Deux grandes initiatives festives ont su rendre à la fin de la semaine dernière l’hommage qu’il mérite à un de nos grands écrivains du siècle dernier. Il fallait une mobilisation enthousiaste pour saluer l’inventeur génial du Décret sur le temps et du rationnement de la vie. Une modeste action de changement d’heure etun grand essai de rationnement électrique y concourrurent élégamment.
Seuls quelques petits contretemps, bien compréhensibles au vu de la complexité induite par les découvertes de Marcel Aymé, restreignirent la pompe officielle qui aurait du être de mise. Le ministre de la culture, décidément en délicatesse avec les chiffres depuis ses vacances en Thaïlande ne savait plus si le discours qu’il devait lire à 2 h00 se terminait à 3 h00 ou l’inverse. Toujours est-il que ses paroles éternelles s’envolèrent au moment précis où la France sautait par-dessus en supprimant la fatidique heure de sommeil.
Trop occupés à des expériences d’ubiquité, ni le président, ni sa charmante épouse ne purent se rassembler à temps pour compenser la défaillance ministérielle. C’est ainsi que le Français et leur gouvernement ne surent pas pourquoi ils durent se passer d’une heure de lumière et d’une heure de sommeil.
Soyons heureux que nos gouvernements ne maîtrisent pas mieux les techniques annoncées par Marcel Aymé. Ils sauraient bien trouver un moyen de nous priver pour notre bien d’électricité pendant le temps qu’ils nous autoriseraient à vivre. Sans compter quelques expériences de perce-muraille signées La Gardou La Gardou pour saisir nos économies.

Bravo pour cet hommage tout en finesse, digne de l’auteur qui l’inspire.