Regard Naif

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Pigeon et colonies

octobre 7, 2009 · Laisser un commentaire

Extrait des mémoires d’un français rebelle à propos de son séjour en prison en 1941-42:

Bien que je fusse au secret intégral, de temps à autre, lorsque je descendais dans la cour de la prison pour une courte promenade, le gardien avait la charité de laiiser bavarder quelques instants avec un tirailleur sénégalais qui réparait des capotes, indéfiniment dans un coin de palier. C’était avec les moineaux mon seul ami. Par morceaux, je finis par reconstituer l’aventure de cette victime de Leprêtre.

- Pourquoi es-tu ici tirailleur?

- Y en a mangé zoizeau, commandant.

- Quel oiseau?

- Pendant la retraite, y en avait tirailleur colmbofil. Pauvre nègre mort de faim, y en a mangé dernier pigeon. Adjudant y en a faire rapport.

- Et alors?

- Colonel Leprêtre y en a faire chercher tirailleur Sénégal et ramener avec les gendarmes, grand bateau.

Ainsi, il s’était trouvé un juge pour envoyer une commission rogatoire au Sénégal et convoquer ce délinquant aux fins de lui octroyer deux ans de prison pour colombophagie. On ne plaisantait pas à Vichy, sur les question coloniales.

Au cours de notre dernier entretien que j’eus avec ce superbe Bamabara noir comme les sept péchés capitaux, il ma lança en montrant ses dents éclatantes:

- La prochaine fois, tirailleur y en a manger l’adjudant.

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Acharnement

août 28, 2009 · 2 commentaires

Trouvé aujourd’hui ce morceau de  bravoure. Je crois que le destinataire n’était pas content.

Le 11 novembre 1926,

Quand Leipzig sera occupé par les troupes britanniques ou françaises, je la visiterai volontiers. Jusqu’à cet évènement  réjouissant (lequel devrait, espérons-le, se produire bientôt) je préfère laisser les Allemands résoudre eux-mêmes leurs difficiles affaires sans l’aide de l’argent britannique.

Fabrique de verre d’Australie occidentale, Wm Morand

Perth, Australie

 

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Libération

août 26, 2009 · Un commentaire

J’aime le mauvais esprit de Jean Yanne, c’est comme cela, je n’y peux rien.

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Digérer

août 17, 2009 · Laisser un commentaire

Louis XVIII:

Dites donc Bonaparte, comme tout le monde puisque cela lui fait plaisir. (Il rugit soudain tapant sur sa table.) Mais les victoires de Bonaparte, aussi, sont à moi, Monsieur! Décidément vous tombez de la lune et je vois que c’est avec les royalistes que je vais avoir le plus de fil à retordre. La France c’est couverte de gloire pendant les dix-neuf années où je faisais le pied de grue, expulsé lâchement à chaque traité de paix des royaumes de mes bons frères, à tour de rôle. Je ne vais tout de même pas rayer toute cette gloire, sous le prétexte que j’étais retenu ailleurs. Les guerres de l’Empire, je les prends à mon compte! Et la Révolution, pareil. Je la digère. Quelque fois je rencontre un os, comme Fouché, dans mon ministère. Je vomis, discrètement. Et je ravale. Cela ne regarde que moi si j’ai le haut-le-coeur. Je n’ai pas à faire la fine bouche, moi! Je suis l’estomac de la France. Il faut que je digère tout.

Jean Anouilh, La foire d’empoigne.

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En allant à Spa

juillet 6, 2009 · Laisser un commentaire

A propos de ce voyage de Rocroy, tout à coup, en allant de là à Spa, je rencontrai, au coin du jour, une cinquantaine de paysans armés. Je crus que c’étaient des voleurs. M. le comte d’Artois n’avait pas d’armes ni moi non plus. Au moment de que nous le regrettions cinquante vivats nous rassurent. C’était une bande de mes fidèles sujets qui avaient mauvaise mine, mais bon coeur, qui m’attendaient à la frontière de mon petit comté souverain d’Empire que je ne savais pas être sur mon chemin. Terre souveraine située dans l’Entre-Sambre et  Meuse, à quatre kilomètres de Mariembourg. Ils me menèrent régner sur mon rocher où il me fallut enrayer ma voiture tout le temps que je m’arrêtai pour recevoir les hommages du clergé et du magistrat; et puis je continuai ma route.

Mémoires du prince de Ligne

Comme quoi il fut un temps où on pouvait être un homme de cour et croiser une bande patibulaire dans une enclave territoriale sans se faire molester.

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Et Versailles?

juin 29, 2009 · Laisser un commentaire

- Versailles? Connais pas Versailles! Je ne sais pas où se trouve Versailles! Personne ne sait où se trouve Alésia!

Ce serait d’après certaines rumeurs la réaction de nos gouvernants lorsqu’on leur demande s’ils savent où a été signé le fameux traité de paix de 1919. Ce bruit est certainement colporté par des esprits mal intentionnés, mais il faut remarquer que le silence autour de ce traité est assourdissant. Il est vrai que la paix du monde est menacée par la mort de Mickael Jackson et le rôle de son médecin dans les troubles de intestins iraniens.

Pourtant la frénésie comémorative aurait du sévir encore une fois. Un zeste de repentance rattaché à une petite mention des heures les plus sombres de notre histoire, rien n’était plus facile que cette occasion pour un tel coquetèle. Il est vrai qu’il aurait fallu mentionner que ce fut l’oeuvre de politiciens progressistes qui en ont profité pour manifester une drôle de tolérance à l’égard du vaincu. Le droit des peuples, la démocratie et la morale furent déjà les piliers d’un désatre, alors il est vrai qu’il faut peut-être le cacher au bon peuple, et on  se contente du  11 novembre, une belle opportunité d’adorer la paix européenne perpétuelle, et les droits de l’homme et de fustiger la guerre, cette calamité dévastatrice. C’est ce qui rend le silence d’hier d’autant plus éloquent.

Car rien ne pourrait faire croire, pour en juger les auteurs, que cet avis de Bainville est faux ou qu’il ne pourrait s’appliquer à nouveau demain: “Ainsi les détails du traité sont un travail d’experts et de techniciens. L’ensemble, les grandes lignes sont de l’ouvrage d’amateur. De là lui viennent deux de ses traits dominants: un caractère moral prononcé, car il est facile de mettre des lieux communs de moralité à la place du raisonnement politique qui exige un effort intellectuel et une préparation particulière. Ensuite un caractère “économique” non moins accusé qui s’accorde avec le moralisme puritain.”

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PS: TF1 n’a quand même pas oublié de fêter le 60ème anniversaire du journal télévisé, à chacun ses priorités.

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Soutien conditionnel à Bergé

mars 4, 2009 · Laisser un commentaire

Ces derniers jours, le Figaro, le grand journal d’Etienne Mougeotte, a organisé un Tribunal populaire sondage pour conclure à la nécessité de contraindre l’ignoble Pierre Bergé à rendre gorge  d’une part et d’autre part à l’Empereur Céleste de Pékin deux bronzes que des soldats français eurent l’audace et le courage de soustraire à la destruction lors de la destruction malheureuse du Palais d’été de l’empereur de Chine en 1860. On ne soulignera d’ailleurs jamais assez l’abnégation de ces hommes qui partout dans le monde sauvèrent de la destruction des trésors artistiques en les soustrayant aux destructions guerrières pour les mettre à l’abri en notre paisible Europe. Penser que des mauvais esprits appellent pillage ces actions désintéressées de préservation des Arts et des Lettres.

Or donc, voici que les potentats chinois actuels réclament ces bronzes, sous prétexte qu’il s’agirait de trésor nationaux qui ne devraient pas servir à enrichir une culture étrangère ou un de ses plus éminents représentants. Faisons d’abord remarquer à ces gens de mauvaise foi que s’il n’y avait pas eu vers 1860 de valeureux Français prêts à s’entendre avec les perfides Britanniques pour écraser les dangereux impérialistes capitalistes qui exploitaient le peuple chinois à l’époque, l’empire du milieu n’aurait jamais été fécondé par la pensée sublime de Marx et Lénine, que Mao n’aurait jamais réussi à marcher jusqu’à Pékin et que donc ils seraient toujours à pousser la houe pieds nus dans des rizières nauséabondes, plutôt qu’à jouer les étoiles de la finance. Donc ces gens sont des ingrats et deux bronzes, ce n’est pas cher payé pour les services que nous leur avons rendu à eux personellement.

Voyons ensuite l’aspect pratique. Il faut reconnaître que nous subissons à l’heure actuelle un déferlement de camelote chinoise et que nous en patissons. Alors oui, ces bronzes doivent pris comme des symboles et des précurseurs de cette invasion. Rien ne saurait être plus faux que de rendre les symboles sans s’occuper de la matière qu’ils représentent. Pierre Bergé doit donc tenir jusqu’à ce que la Chine se décide vraiment à reprendre ce qui lui appartient et renonce définitivement à envahir nos demeures, nos marchés, nos rues de produits ni faits ni à faire. Ils veulent les bronzes, qu’ils prennent les tonnes de frusques qui se déchirent au premier accroc, les monceaux de jouets trafiqués à la dioxine, les tombereaux d’appareils électro-ménagers qui tombent en panne pour un oui ou pour un non, les hordes de pékinois qui salissent nos trottoirs et rendent nos anciens neurasthéniques. Alors nous devrons être prêts à leur offrir un bon prix de tout cela et même à leur fournir la main d’oeuvre nécessaire au déménagement et au rangement de tous ces objets qui nous encombrent. Avec Pierre Bergé, affirmons à la Chine: tout ou rien, les bronzes et la camelote, pas de détail ou de marchandage inutile.

PS: J’espère que c’est la dernière fois que j’aurais à prendre la défense de Pierre Bergé par solidarité de capitaliste occidental arrogant.

 

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Qui connaîtra monsieur Pinard?

février 23, 2009 · Laisser un commentaire

Pour celui qui se plonge à corps perdu ou défendant dans des revues vénérables pour extraire la sagesse de nos ancêtres, une question récurrente surgit: qui étaient les doctes personnages qui, il y a moins d’un siècle pontifiaient sur les migrations des drosophiles arctiques, ou les talents d’Hégésippe Simon, précurseur et éducateur de la démocratie. Il ne reste que quelques signatures éparses ici où là que seules des fourmis seraient capables de relier pour reconstituer la pensée cohérente des sénateurs qui en 1913 étaient prêts à se rendre à Poil dans la Nièvre pour célébrer le héros précédemment cité, mais comme les fourmilières sont interdites dans les bibliothèques, cela ne se peut. Bien sûr un érudit finit parfois par retrouver la trace du discours de tel grand homme ou de la profondeur de ses réflexions parue dans la revue des sciences humaines, sociales et exotiques publiée mensuellement par l’académie de Vesoul de 1787 à 1939. Le lecteur notera d’ailleurs que la dissolution de cette prestigieuse société savante est une des graves conséquences de la tyrannie réactionnaire qui s’abattit alors sur la France.

L’abandon ne devrait pourtant pas être le sort commun de ces intellectuels méconnus. Ils devraient briller encore une  fois lorsque les barbares reviendront. Ceux-ci sauront eux aussi mettre à profit les monceaux de sagesse accumulés sur des rayonnages obscurs. Ils les mettront une dernière fois à l’air libre dans un grand feu de joie qui réchauffera leurs carcasses et fera cuire leur roti. Plus tard, quand il y aura à nouveau des archéologues, on retrouvera quelques feuillets qui se seront envolés et auront servi à emballer du poisson, ou en creusant on remettra la main sur tel numéro d’une gazette prestigieuse qui calait une table au fond d’un appentis. Alors des questions métaphysiques comme l’origine du mot pinard trouveront enfin une réponse. La vieille légende d’un sénateur qui aurait fait attribuer une ration de vin en récompense au dévouement des soldats serait enfin contredite. On s’en douterait déjà depuis la redécouverte des pensées de Roselyne Bachelot, philosophe  et hygiéniste influente du XXIème siècle.

Alors quand on tombera sur un lot d’exemplaires de la Lanterne oubliés dans sa cave par quelque érudit qui renonça à emporter cette histoire précieuse et magistrale du règne de Napoléon III, ce nouvel Achab, on trouvera enfin le fin mot de l’histoire dans les écrits du grand chroniqueur Henri de Rochefort-Luçay.

Ce passage éclairera définitivement nos descendants:

Le ministre de l’intérieur avait pour me couler à tout jamais, un moyen bien facile: c’était de m’accorder immédiatement ce que je lui demandais. En effet si quelques journalistes ont pu se déclarer surpris de ma voir solliciter une faveur de cette nature, ils l’eussent été bien davantage en apprenant que je l’avais obtenue par retour du courrier.

- Ah ça, n’eussent-ils pas manquer de se dire, comme c’était leur droit, M. Rochefort, qui pose pour  l’indépendant et même l’intraitable, il paraît qu’il n’est pas  avec le pouvoir aussi en froid qu’il voudrait le faire supposer puisqu’il obtient au premier mot des autorisations qu’on refuse à tant d’autres.

De là à être appeler mouchard, il n’y a qu’un tout petit pas. (…)

Aussi, une fois ma lettre mise à la poste, je l’avoue, j’eus peur. Je me réveillais quelque fois la nuit pour me faire ces réflexions: “Si le ministre est aussi intelligent que le prétendent ses amis, je suis perdu. Il va me répondre par un “oui” charmant, et pour peu qu’il donne à la Lanterne le privilège des annonces judiciaires, il ne me restera plus qu’à me brûler la cervelle.

Plusieurs camarades à qui j’avais fait part de mes inquiétudes m’assuraient d’autre part que M. Pinard était bien trop fin pour donner dans le piège.

Heureusement, ils se trompaient, M. Pinard est peut-être fin, mais à coup sûr, il ne l’est pas trop; car, après quelques jours d’ intolérable attente, je reçus, signée de lui, une lettre où il me refusait sans commentaire. J’étais sauvé!

C’est cela la vérité. L’intelligence de ce ministre Pinard était tellement obscurcie que cela en était devenu proverbial. Et par quoi son intelligence pouvait-elle être ainsi obscurcie si ce n’est par l’abus de  vin, cette dangereuse boisson alcoolique qui était alors si facilement disponible en vente libre et que l’affreux gouvernement n’hésitait pas à employer pour corrompre le peuple en en faisant des distributions gratuites dans des fêtes aux côtés desquels les abominations d’Achab et de Jézabel passeraient pour de gentilles fantaisies. Les sages ne furent pas dupes et désignèrent ce breuvage malsain du nom du corrupteur éthylique.

La vérité est enfin rétablie et les générations à venir ne devront pas négliger de maudire ce Pinard.

Le pinard, cette abomination, cause des maux sociaux des temps anciens.

Le pinard, cette abomination, cause des maux sociaux des temps anciens.

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Verdun

février 21, 2009 · Un commentaire

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Pour évoquer un des évènements du siècle dernier,  qui débuta il y a de nombreuses années jour pour jour, je m’en remets à une vraie plume.

Deux combattants de Verdun s’accordent, et même se font des politesses sur la valeur respective de leur armement: “Mais non, vos obus étaient les plus à craindre. Non, non, c’étaient les votres.” Tout le monde est au fond de soi convaincu qu’il n’y a que deux soldats au monde, le soldat français et le soldat allemand. Seulement lorsque j’entends un Français et Allemand de Verdun qui parlent de “leur” guerre, je sais qu’au fon de lui, le Français se dit: après tout, Verdun, c’était chez moi, et que cette réserve l’empêche de se donner entièrement au plaisir de la chevalerie et de la réconciliation après le combat; et, tout naïvement, l’Allemand ne comprend pas cette réserve.

Je ne crois pas que les peuples puissent jamais se comprendre. Je ne crois pas aux rapprochements, ni par les élites ni par les masses. Je crois à la prudence et je crois à la nécessité. Il s’agit de les saisir toutes les deux.

Les sept couleurs

Vu du ciel, Douaumont décembre 1916

Vu du ciel, Douaumont décembre 1916

Vu du sol

Vu du sol

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Dresde et l’histoire au tribunal

février 15, 2009 · Laisser un commentaire

Il y a soixante-quatre ans, la ville de Dresde a été rasée par les bombardiers de la perfide Albion. Cet épisode est un des sommets atteints par l’espèce humaine pour prouver son talent à détruire le maximum de vie et de trésors historiques en un minimum de temps. Ce fut peut-être même un record d’efficacité qui malheureusement ne tint pas un mois, puisque les Américains ne supportent pas d’être battus, quelle que soit la compétition.

Il est heureux d’ailleurs que ce type de concours ait quelque peu cessé depuis, et qu’ on s’en soit tenu à des arpents de sable déserts, aux solitudes glaciales de Sibérie ou aux mers lointaines pour tester les outils qui auraient permis de faire pire en termes de destruction instantanée au moindre coût.

Dresde mérite donc de figurer avec les sacs de Constantinople ou de Magdebourg au nombre des symboles de notre étrange capacité à réduire en cendres ce que nous devrions préserver. Ces épisodes sont certes des inepties, mais ils sont surtout des objets de réflexion. Ils doivent être traités avec précaution, et examinés sans relâche pour tenter de comprendre comment il est possible de maîtriser les fureurs guerrières. C’est une tâche d’historien, et peut-être le meilleur service qu’ils peuvent rendre à nos gouvernants.

Il y a toutefois un risque dans cette tâche, celui de vouloir régler les questions posées dans un tribunal. C’est ce qui m’agace quand je lis ce que des conservateurs allemands, généralement intelligents et agréables à lire, suggèrent au sujet de Dresde. Un tribunal pour crime de guerre pour Dresde, la belle affaire! Qu’un bolchevique comme Gayssot veuille écrire l’histoire dans les prétoires n’a rien  d’étonnant, mais de la part de gens qui se veulent sages?

Un tribunal, cela a vocation à régler définitivement la question pour les contemporains, à faire cesser les débats, à régler les comptes et à mettre un point final. Alors lorsque les acteurs sont vivants et que les plaies saignent, c’est une manière de cautériser. Après soixante ans: une manière de vouloir revenir en arrière et changer le chemin parcouru? un prétexte à revendications?

Plutôt que de vouloir obtenir aujourd’hui réparation pour des méfaits anciens, il serait plus utile d’appliquer les vieilles recettes de la loi Hébraïque: ce bouc émissaire qu’on charge des péchés et qu’on envoie régulièrement dans le désert, et ces malédictions qui s’éteignent avant trois générations.

La femme de Lot se retourna et fut transformée en statue de sel

La femme de Lot se retourna et fut transformée en statue de sel

Finalement, face à ce type de drame, il me semble exister deux voies:

  • se retourner, en voulant refaire le chemin parcouru et trébucher sur la première pierre,
  • garder en mémoire les dangers rencontrés et poursuivre sa marche en guettant ceux qui pourraient leur ressembler.

La première conduit à traîner l’histoire au tribunal, la deuxième à essayer de s’en servir comme bâton, et c’est sûrement plus difficile.

Catégories : Ci-devant · Sculpture de fumée
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