J’aime le mauvais esprit de Jean Yanne, c’est comme cela, je n’y peux rien.
J’aime le mauvais esprit de Jean Yanne, c’est comme cela, je n’y peux rien.
Catégories : Ci-devant · Grâce aux Lumière
Tagué : cela aurait pu être Audiard, Jean Yanne
Inciter de rares lecteurs à aller voir un film polonais à peine diffusé en France (quatre ou cinq salles à Paris) pourrait sembler louffoque, pourtant le dernier film d’Andres Wajda est une grande réussite.
Au plan cinématographique, une image sobre prévient les effets de pathos trop appuyés. La réussite tient dans ce qui est le plus dur dans ce type de film, le scénario. Le film est construit comme un véritable puzzledont toutes les pièces seraient marquées du sceau du massacre. Pourtant, et c’est là la qualité de l’oeuvre, le massacre lui-même empêche le puzzle de s’assembler.
Et si on juge un bon film aux sentiments à la sortie du cinéma, celui là laisse une marque; il est long en bouche comme un bon vin. Surtout on a un regard étonné sur l’animation de la ville en sortant de ce bain en Pologne. C’est peut-être pour cela qu’il est snobé par la diffusion française, parce qu’en ne laissant pas indifférent, Katyn est profondément subversif. A voir tant qu’il est temps.

Catégories : Grâce aux Lumière
Il eut été inconvenant de laisser passer une si belle journée vouée à l’exhibition de l’affirmative féminine sans saluer les courageuses et glorieuses défenderesses du matriarcat. Face à des hordes de mâles furieux, obscènes et vindicatifs qui brandissent leur phallus tel un gourdin pour asservir leurs compagnes telles de modernes esclaves, elles prennent tous les risques pour désigner le plus redoutable des machos, le dangereux cardinal archevêque de Paris et elles sont prêtes à faire barrage de leurs corps et de leurs cris.
Ces chiennes de gardes, puisque c’est d’elles qu’il s’agit, sont pourtant tout à fait pacifiques, ceux qui en douteraient seront d’ailleurs mordus jusqu’à ce qu’ils reconnaissent leurs torts. Leur site en témoigne comme le prouve cette capture d’écran.

Programme de chasse des chiennes de garde
Seule l’arrogance atavique et sui generis de la gent masculine arrive à leur faire perdre leur douceur naturelle et dissipe leur extraordinaire absence d’agressivité, ce sont ces salauds qui les contraignent à suivre cette règle: Réunies en meute, les Chiennes de garde vaccinent des machos publics contre la rage sexiste ordinaire.
Et oui la rage sexiste est ordinaire, le traitement cynégétique s’impose, dans le calme et la décontraction: Haro sur le macho!
Leur rage fait plaisir à voir, et certainement le soir au port falot, carrées dans des coussins profonds, la chienne de garde, au gré de la fumée grise se représente son plus beau rêve de vénerie, le générique du film La Chasse à l’homme (à voir à l’occasion).
PS: capture d’écran de vendredi soir, les titres de www.chiennesdegarde.com ont changé légèrement.
Catégories : Grâce aux Lumière · Jeu de massacre
Tagué : chiennes par mégarde, Halde à la phallocratie, hallali, les oreilles et la queue de monseigneur, toréador prends garde
Catégories : Grâce aux Lumière
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La fabuleuse histoire d’un militaire chilien épicurien. Un homme qui n’a pas hésité à se salir les mains pour ses idées.

Le chef d'oeuvre oublié d'Eisenstein
Catégories : Grâce aux Lumière · Jeu de massacre
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On m’a reproché d’exprimer du dédain pour l’élégance contemporaine. De jeunes hommes glabres, minces, moulés dans leurs frusques sont peut-être préférables à des barbares barbus et basanés.
Quitte à être dans un monde en train de disparaître, je préférerais que cela ait un peu d’allure, quelque chose comme dans Autant en emporte le vent.
Crinolines et dolmans devraient être de rigueur dans une société qui meurt.
Catégories : Grâce aux Lumière · Heurs et humeurs
Tagué : Autant en emporte le vent, avant la chute, élégance, interlude
Absent quelques jours, je vous laisse profiter de ce petit extrait du Monocle rit jaune.
Et j’en profite ici, pour le répéter, Gaza c’est fini.
Catégories : Grâce aux Lumière
Tagué : Gaza c'est fini, monocle, Normandie, Paul Meurisse
Le conservateur a récemment fait une mention à Apocalypse now. Toutefois au vu de certains éléments, on peut se demander s’il n’a pas fait référence à un défenseur caché des zeureslesplusombreetc…
Voyons d’abord ceci qui est bien connu:
Et maintenant regardons cette autre vidéo plus ancienne à partir de la troisième minute.
Francis Ford a du aller chercher son inspiration quelque part, n’est-il pas?
Catégories : Grâce aux Lumière · par hasard
Tagué : apocalypse now, walkyrie
Chaque cinéphile doit avoir son film de référence, celui qui lui sert au delà des questions de photo, de montage, de jeu des acteurs, de musique et de scénario à se représenter réellement ce qu’est un chef d’oeuvre. Pour moi ce film est la Grande Illusion, choix peut-être banal, mais l’ayant regardé de nombreuses fois, je constate toujours que ce choix est le bon.
Jean Renoir a su y réunir avec une grande économie de moyens tout ce qui fait un monument du cinéma. Chaque détail y est à sa place et l’ensemble est une réussite. Tous les plans sont cadrés précisément pour tirer au mieux pari du jeu d’acteurs talentueux. Stroheim, Gabin, Fresnay, Dalio et Dita Parlo y sont au meilleur de leur forme. Les personnages secondaires sont à l’image de Carette, plus que des faire-valoir.
Pour le scénario, cette histoire de prisonniers évadés est rendue parfaitement crédible par l’enchaînement des scènes qui s’emboîtent sans accroc. Quelques ellipses préviennent tout temps mort. Partout la caméra est judicieusement placée, et elle ne bouge que lorsque c’est nécessaire. La violence de la guerre est rendue à petites touches. En permanence un détail rappelle au spectateur que ce film n’est pas un vaudeville, mais une histoire d’hommes au milieu d’un conflit auquel ils ne peuvent échapper.
Il y a la musique de Joseph Kosma aussi. Elle s’éveille au bon moment en profitant d’artifices comme le gramophone. Et elle déraille à point comme le gramophone au moment où on pourrait croire à un apaisement. En fond sonore, la rumeur des chants de corps de garde rappelle également qu’il ne peut y avoir de tranquillité.
Deux détails donnent une idée du génie d’ensemble et de détail de Renoir. Lorsque Boëldieu-Fresnay dit à un de ses compagnons: “A voir vos citations, être végétarien ne vous a pas empêché de faire votre devoir.” Et que celui-ci répond alors qu’on lui met une fraise qui lui donne l’air d’un arlequin: “cela ne m’a surtout pas empêché d’être cocu.” Ou bien quand dans une scène l’adjoint de Rauffenstein-Stroheim explique doctement que lui (à la différence de son chef) il sait comment il faut traiter une telle bande d’idiots (les prisonniers), parce que lui il était en fait professeur. Et dans la scène suivante, un gigantesque chahut des prisonniers, son alter ego français, traducteur de Pindare, s’écrie: “Je comprends mes élèves, je ne me suis jamais autant amusé!”
Enfin, après avoir vu la Grande Illusion, il n’est plus possible d’entendre “il était un petit navire” sans ressentir un petit quelque chose.
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Il peut-paraître impudent de s’attaquer à ce qui est unanimement reconnu comme un grand film. Si on aime pas, il conviendrait peut-être de le passer sous silence. Mais comme on approche du 90ème anniversaire de la Victoire de 14-18 et que j’en ai déjà vu une image en affiche d’une manifestation commémorative, je crains que les Sentiers de la Gloire ne soient employer à tort et à travers pour représenter ce qui serait l’absurdité de la Grande Guerre.
Comme toute oeuvre qui s’appuie sur un contexte historique bien circonstancié, le film de Kubrick mérite d’être examiné sous deux angles: d’une part son aspect esthétique et d’autre part la crédibilité de la représentation historique.
Du point de vue cinématographique, les scènes de patrouille de nuit et d’attaque sont de superbes réalisations. Kirk Douglas est égal à lui-même. C’est le cow-boy en chef qui mène ses soldats comme il conduirait un troupeau de vaches dans une réalisation de John Ford. C’est pourtant là que le bat commence à blesser.
Un colonel d’infanterie française de la Grande Guerre, c’est tout de même assez loin de Spartacus ou d’un vacher en chef des Etats-Unis. Au fond ce qui ressort de ce film, c’est que Kubrick n’a rien compris aux combattants français et à leurs chefs. D’ailleurs ceux-ci le lui ont bien rendu et à juste titre en faisant interdire ce film à sa sortie en France.
Pour en venir à l’aspect historique, la première erreur est de présenter un conseil de guerre français sous la forme d’un procès américain à grand spectacle. Ce serait simplement comique s’il n’y avait d’autres choses. Les combattants sont plus ou moins présentés comme des boeufs qui ignorent pourquoi ils se battent, alors que nos ancêtres de 14-18 avaient bien conscience que c’était le sort de leur pays qui se jouait. Surtout, la présentation des grands chefs verse dans une caricature éhontée. Que des généraux aient exigé des sacrifices inutiles est certain, mais la présentation qui en est faite dans le film correspond uniquement à un schéma idéologique. Les chefs de la Grande Guerre avaient le sens des responsabilités. L’image du général qui joue l’absent pour ne pas être responsable d’une exécution est absurde. Jouer à Ponce Pilate pour satisfaire le caprice d’un sous-ordre n’était pas au goût du jour. Preuve en est que dès 1915, le recours en grâce a été réintroduit pour les condamnations à mort. Ce principe n’a été momentanément suspendu qu’au printemps 1917, et à ce moment, le commandant en chef s’est réservé personnellement l’examen du cas des condamnés à mort en conseil de guerre.
Au final ce film ouvre la voie à une représentation biaisée et n’apporte un éclairage que sur les a priori du réalisateur et de manière plus générale sur le dédain anglo-saxon envers les Français. Si l’armée française de 14-18 mérite d’être critiquée, elle ne mérite pas d’être condamnée dans une production qui reprend à mauvais escient le cliché hollywoodien du chef intégre qui lutte seul à la tête de victime contre toute une série de supérieurs indignes (même si là, le happy end n’est pas nécessaire puisque l’action se passe chez ces damnés frencies.).
Pour comprendre pourquoi ce film est mauvais, il suffit simplement de s’apercevoir que la guerre de 14-18 na rien à voir avec la révolte de Spartacus, surtout quand cette révolte est vue par Hollywood.
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