Craignaient-ils quelque mauvaise rencontre sur la pelouse, dans les vestiaires ou sous les douches, toujours est-il que le Bébel football club de Créteil a refusé de jouer son match de dimanche dernier. La violence sur les stades est en effet un grand problème!
Discrimination, voire! C’est une équipe bourgeoise et qui n’a qu’un quota dérisoire de diversité par rapport aux références de l’équipe de France*. Alors de là à craindre des agressions fascistes à l’encontre d’une gentille équipe de banlieue toute tournée vers une religion de paix et de tolérance et, accessoirement, la Mecque. Nos jeunes banlieusards auraient d’ailleurs dû directement saisir la Halde avant de se faire surprendre par des adversaires qui crient à l’homofobie sous prétexte qu’une équipe de banlieue a refusé de jouer contre un adversaire au nom anglo-saxon et qui doit donc être qui plus est formée de valets de l’impérialisme et de soutiens à l’intolérable asservissement du peuple palestinien par des nervis sionistes. Hélas, l’ignorance dans laquelle les a tenu une Education nationale reproduisant les schémas discriminatoires de l’asservissement républicain des moins favorisés leur a interdit l’accès à la haute conscience de leurs droits de victimes.
Alors oui, nos gentils jeunes doivent reprendre le jeu là où ils l’ont laissé, sur le tapis de prière vert. Leur flamme d’amour du foot et de la justice ne doit pas s’éteindre et il faut qu’ils obtiennent réparation de cette défaite par forfait qui leur est iniquement infligée.
D’ailleurs, il faut encourager ces sympathiques modérés qui à la différence des extrémistes saoudiens ne cherchent pas de contact avec des hommes prêts à se faire exploser le fondement.
* Gogoliser Paris Foot Gay et vous verrez!
PS: il faut même envisager un grand procès Halde contre Halde pour savoir qui est le plus discriminé dans l’histoire.
L’Hydroptère est sans doute un des derniers rêves d’ingénieur et de casse-cou. Et puis en plus depuis vendredi dernier il file à plus de 50 noeuds. Bravo!
La vidéo date un peu, mais elle offre une bonne vision de ce qu’est l’engin.
Pour ceux qui douteraient du côté casse-cou, quelques aperçus de ce qui se passe sur un engin plus petit et moins extrême (quoique).
Et pour finir, même si ce n’est pas encore la saison.
Alain Juppé vient encore de se confier au Figaro. Dans cet entretien à coeur ouvert, il manifeste encore les symptômes étranges du mal qu’il traîne depuis son expérience canadienne. Il était parti, usé, couvert de morgue, conscient d’être le plus intelligent de sa génération, le meilleur d’entre nous immolé sur l’autel de la gloire chiraquienne. Il revint pétillant, toujours le mot pour rire, clairement sans le balais qu’il transportait dans son arrière-train. A croire qu’il a croisé un ours délicat au cours d’une de ses randonnées Outre-Atlantique.
Nous avions déjà pu constater au printemps qu’il était l’empereur du canular. Aujourd’hui, il prouve qu’il est le digne successeur de Garcymore, ce drolatique préstidigitateur. Son tour est des plus simples, avec sa baguette magique, la taxe qui n’est pas un impôt, il va sauver le monde. Pas le journal qui attend Rotschild, le vrai monde, le nôtre menacé par le RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE qui met en danger les ours polaires (finalement, c’est peut-être sur la banquise du Grand Nord, sous le regard narquois de couillu le caribou qu’Alain a rendu son balais à un plantigrade blanc).
Contemplons! Mieux qu’au bonneteau. Alain tu lui donnes un billet de cent en taxe carbone, le carbone il disparaît et Alain, il te rend le billet de cent sans carbone. Il n’y a pas d’arnaque, le contribuable gagne à tous les coups.
Hélas, il faut rappeler à Alain que généralement quand son maître Garcymore essayait ses tours, cela se terminait par un ricanement au son ça n’a pas marché.
J’ai comme le sentiment que d’ici peu Alain nous annoncera avec des trémolos qu’il n’a plus notre pognon mais que nous avons toujours trop de carbone. A croire qu’il aurait mieux fait de devenir alchimiste, comme cela nous aurions été sûr qu’il trouve la pierre qui transforme le carbure en carbone. A défaut de mieux passer, ç’eut été plus franc.
Nos journaux, Libération, le Monde, le Figaro, nous ont appris en début de semaine, non sans une certaine jubilation qu’un dangereux criminel vient d’être condamné à Münich à la détention à perpétuité pour la mort de onze personnes. Bien que le condamné a réussi à se dissimuler plus de 60 ans sous les apparences d’un honnête citoyen, patron de scierie, conseiller municipal et commandant d’honneur des pompiers de sa petite ville, son ignominie a enfin été sanctionnée, lieutenant de la Wehrmacht il est jugé coupable de l’exécution de onze civils italiens en représailles d’une attaque de partisans contre trois hommes isolés de son unité.
Dans cette affaire, le fond n’a que peu d’intérêt. Il est vrai que si l’intéressé avait posé une bombe dans un café au Vietnam ou en Algérie avec autant de morts, il n’aurait pas forcément droit au même traitement judiciaire et médiatique. La confusion entre nazi et allemand n’a pas plus d’importance, comme l’insistance du Monde et de Libération sur la veste bavaroise traditionnelle sombre du prévenu à l’audience (tout juste si il ne serait pas venu en chemise brune et culotte de cuir).
Ce qui a un certain sens ne se trouve que dans les commentaires des lecteurs et dans les journaux allemands. Si certaines douleurs sont amplement justifiées, on voit quand même mal en quoi il est juste que “ce salaud” paie pour le concierge qui a dénoncé un père, ou pour le gardien d’Auschwitz qui a gazé tel autre. Faire payer des innocents en lieu et place de coupables qu’on ne peut atteindre, c’est justement le crime du condamné. Avec ce genre de commentaires, on arrive simplement à montrer qu’on est capable de faire pareil, malgré 60 ans de recul.
A mon sens (et à celui du titre de ce billet), le pire réside dans les applaudissements du public à l’énoncé du verdict, applaudissements évoqués par la presse germanique. Cette capacité de gens, qui n’ont vraisemblablement pas vécu les évènements, à manifester leur satisfaction de voir enfermer un homme de 91 ans a quelque chose de trouble. Dans une affaire de ce genre il y a quelque chose de tragique, mais une salle d’audience n’est pas un théâtre. La raison de ce genre de procès est de prouver que NOUS ne sommes pas comme ces soldats qui ont mitraillé les civils qui essayaient de échapper à l’explosion et à l’incendie, de montrer qu’après 60 ans la justice l’emporte sur les passions.
Le seul résultat de cet évènement est d’affirmer le contraire, qu’en dépit de tout, même chez les contempteurs de la bête immonde, il reste quelque chose des pulsions qui poussent les foules à massacrer ceux qu’on leur présente comme des boucs émissaires, de cette capacité des hommes à se comporter en hyènes.
Quoique l’auteur de ce blog tienne à son anonymat, il ne peut s’empêcher de donner quelque indication quand à sa localisation alors qu’il doit affronter l’étrangeté d’un pays voisin autrefois ennemi héréditaire du notre*. L’oeil n’est pas forcément dépaysé, même si le spectacle agresse le cerveau qui croyait déjà échapper à l’image des rues sales de Paris et aux graffitis variés. La vue pourrait effectivement amener à conclure que l’on se trouve dans quelque Bronx d’Outre-Tibre plutôt que dans une bourgade allemande fière de son archevêché.
Le choc se confirme à l’écoute des informations locales. Pour une malheureuse affaire d’un quart de Rolex, un ministre socialiste se retrouve voué à la vindicte populaire. Par un coup de malchance la dame en question s’est fait piqué sa mercédès blindée en Espagne, sur son lieu de vacances. Du point de vue local, c’est un gachis d’argent public que de payer 700 litres de carburant pour un voyage privé, surtout que les contribuables n’ont pas à rembourser les dettes que l’Etat accumule pour payer aussi ce genre de dépenses (argument d’un camarade ministre de droite).
Ce qui est amusant, c’est qu’en France pour faire autant de bruit, il faudrait bien que Sarko se fasse voler son nouveau Falcon lors d’unweek-end à Brégançon. Il est vrai que nous avons le don de la dépense publique utile pour la relance et que nos politiciens savent y faire. D’ailleurs Julien Dray faisait cela déjà avec des fonds associatifs pour soutenir l’industrie horlogère avec ses modestes moyens. Puisqu’on vous disait que les dons à la FIDL et à SOS Racisme se faisaient pour la bonne cause, celle qui garantissait la ponctualité avec laquelle Dray et ses amis reconnaîtront l’instant du Grand Soir, et auront entretemps sauvé l’emploi d’ouvriers français suisses** qualifiés.
Pour les espagnols, ils ont eux les moyens de réaliser un grand coup pour le tourisme. Qu’ils arrêtent l’auteur d’un vol aussi médiatique et ils pourront enfin prendre le pas sur leurs concurrents italiens en prouvant que eux ils savent venir ausecours des touristes victimes des malfrats locaux.
* Pour comprendre comment deux pays deviennent ennemis héréditaires, se référer à Oumpah-Pah tome 3.
**On ne peut s’y connaître simultanément en économie, en horlogerie et en géographie.
Le char de Gay Lib bloqué à la marche des fiertés inverties
Il est difficile de savoir s”ils étaient constipés, mais les gentils lurons de Gay-Lib se sont retrouvés bloqués avant de déboucher à l’extrémité du parcours de la marche des fiertés etc… C’est amusant comme ce genre d’incident peut donner prétexte à de mauvais jeux de mots! Qui a perdu les pédales pour que se produise une telle intolérance libérophobe?
Reconnaissons quand même que la vie est dure pour ces gens là, mal aimés de partout soit en tant que libéraux sarkozistes soit en tant qu’homosexuels. De quelque côté qu’ils se tournent leurs arrières sont menacés.
Henri Guéant caillassé
Ou peut-être Claude Guaino, en tout cas un des grands conseillers de notre Président a vu voler les pavés. Il va pouvoir nous faire un beau discours pour nous montrer en maître Pangloss que cela devait arriver nécessairement dans le meilleur des mondes possibles, et qu’il faut poursuivre les réformes qui n’ont pas été commencées. Il le dit lui-même ce soir: “le plan banlieue n’a pas abouti.” Et puis “un certain nombre de gens considèrent que c’est une dépense inutile.” Bientôt les gourous de la pub pourront afficher de belles affiches pour le grand emprunt national qui ne sera pas forcé aux cris de: ” ils donnent leurs pavés, prêtez votre or“.
L’éducation suédoise à la parité
Le journal métro du groupe de presse suédois nous prépare à la présidence du même nom. Mercredi, il vantait l’éducation à la parité dans ce beau pays nordique. Figurons-nous que tout est fait pour confondre les sexes, dès l’école. Les garçons sont invités à jouer à des jeux de fille et pas réciproquement. Belle photo que cette institutrice qui apprend à un jeune garçon à jouer à la poupée après avoir déguisé un de ses camarades en princesse.
Pour que les petites filles puissent jouer à des jeux de garçon, elles doivent aller dans les guérillas perdues d’Afrique et d’Amérique du sud où on leur offrira des kalachnikov. Chacun ses méthodes pour la révolution!
Bernie Ecclestone, guide suprême de l’automobile
Ce qui est amusant, c’est que la bête immonde surgit toujours par où on ne l’attend pas. Serait-ce parce qu’Adolphe Hitler était un grand amateur de grosses cylindrées, même s’il n’a jamais su conduire, parce que le terrain des congrès du parti de Nuremberg, tribune présidentielle incluse, a été transformé en circuit automobile, ou à force de fréquenter le fils du Mussolini anglais? Toujours est-il que Bernie Ecclestone reconnaît que le bilan globalement positif du chef du parti national socialiste allemand mérite d’être légèrement nuancé, parce que finalement il n’a pas tout réussi. C’est dommage de s’exprimer ainsi parce que maintenant les écolos, ces êtres simples, ne sauront plus pourquoi le haïr: en tant que dangereux patron d’un sport nuisible ou en tant qu’admirateur nuancé d’un homme d’état controversé?
Vu le culte de la nature des nationaux-socialistes, conseillons aimablement à Hulot et consorts d’en rester à la haine du sport automobile qui gache un carburant si utile aux reportages en hélicoptère.
- Versailles? Connais pas Versailles! Je ne sais pas où se trouve Versailles! Personne ne sait où se trouve Alésia!
Ce serait d’après certaines rumeurs la réaction de nos gouvernants lorsqu’on leur demande s’ils savent où a été signé le fameux traité de paix de 1919. Ce bruit est certainement colporté par des esprits mal intentionnés, mais il faut remarquer que le silence autour de ce traité est assourdissant. Il est vrai que la paix du monde est menacée par la mort de Mickael Jackson et le rôle de son médecin dans les troubles de intestins iraniens.
Pourtant la frénésie comémorative aurait du sévir encore une fois. Un zeste de repentance rattaché à une petite mention des heures les plus sombres de notre histoire, rien n’était plus facile que cette occasion pour un tel coquetèle. Il est vrai qu’il aurait fallu mentionner que ce fut l’oeuvre de politiciens progressistes qui en ont profité pour manifester une drôle de tolérance à l’égard du vaincu. Le droit des peuples, la démocratie et la morale furent déjà les piliers d’un désatre, alors il est vrai qu’il faut peut-être le cacher au bon peuple, et on se contente du 11 novembre, une belle opportunité d’adorer la paix européenne perpétuelle, et les droits de l’homme et de fustiger la guerre, cette calamité dévastatrice. C’est ce qui rend le silence d’hier d’autant plus éloquent.
Car rien ne pourrait faire croire, pour en juger les auteurs, que cet avis de Bainville est faux ou qu’il ne pourrait s’appliquer à nouveau demain: “Ainsi les détails du traité sont un travail d’experts et de techniciens. L’ensemble, les grandes lignes sont de l’ouvrage d’amateur. De là lui viennent deux de ses traits dominants: un caractère moral prononcé, car il est facile de mettre des lieux communs de moralité à la place du raisonnement politique qui exige un effort intellectuel et une préparation particulière. Ensuite un caractère “économique” non moins accusé qui s’accorde avec le moralisme puritain.”
PS: TF1 n’a quand même pas oublié de fêter le 60ème anniversaire du journal télévisé, à chacun ses priorités.
Tombé par hasard sur cette information qui n’a rien de récent: une chercheuse israélienne en études sociales, les soldats israéliens refusent de violer les palestiniennes parce qu’ils sont racistes. La conclusion est inéluctable: « C’est le racisme démographique qui est à l’origine de cette attitude, car une grossesse consécutive à un viol amènerait à la naissance d’un Arabe de plus, et cela serait vécu comme une catastrophe au niveau national ! Il s’agit de lutte pour la possession du territoire ».
En soi cela n’a pour ainsi dire aucune importance. Il s’agit d’évènements lointains pour lesquels il est inutile de faire preuve de passion. Le seul et grand intérêt de cette étude est de démontrer l’étrange propriété des sophismes: former une proposition absurde à partir faits crédibles (que les soldats israéliens ne violent pas et qu’ils sont légèrement racistes). Surtout on constate que nous avons tout ce qu’il faut pour établir le même genre de conclusions nous concernant: des cuistres jobards qui abominent les discriminations doivent se tenir prêts à nous expliquer doctement que si les jeunes populaires du VIIe refusent de faire une tournante avec Rachida Dati, leur maire vénéré, c’est simplement par un coupable sentiment de supériorité sur les jeunes divers des banlieues; ce n’est pas une quelconque bonne éducation, mais un refus discriminatoire d’adopter les coutumes de populations qui ne demandent qu’à s’intégrer et de contribuer au métissage.
En dépit d’avis publiés par-ci par-là, je me suis rendu hier dans l’école laïque gratuite publique et obligatoire dans le désordre de ma commune. C’est un beau bâtiment en brique dont le nom fleure bon la fraternité républicaine, à la différence du stade situé en face qui puerait plutôt la fange révolutionnaire et le plomb des balles dans la nuque. J’ai d’ailleurs pu y vérifier que si les portiques promis par le gouvernement, l’opposition nationale localement au pouvoir avait pourvu à un légitime besoin d’ordre juste en y installant une gorgone, qui doit être présente à demeure puisqu’un petit garçon qui accompagnait sa maman à l’école lui a dit :”A demain!”. Vu l’âge de la gorgone, il n’est pas sûr que ce soit une initiative récente, mais comme la dernière fois que je suis aller à l’école c’était en 2007, je ne suis plus bien sûr.
Ce ne sont pas des considérations architecturales qui ont poussé un adulte d’esprit et de corps sain ou presque à se rendre librement à l’école primaire le jour du repos dominical. D’abord mon regard avait été attiré depuis une semaine par cet appel déchirant pour l’autodétermination du peuple tamoul au Sri Lanka (ex-Ceylan pour les amateurs de thé) lorsque je passais en revue une série de panneaux publicitaires à deux pas de chez moi*. Il faudra d’ailleurs dire aux écolos anti-pub d’arrêter d’étaler des slogans colorés qui brillent la nuit. Ensuite j’ai reçu une convocation gouvernementale avec plein de prospectus, de CV, de lettres de motivation et de candidature. Il paraît que c’était pour une action en faveur de l’emploi. Alors avec la crise, j’y suis allé faire un geste.
En plus, la semaine dernière dans le train, j’ai croisé un des gars dont je venais de recevoir la photo. D’après les gens qui l’accompagnaient il allaitfaire la première partie d’un spectacle de Marc Jolivet. C’est vrai que vu la manière dont ils étaient habillé, il était visible que leur patron il n’avait pas eu trop de succès jusqu’à présent et qu’il a juste les moyens de leur offrir des nippes récupérées dans un ashraam du Dalaï Lama, habits d’ailleurs confectionnés avec la laine du même animal. C’est peut-être à cause de ce geste généreux que le dit lama vient d’être fait citoyen d’honneur de Paris grâce aux amis de Marc Jolivet.
Quant à la tête d’affiche, elle aurait plutôt méritée d’être auscultée et de se faire dresser le portrait par le bon docteur Destouches plutôt que par un naïf. Un vrai guignol au regard sournois qu’il doit cacher derrière des verres fumés. Un gnôme vieillissant à la peau frippée. Pour son rôle de clown, son imprésario devra consentir des frais pour lui refaire la tignasse flamboyante qui a fait sa célébrité. En bref, un petit gros rabougri dans on se demande comment il a bien pu envoyer un général en exil à Baden (il est vrai que Baden n’est pas loin du Repos de Charles, mais bon). Avec son air, on sent bien qu’il est pour nous refiler un morceau de chienlit et qu’il en est réduit à servir de faire-valoir à des comiques de seconde zone ou à s’esbaudir grassement de ses derniers coups de veine. Tout à fait destiné à servir la chose publique! Mais hors de question d’être représenté par ça, question d’hygiène mentale.
Alors forcément, j’ai examiné un peu la concurrence, pas bien brillante, mais des postes étaient absolument à pourvoir. Aux trombines et aux slogans des postulants, ils ne semblaient pas tous aussi contre-indiqués les uns que les autres. Par exemple, il y avait un grand gars à l’air sympathique qui rejouait l’affiche de Rabi Jacob en posant avec un rabin et un arabe sur son affiche. Le côté comique jusque dans l’humour au ras des pâquerettes des slogans, pour un travail de représentation (si j’ai bien compris) c’est absolument impossible. Il ya avait aussi le patron d’un grand journall comique genre Pif Gadget, pas du tout mon genre. Alors dans le petit cabinet prévu à cet effet, j’ai employé le papier obligeamment fourni à l’entrée. L’endroit étant discret et isolé, j’ai pu me livrer à une action honteuse que la Halde réprouve: DISCRIMINER en fonction de l’âge, de la religion, de la couleur, des orientations politiques ou philosophiques, le tout en ayant bien décider de ne pas voter blanc. Et d’ailleurs j’avais cru comprendre qu’il s’agissait de choisir quelqu’un qui pourrait (ou non, le travail n’est pas contraignant) agir en mes noms et qualités dans un grand théâtre à Strasbourg, j’ai finalement voulu privilégier le côté tragédien. Pourtant ‘il a été dur de trouver quelqu’un ayant, même de loin, la tête de l’emploi.
Comme il paraît que c’est le comique que j’ai croisé dans le train qui a été retenu, je suis un peu triste parce que ce n’est pas lui que j’ai choisi, mais je suis content pour ses collaborateurs. Comme le travail est bien payé, il va peut être pouvoir les augmenter pour qu’il s’achètent des habits présentables.
Ah, s’ils avaient pu être choisis, le théâtre de Strasbourg aurait peut-être attiré du public.
* Cet appel est bien inutile depuis que la question a été réglée démocratiquement avec des chars le mois dernier.
Par fainéantise, ce blog est en jachère depuis un mois. Les sujets n’auraient pourtant pas manqué. Le magnifique appel de Thierry Mariton pour un emprunt forcé se serait bien prêté à de longs développements en dépit de son caractère confidentiel. Ne doutons toutefois pas qu’après le 7 juin il sera enfin entendu et promu par les gardiens de nos finances. Les polémiques sur le discours du Saint-Père en Terre Sainte auraient également pu être l’occasion de considérations érudites. C’est vrai que ce pape fut membre obligatoire des jeunesses hitlériennes et qu’il est naturel de se méfier de tout ce qu’il peut dire concernant la shoah et que nos résistants qui ont eu le courage et la vertu d’attendre pour venir au monde que la bête immonde se soit retirée ont raison de nous alerter. D’ailleurs à l’époque où il fréquentait le séminaire plutôt que les réunions éducatives des dites jeunesses, il devait déjà tramer de sombres desseins qui expliquent le peu d’attention que lui porta une police politique autrement plus méfiante habituellement avec le cléricalisme philosémite.
Même les amis inconnus qui m’envoient de beaux messages pour me proposer des liquidités à des taux usuraires, des voitures à des prix exorbitants ou autres expanseurs de sexe suédois et pilules aphrodisiaques auraient mérité quelques remerciements. Ce d’autant plus qu’ils n’hésitent pas à m’écrire en anglais, en allemand, en russe ou en chinois. Cette notoriété internationale fait chaud au coeur.
Même le beau mouvement démocratique des étudiants en “master d’arts martiaux et sciences politiques” de l’université de Lyon aurait pu faire l’objet de commentaires grinçants. Rassurons-nous, la pitoyable tentative cinématographique des factieux de l’UMP n’enraiera pas leur mouvement pour une université plus belle, plus juste, plus humaine.
C’est pourtant une simple promenade parisienne qui justifie ce retour. Quelle émotion de voir ce panneau arboré par un mendiant qui n’hésite pas à se séparer de jeunes chiots chers à son coeur en face de l’Académie française et écrit sur son morceau de carton: ” Une petite pièce pour manger, merci bocu”. Cet hommage à la beauté de la langue et à la syntaxe qui n’hésite pas à faire référence aux origines balkaniques du malheureux mérite un véritable éloge.
Pour celui qui a eu le courage de rajouter ce cri d’amour de la liberté, “Ni dieu ni maître”, à l’entrée nord de la cour carrée du Louvre, je reste plus circonspect. Se rend-il bien compte qu’à l’époque de la construction de la dite cour, il aurait amplement mérité l’estrapade pour son appel généreux? Une telle abnégation rétrospective laisse sans voix.
Moment de frayeur également en entrant au Palais-Royal. Une palissade interdit l’accès à la magnifique oeuvre de Buren. La menace de ce grand artiste aurait-elle été mise à exécution? Heureusement, il n’en est rien! Les bandes verticales blanches et noires sont traversées de hublots qui confirment que notre gouvernement a enfin pris la question culturelle au sérieux. La réfection de cette magnifique création est en cours. Quel plaisir de voir de l’argent si bien dépensé.
Enfin, cette belle inscription, “Dieudonné Soral Résistance”, pochée au seuil d’une station de métro d’un des derniers bastions de la ceinture rouge de Paris ne manquera pas de faire définitivement oublier les errements d’anciens communistes. Jacques Doriot sera définitivement balayé par ce mouvement qui balaiera définitivement l’influence sioniste. Désormais les communistes dissidents ne se fourvoieront plus avec l’occupant. Avec leurs camarades, ils resteront tous à la pointe de la lutte contre la tyrannie, la xénophobie.
Décidément la jachère a du bon, elle permet d’observer comment le bon grain chasse naturellement l’ivraie. Les belles inscriptions fleurissent un peu partout, et ce n’est que justice puisque c’est le printemps.