Archives mensuelles : mars 2010

Week-End d’hommage

Deux grandes initiatives festives ont su rendre à la fin de la semaine dernière l’hommage qu’il mérite à un de nos grands écrivains du siècle dernier. Il fallait une mobilisation enthousiaste pour saluer l’inventeur génial du Décret sur le temps et du rationnement de la vie. Une modeste action de changement d’heure etun grand essai de rationnement électrique y concourrurent élégamment.

Seuls quelques petits contretemps, bien compréhensibles au vu de la complexité induite par les découvertes de Marcel Aymé, restreignirent la pompe officielle qui aurait du être de mise. Le ministre de la culture, décidément en délicatesse avec les chiffres depuis ses vacances en Thaïlande ne savait plus si le discours qu’il devait lire à 2 h00 se terminait à 3 h00 ou l’inverse. Toujours est-il que ses paroles éternelles s’envolèrent au moment précis où la France sautait par-dessus en supprimant la fatidique heure de sommeil.

Trop occupés à des expériences d’ubiquité, ni le président, ni sa charmante épouse ne purent se rassembler à temps pour compenser la défaillance ministérielle. C’est ainsi que le Français et leur gouvernement ne surent pas pourquoi ils durent se passer d’une heure de lumière et d’une heure de sommeil.

Soyons heureux que nos gouvernements ne maîtrisent pas mieux les techniques annoncées par Marcel Aymé. Ils sauraient bien trouver un moyen de nous priver pour notre bien d’électricité pendant le temps qu’ils nous autoriseraient à vivre. Sans compter quelques expériences de perce-muraille signées La Gardou La Gardou pour saisir nos économies.

Bourreaux joyeux

Hier soir, la télévision financée par contribuable (moi et peut-être vous, lecteur) s’est proposée de reproduire la fameuse expérience de Milgram sur l’obéissance. L’organisateur de ce spectacle, moins scientifique mais plus subventionné que Milgram, expliquait tout content de lui dans la bande annonce qu’il est fasciné par la dite expérience, et qu’il tenait à montrer que la télé sait se faire obéir d’homo festivus.

Je ne sais pas si les cobayes étaient hilares à la pensée du pactole quand ils envoyaient les décharges électriques dans leur victime. Ce n’est pas très important! Un olibrius a simplement cru nécessaire de se faire mousser en montrant que, oui, les présentateurs de la télé ont le pouvoir accordé autrefois au savant. Que eux aussi maintenant ils font la pluie et le beau temps, le réchauffement et les élections.

Pourtant dans l’expérience orginal, il y a quelque chose qui aurait du retenir de réitérer de manière aussi futile. Il y bien eu des victimes: les cobayes. Dans le film de Milgram, ce qui est pénible, ce n’est pas le fait que les sujets de l’expérimentation obéissent, ce sont leurs regards suppliants adressés au chercheur qui les contraint à torturer. Pour cette raison Milgram n’a jamais reproduit son expérimentation.

Alors aujourd’hui on sait qui commande et qui est prêt à faire souffrir sciemment et pour l’amour des subventions.

Pour voir:

 http://www.veoh.com/browse/videos/category/drama/watch/v18688074hgZdg5Dt#

http://video.google.com/videoplay?docid=-2836209818734920853#

Vrac (1)

Si je n’avais tenu à regarder jusqu’au bout l’échec du XV de la Rose à Murray Field (d’ailleurs on devrait interdire aux élections de perturber le tournoi des VI Nations) je n’aurais jamais eu la sotte idée d’écouter les titres du bulletin de propagande de 20h00. 

Surprise! La télévision d’Etat et la chaîne des marchands de soupe capitalistes déploraient la fin d’un chanteur rebelle.

D’autant plus surpris que celui-là je le croyais mort dans les années 80. C’est amusant, mais l’étalage de bons sentiments gluants me l’a rendu parfaitement antipathique. Les révolutionnaires officiels et humanistes télévisuels, très peu, merci!

Et surtout, Ferrat, il avait fait un procès pour quelque chose comme ça:

 

Je reconnais que le moustachu avait plus de talent que la mendiante qui m’a cassé les oreilles aujourd’hui dans le métro (un phénomène vocal incroyable, pire y pas!), mais préfère quand mêmeles interprétations de Le Luron, surtout Nuit et brouillard.