Archives mensuelles : novembre 2010

Dissonances cognitives

La dissonance cognitive est un phénomène assez bizarre. Elle naît de la confrontation de concepts incompatibles. Comme l’expliquait il y quelques temps un psychothérapeute blogueur, la solution est de trouver une échappatoire si  on s’y retrouve confronté.

L’amusant aujourd’hui est de voir comment elle arrive à être produite officiellement pour prouver, involontairement l’impuissance et la dérision de certaines prétentions.

Par exemple, la semaine dernière je suis tombé coup sur coup sur deux slogans extraordinaires dans ce domaine. Le premier accompagnait la propagande réalisée pour un colloque de préfets: “L’Etat en mouvement”. A croire que les joyeux communicants n’ont aucun connaissance du sens des mots.  L’académie précise pourtant en chapeau de sa définition: (1)ÉTAT n. m. XIIIe siècle, estate, « manière d’être ». Emprunté du latin status, « action de se tenir ; attitude », d’où, au figuré, « position, situation », de stare, « se tenir debout ». Autant dire que nous sommes gouvernés à coup d’oxymores.

Ensuite, sur la façade d’une institution parisienne pendait une magnifique et vraisemblablement dispendieuse banderole : “L’Ile de France au fil de l’eau”.  Je croyais bien m’en être aperçu auparavant, mais j’aurais difficilement cru possible que M Huchon s’en fasse une gloire. Il essaie peut-être une nouvelle politique de revendication de son impuissance.

Cette maladie s’étend même à la jeunesse politique. Considérons cette jeune personne qui propose au pouvoir d’abolir les notes dans une grande nuit du 4 août de l’abandon des privilèges du savoir et de la culture. Ses élucubrations sont fort bien résumées et commentées ici et . Ce qui reste profondément troublant chez cette éducatrice de l’UMP, c’est son autoportrait. On ose en effet croire qu’elle ait fait appel à un quelconque ;malveillant pour ce tableau. Accumuler les pensées les plus gentilles du monde des bisounours et déclarer tout de go sa haine du politiquement correct relève de l’exploit dissonant. Heureusement qu’elle nous donne la clé de son cerveau en vouant une haine égale aux mathématiques. Sûrement la rigueur intellectuelle lui est étrangère.

La galerie des petits et des grands qui prétendent nous gouverner, de leurs goûts et de leurs ambitions est d’ailleurs assez édifiant. On trouve tous les mentors possibles et imaginables parmi les représentants officielles de la gentillesse incarnée. A croire qu’il y a un concours pour ignorer Machiavel et ses disciples.  Dissimulation extrême ou ignorance abyssale de ce qu’est le politique, le jugement est délicat. Il ne prouve d’ailleurs qu’une chose  tout est à craindre de ces gens et de leurs frères de l’autre bord.

PS: l’auteur accepte la notation de ses billets même si elle venait à être interdite.

Sondage, tombes et délire

Voici un peu plus d’une semaine, il était clamé urbi et orbi que 94% des Français sont favorable à l’euthanasie. Et attention précisait le sous-titre, ce sondage a été fait sur un échantillon représentatif. Pas la peine d’aller plus loin, bonnes gens, cette enquête vaut tous les référendums.

Avec ma paresse, je ne suis pas aller plus loin, à quoi bon? Je ne saurais donc pas si on demandé aux sondés s’ils préfèrent une petite piqure qui leur donne droit à une fin douce, apaisée, sans souffrance plutôt qu’à une horrible agonie durant laquelle ils se tordront de souffrance jusqu’au moment d’exhaler un dernier râle torturé. Néanmoins, je reste sans voix sur cette manière de demander leur avis à des gens bien portants quant à savoir comment ils veulent mourir. C’est un peu comme demandé aux clients d’un grand restaurant si la gargotte d’à côté doit proposer fromage et dessert. Au fond c’est chez les patients de gériatrie et de soins palliatifs de savoir s’ils veulent respirer une minute de plus, s’il vous plait monsieur le bourreau. Et là, je crois que La Fontaine ou un pauvre bucheron tout couvert de ramée, courbé sous le poids des ans et des impôts, ont déjà répondu.  Ce qu’ils attendent de la camarde c’est qu’elle les aide à porter leur fagot plutôt que de les envoyer vérifier leurs idées métaphysiques sur l’autre rive de l’Achéron.

Pourtant d’ici peu on va nous inventer le droit opposable au trépas sans péril.  Quelque chose comme l’interruption volontaire de vieillesse.

Dans le même genre on apprend que les Français et leurs proches ne sont pas d’accord sur les rites funéraires. Les premiers préfèrent l’incinération quand les seconds veulent les voir enterrés. Nous ne saurons toutefois pas si l’inhumation doit précéder ou suivre le droit opposable défini plus haut. Gageons que l’Etat a déjà une idée et que ce sera la moins chère.

Enfin, et sans rapport avec ce qui précède, rendons hommage à la mode de Guerlain au grand disparu d’il y a quarante ans:

C’était un bosseur, il a travaillé comme un nègre de Pétain!

Et en sus rendons, comme Desproges, à Bokassa, à Napoléon, aux corses, infirmes, débiles et nègres ce qui leur est dû.

Des recettes pour Villepin?

PS: Un reportage sur la dégénérescence des marronniers dans nos régions est  attendu avec impatience. Il faut des solutions à ce problème, qui défigure nos parcs et jardins.

Un peu de technique

Cela faisait longtemps que je voulais faire un billet à ce sujet. Pourtant, je renâclais à procéder à une telle mise à nu. Il faut l’avouer, l’auteur est un fervent adepte de latex. Dès qu’il s’agit de taper librement quelque chose de son cru, il utilise latex.

Ce n’est en aucun cas le produit d’une quelconque monomanie perverse et masochiste. Au contraire, ce n’est que la manifestation d’une paresse dont le rythme de publication de ces derniers temps n’est que la manifestation heuristique.

Latex, est simplement la manière la plus rapide de ne pas perdre un temps précieux et son énergie à faire de la mise en page avec Word, ce censuré de logiciel qui a pour symbole Pénélope parce que lui aussi il défait ce que vous avez tissé toute la journée au moment où vous devez montrer le résultat à ceux qui prétendent vous payer.

Donc, latex est ce truc génial qui n’est pas WYSIWYG, et qui permet de se concentrer sur le fond plus que sur la forme. Si j’en parle c’est simplement parce qu’un grincheux prétend, en réponse à un petit commentaire,  qu’il faut être familier de Dieu pour l’utiliser, tout simplement! Surtout dans sa version Beamer qui sert à faire des présentations élégantes en (presque) deux temps trois mouvements.

Or, pour découvrir comment utiliser cette perle, il n’est pas nécessaire de faire un pèlerinage en Terre Sainte. Taper “latex normale” dans Google vous conduit tout droit à cette page, exempte de toute perversion. C’est même et surtout recommandé aux littéraires, historiens et tous utilisateurs d’alphabets bizarres. Comme quoi les matheux savent créer des choses utiles.

Pour voir le résultat en matière de présentations, voici un exemple naïf. Il a fallu une heure pour le faire, certes, mais c’est uniquement parce que l’insertion de page pdf avait du mal à se faire et qu’une recherche complémentaire s’est imposée (mais essayez de faire la même chose avec du Microsoft).

essai_frame (pour bien voir, télécharger et employer le mode diaporama d’Acrobat reader)

Pour ceux qui voudraient essayer, voici le code du document. Les puristes peuvent essayer en ligne de commande sous vim (compiler avec pdflatex).

\documentclass{beamer}
\usetheme{warsaw}

\usepackage[latin1]{inputenc}    %permet d’utiliser les accents ds le document
\usepackage[T1]{fontenc}      %codage des caractères par Latex
\usepackage[francais]{babel} %Soyons francais
\usepackage{pdfpages} %Pour inclure des pages pdf
\usepackage{graphicx} %ET des images

\begin{document}

\begin{frame}%Debut de diapo
\title{Beamer}%C’est le titre de la présentation
\end{frame}%Fin de diapo

\begin{frame}{Sommaire}
\tableofcontents %La table des matières
\end{frame}

\begin{frame}
\section{Kesako?}
\begin{itemize}

\item Un moyen de présentation
\item Beaucoup mieux que pauvrepoint

\end{itemize}

\end{frame}

\begin{frame}
\section{Que faut-il?}

\begin{itemize}

\item Un environnement Latex
\item Et les paquets beamer
\end{itemize}

\end{frame}

\begin{frame}
\section{Exemple}

\subsection{Insertion PDF}
Pour l’utiliser, cela demande quelques recherches sur internet, certes.
\end{frame}

\setbeamertemplate{background canvas}{} %C’est cette commande qu’il a fallu trouver et tester pour faire marcher la suivante, maintenant c’est cadeau pour le lecteur
\includepdf[pages=43]{N5469873PDF1DM.pdf}

\begin{frame}

Extrait de ceci
\end{frame}

\setbeamertemplate{background canvas}{}
\includepdf[pages=6]{N5469873PDF1DM.pdf}

\begin{frame}
\subsection{ou d’ímages}
\includegraphics[width=10cm]{richelieu.jpg}

\end{frame}

\begin{frame}
\section*{Conclusion}
\emph{Beamer c’est joli et facile (souvent).}

\end{frame}

\end{document}

PS: Les fichiers insérés N5469873PDF1DM.pdf et richelieu.jpg ne sont pas fournis.