Avis liminaire: ce billet ne vise pas à choquer, l’auteur tente simplement d’examiner froidement les choses.
1. Dans un pays qui se tient, l’auteur d’un attentat comme celui d’Oslo serait livré au bourreau pour subir le châtiment le plus cruel du répertoire. Ce n’est ni haine ni cruauté, simple conscience du fait que le supplice infligé à Clément à Ravaillac ou à Damiens avait une certaine propension à décourager les vocations. Maintenant cela n’est plus la peine de changer la loi pour Anders Breivik.
Remarque: dans un pays qui se tient le cas de Julien Coupat eut été réglé par un coup de pied au cul ou une paire de claques dès qu’il aurait essayé de créer un squat et cette petite opération sur l’amour-propre lui eut remis les idées en place.
2. Manipulation, complot, seul ou en groupe, cela n’a aucune espèce d’importance. La seule chose qui compte ce sont les étiquettes et, surtout, les idées du pensum qui lui est attribué.
3. Les étiquettes “chrétien fondamentaliste”, “franc-maçon” et “extrême-droite” qui sont attribuées ne sont au mieux que des traductions littérales qui n’ont aucune valeur au regard du sens français qui leur est attribué. D’ailleurs un rapide parcours du pensum laisserait plutôt penser que le christianisme de l’auteur est du genre christianisme napoléonien qui met en avant l’utilité sociale de l’église. C’est d’ailleurs cet vision utilitariste de l’église qui semble en faire un protestant penchant vers le catholicisme. On est donc assez loin du “catho intégriste” à la française ou du fondamentaliste protestant à l’américaine.
Pour l’étiquette “franc-maçon”, les options philosophiques et religieuses ne sont pas forcément identiques entre le Grand Orient et ses homologues norvégiens.
Pour l’accusation d’ “extrême-droite”, un bref parcours du pensum en montre l’inanité: pas de dérapage antisémite, références favorables à Tocqueville ou Hayek, un messie qui s’appelle Churchill. Bien loin de la littérature pour jeune fachiste!
4. Cette question d’étiquettes rend la pratique du syllogisme encore plus dangereuse. Le problème n’est pas de désigner à la vindicte des gens qui n’ont rien à voir avec le truc, c’est de refuser de voir une réalité gênante: le radicalisme des actions a davantage à voir avec l’énervement des intéressés qu’avec l’extrémisme des idées. Jusqu’à présent on connaissait plutôt les rentiers de la Révolution qui répugnaient à verser le sang au nom de leurs chimères radicales, le tout avec un langage fleuri et guerrier à souhait. Un peu comme le Père Duchêne de la Commune qui n’aurait pas fait (trop) de mal à une mouche sous des dehors de matamore. Le problème aujourd’hui est différent: un homme a basculé dans l’action radicale au nom d’idées modérées présentées dans un style presque académique.
5. Les mesures policières classiques et les coups de menton au nom de la tolérance et de la lutte contre la haine n’y pourront rien. Ce n’est pas pour rien que les partisans du bonheur obligatoire financé par l’Etat ont été pris pour cible. Dans la dialectique entre égalité et liberté, le joug qu’ils promeuvent pour la seconde au nom de la première est apparue insupportable à un quidam. Plutôt que de lancer des célafautalahaineéalextremedroites, nos hommes politiques feraient bien de procéder à un examen de conscience avant que des déçus du MODEM, de l’UMP ou des radicaux valoisiens ne versent dans le même délire. Surtout quand on leur serine cela dans les cérémonies officielles:
