaux publicitaires à deux pas de chez moi*. Il faudra d’ailleurs dire aux écolos anti-pub d’arrêter d’étaler des slogans colorés qui brillent la nuit. Ensuite j’ai reçu une convocation gouvernementale avec plein de prospectus, de CV, de lettres de motivation et de candidature. Il paraît que c’était pour une action en faveur de l’emploi. Alors avec la crise, j’y suis allé faire un geste.
En plus, la semaine dernière dans le train, j’ai croisé un des gars dont je venais de recevoir la photo. D’après les gens qui l’accompagnaient il allaitfaire la première partie d’un spectacle de Marc Jolivet. C’est vrai que vu la manière dont ils étaient habillé, il était visible que leur patron il n’avait pas eu trop de succès jusqu’à présent et qu’il a juste les moyens de leur offrir des nippes récupérées dans un ashraam du Dalaï Lama, habits d’ailleurs confectionnés avec la laine du même animal. C’est peut-être à cause de ce geste généreux que le dit lama vient d’être fait citoyen d’honneur de Paris grâce aux amis de Marc Jolivet.
Quant à la tête d’affiche, elle aurait plutôt méritée d’être auscultée et de se faire dresser le portrait par le bon docteur Destouches plutôt que par un naïf. Un vrai guignol au regard sournois qu’il doit cacher derrière des verres fumés. Un gnôme vieillissant à la peau frippée. Pour son rôle de clown, son imprésario devra consentir des frais pour lui refaire la tignasse flamboyante qui a fait sa célébrité. En bref, un petit gros rabougri dans on se demande comment il a bien pu envoyer un général en exil à Baden (il est vrai que Baden n’est pas loin du Repos de Charles, mais bon). Avec son air, on sent bien qu’il est pour nous refiler un morceau de chienlit et qu’il en est réduit à servir de faire-valoir à des comiques de seconde zone ou à s’esbaudir grassement de ses derniers coups de veine. Tout à fait destiné à servir la chose publique! Mais hors de question d’être représenté par ça, question d’hygiène mentale.
Alors forcément, j’ai examiné un peu la concurrence, pas bien brillante, mais des postes étaient absolument à pourvoir. Aux trombines et aux slogans des postulants, ils ne semblaient pas tous aussi contre-indiqués les uns que les autres. Par exemple, il y avait un grand gars à l’air sympathique qui rejouait l’affiche de Rabi Jacob en posant avec un rabin et un arabe sur son affiche. Le côté comique jusque dans l’humour au ras des pâquerettes des slogans, pour un travail de représentation (si j’ai bien compris) c’est absolument impossible. Il ya avait aussi le patron d’un grand journall comique genre Pif Gadget, pas du tout mon genre. Alors dans le petit cabinet prévu à cet effet, j’ai employé le papier obligeamment fourni à l’entrée. L’endroit étant discret et isolé, j’ai pu me livrer à une action honteuse que la Halde réprouve: DISCRIMINER en fonction de l’âge, de la religion, de la couleur, des orientations politiques ou philosophiques, le tout en ayant bien décider de ne pas voter blanc. Et d’ailleurs j’avais cru comprendre qu’il s’agissait de choisir quelqu’un qui pourrait (ou non, le travail n’est pas contraignant) agir en mes noms et qualités dans un grand théâtre à Strasbourg, j’ai finalement voulu privilégier le côté tragédien. Pourtant ‘il a été dur de trouver quelqu’un ayant, même de loin, la tête de l’emploi.
Comme il paraît que c’est le comique que j’ai croisé dans le train qui a été retenu, je suis un peu triste parce que ce n’est pas lui que j’ai choisi, mais je suis content pour ses collaborateurs. Comme le travail est bien payé, il va peut être pouvoir les augmenter pour qu’il s’achètent des habits présentables.
Ah, s’ils avaient pu être choisis, le théâtre de Strasbourg aurait peut-être attiré du public.
* Cet appel est bien inutile depuis que la question a été réglée démocratiquement avec des chars le mois dernier.