Au commencement était une simple idée de billet visant à soulager un agacement né en regardant un documentaire sur l’espionnage entre les Allemagne. Le titre était simple: Qui a gagné la Guerre froide? En fait je n’arrivais pas à ramasser et à condenser mes idées, et selon une habitude personnelle, j’ai procrastiné et ruminé. Et la même irritation est revenue en revoyant ici le débat sur Soljenitsyne avec Jean-Luc Mélanchon dans le rôle du clown rouge. Et puis, il y a 70 ans, c’était le fameux pacte entre les deux plus monstrueux régimes révolutionnaires. Dans l’impossibilité de faire cours, j’ai choisi d’entamer une suite qui comprendra un nombre indéfini de numéros, nombre toutefois supérieur ou égal à un.
Venons en au fait. Mes neurones ont une tendance irrépressible à disjoncter en entendant Mélanchon expliquer doctement qu’en tant qu’ancien trotskyste, il a toujours condamné les crimes commis par Staline et que pour la France, c’est Robespierre qui a donné la liberté à la Nation. Disque rayé, certes mais dont la capacité de nuisance est bien illustré par le documentaire évoqué plus haut. Il a du être réalisé vers 2000 et offrait cet immense intérêt de donner l’occasion d’entendre le témoignage des anciens dirigeants des services ouest-allemands et est-allemands ainsi que d’anciens espions de la RDA en RFA sortis de prison à ce moment-là.
Voir des gens qui ont trahi leur pays pour une dictature communiste a quelque chose d’écoeurant de prime abord. Cette secrétaire qui explique que non elle n’était pas une espionne bien qu’elle donne des copies de ce qu’elle tapait pour le président de la RFA et qu’elle utilisait un tube à rouge à lèvres équipé d’un appareil photo pour se refaire une beauté au bureau, donne quelques envies de pendaison. Comme cette autre qui explique que, bonne bourgeoise, elle a été recrutée pendant qu’elle faisait une étude de sociologie politique en RDA, et qu’après être entrée dans les services ouet-allemands comme taupe elle a refusé de se faire des amis chez ses compagnons de travail. Et ce dernier, tout fier d’avoir évité une guerre nucléaire en envoyant directement des copies à Berlin-est des documents les plus confidentiels de l’OTAN. La raison oblige à rentrer ses envies de meurtre dans la mesure où ils ont été condamné et ont purgé leur peine. Ils ne méritent plus que d’être des témoins d’un passé révolu, ce qu’ils étaient dans cette situation.
J’arrive même à admettre que Markus Wolff, le patron de la Stasi, n’aie pas été condamné. Ayant la conviction générale qu’en matière de crime politique la vengeance et la chasse sans trêve des perdants est une erreur, je ne pense absolument pas qu’il méritait une exception.
Le vrai problème se pose à l’évocation du plus important transfuge est-allemand passé à l’ouest avec informations et bagages. Ayant eu la veine d’échapper aux griffes de ses concitoyens, il a été condamné à mort par contumace. Là où les allemands de l’ouest au service de l’est évoquaient leurs motivations par, entre autres, leur rejet de la société de consommation pour un idéal socialiste et pacifique, son témoignage aurait du être capital. Malheureusement sa sécurité n’est pas assuré dans la mesure où certains veulent encore lui faire la peau, et il est obligé de vivre caché en Hongrie!
C’est là le noeud du problème posé par l’utopisme socialiste, il est toujours possible d’en faire la promotion, mais les renégats qui ont choisi d’en fuire la réalité portent encore l’infâmie de leur apostasie.