Regard Naif

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Malentendus

octobre 13, 2009 · 2 commentaires

Un astrologue pourrait sans doute l’expliquer en décrivant la grande ourse qui se met devant la petite pour la protéger du crabe qui s’approche de la lune, ou par les perturbations provoquées par la triple conjonction des signes du rat, du pigeon et du maquereau qui devrait perdurer jusqu’en 2012. Toujours est-il qu’il faut le constater l’époque est aux malentendus.

En football, si le Bébel a refusé de jouer contre le Paris Foot Gay, ce n’est rien qu’une horrible incompréhension. La modestie banlieusarde ne pouvait accepter le soupçon de vouloir se mettre en avant dans une opération publicitaire. Ils ont donc préférer un forfait maladroit à une médiatisation dont ils se sentaient indignes. Toutes les bonnes âmes sont intervenues et ils ne seront pas victimes d’une défaite par forfait comme l’eut été un vulgaire groupe sorti d’un patronage. Ils ne subissent aucune discrimination et , revenus sur leur erreur,  joueront comme prévu, devant les caméras. On pourrait presque croire que c’était une manipulation pour compter les esprits forts que cela ferait ricaner.

D’ailleurs,, on voit bien combien la vigileance est importante. Bien entendu,  heureusement qu’il existe de gentilles associations bénévoles pour se faire les juges et protecteurs de nos libertés. C’est comme cela qu’elles sont bien gardées.

Malentendu aussi quand le gouvernement a une bonne idée. Il est vrai qu’on en a perdu l’habitude et que la chose paraît de prime abord spécialement absurde. Surtout qu’il s’agit d’une chose dont l’idée même a été longtemps perdue: envisager de récompenser des gens méritants qui font un effort. Il y a surement des aspects critiquables dans le projet de cagnotte pour les classes assidues aux études dans les lycées professionnels. Pourtant c’est bien ce que fait l’Etat avec succès dans les meilleures formations supérieures, Ecoles Normales Supérieures, etc… Et sans veiller à la présence systématique des bénéficiaires. Alors envisager de primer des élèves ou des classes en lycée professionnel, pourquoi cela est-il détestable au fond? Dépenser 10000 euros pour une classe de ce genre est-il plus idiot que de laisser presque gratuitement des jeunes gens de 23 ans redoubler chaque année en licence de droit et cumuler le statut d’étudiant et celui d’élu au suffrage universel dans un endroit ou même un âne avec la bonne étiquette politique serait élu au premier tour.

Malentendu encore, quand des gens pas idiots accumulent les sophismes pour justifier ce qui ne peut l’être. C’est vraiment le sentiment qui étreint quand on entend des peronnes intelligentes comme Darcos et Fillon répondre aux questions qui leur sont posées sur les sujets du jour.

Malentendu toujours quand Barack Obama reçoit le prix Nobel de la paix. Pourquoi critiquer une décision aussi naturelle? A quelques rares exceptions ce prix récompense des fauteurs de guerre à grands coups de discours lénifiants. Alors maintenant qu’on tient un modèle du genre, il serait dommage de l’oublier. Regardons ses performances. Il a remis au goût du jour le principe du désarmement nucléaire pour les autres. A peine sorti d’une guerre contre le terrorisme, il en réinvente une autre en Afghanistan  où il ne saurait tarder à renforcer ses troupes au moment où celles-ci ont l’impression de se battre sans cause. Une guerre sans cause, plutôt que pas de cause de guerre, n’est-ce pas un idéal pour un Nobel de la paix?

Le vrai malentendu, en fait, c’est de croire que ce monde n’est pas diablement surréaliste.

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Communiqué

septembre 7, 2009 · 5 commentaires

J’ai eu la surprise de recevoir un courriel étrange hier. C’était une demande en bonne et due forme de diffusion d’un communiqué administratif. En bon citoyen, humblement soumis à son gouvernement et aux succursales d’icelui, je me suis exécuté.

Voyons d’abord le texte introductif:

Mon cher Naïf

L’acuité de votre regard m’intéresse depuis longtemps. Vous savez faire preuve d’impartialité.  Votre honnêteté intellectuelle ne peut jamais être prise en défaut, et vous osez témoigner d’un esprit critique et caustique qui font de vos chroniques l’endroit idoine pour porter le fer et le battre tant qu’il est chaud.

Dans les difficultés où je me trouve coincé, j’ai l’honneur de vous confier mon espoir et mon salut, dans le communiqué joint. Je vous prie de bien vouloir le diffuser.

Vous pouvez également publier cette missive introductive qui reflète mon profond désarroi dans ces circonstances pénibles. Je suis certain que vous saurez également me réconforter par quelques commentaires à propos et un ou deux traits de cet esprit léger qui vous caractérise.

En vous priant de croire à mon profond respect, votre très dévoué

Louis S…

P.S.: Je vous prie tout de même de respecter un nécessaire anonymat.

Cette touchante démonstration d’affection administrative dans un style d’énarque qui a besoin de vous a attiré ma bienveillante attention. C’est avec la plus grande stupeur que j’ai pris connaissance du communiqué qui suit. J’avais beau être légèrement au courant, ce geste osé m’a franchement réjoui.

Communiqué du président de la H…

Depuis sa création la H… s’attache à faire tomber les barrières des préjugés pour garantir un meilleur vivre ensemble. Elle promeut un renoncement aux genres et aux identités pour un épanouissement tolérant des diversités citoyennes. Dans son action elle a demandé et obtenu le concours des autorités publiques et de tous les corps de métier. Les minorités rétives à son action, voire hostiles, étaient jusqu’à présent en cours de réduction par l’effet combiné d’une condamnation fraternelle et d’une main tendue avec un fouet.

Pourtant aujourd’hui le secteur du bâtiment et de la  construction s’engage dans la voie d’un retour en arrière rétrograde et désastreux. Alors que les carreleurs, les charpentiers, les plâtriers, les plombiers, les électriciens s’apprêtaient tous à prendre part à l’édification d’un monde meilleur, plus ouvert, plus divers, plus solidaire, mieux quoi, un noyau hostile refuse ouvertement de collaborer. La flamme de l’aube nouvelle des lendemains radieux doit-elle s’éteindre? Non, en tant que président de la H… je l’affirme notre avenir passe par la collaboration à cette oeuvre titanesque. Le noyau de maçons qui refuse d’intégrer nos soeurs les femmes se mettent en travers de notre marche vers l’avenir. Aucune considération rationnelle, raisonnable ou non ne peut leur servir d’excuse. Cette corporation qui a pourtant tant oeuvrer jusqu’à présent doit relancer son effort.

Pour contribuer à la conscientisation de ces quelques mâles attachés à des prérogatives hors d’âge, une grande campagne d’information et de communication doit être lancée au travers d’un concours d’affiche. La H… attend tous les concours pour illustrer son nouveau slogan:

“Ce n’est pas parce qu’un homme porte un tablier qu’il est un ami des femmes.”

Malgré, quelques réticences personnelles, je n’ai pu résister à ce cri du coeur éperdu. L’appel de cet âme brisée méritait quoiqu’on en pense d’être diffusé, vilà qui est fait.

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Le 4 septembre pour les nuls

septembre 4, 2009 · Un commentaire

Chacun a remarqué que toute ville française qui se respecte compte en plus de son avenue du général de Gaulle une  rue du 4 septembre. Remarquons ici que comme l’avenue du général de Gaulle est souvent une avenue du maréchal Pétain rebaptisée, la rue du 4septembre a abandonné le nom de rue Napoléon. Sic transit gloria mundi.

Pour comprendre ce que fut le 4 septembre, jour impérissable, faisons un peu d’uchronie. Imaginons le président de le République parti tout fier en un sommet international dans son falcon blanc guerroyer contre les méchants profiteurs qui provoquent des désastres financiers. Là, quelque part au nord de la France, il se retrouve nez à nez avec de méchants collègues, teutons, yankees ou perfides d’Albion qui le pressent de près.

Heureusement la continuité du gouvernement est assurée chez nous par sa tendre moitié, une midinette épousée par amour, nommée présidente du sénat lors d’une réforme constitutionnelle baclée. Elle a pour charge de garder la place au chaud pour monsieur l’héritier, ci-devant baron des banlieues occidentales.

Or nos redoutables partenaires somment la France d’enfin assurer l’équilibre de ses finances selon le principe qu’on ne prête pas à celui qui ne peut rembourser. Dans la salle des débats, l’ambiance s’échauffe et la grande argentière est vivement boutée des lieux avec un coup de pied dans l’arrière train. Contrainte d’abandonner elle a ce mot historique: <<la garde meurt mais ne se rend pas.>> Au péril de sa vie, notre chef bien aimé doit s’en remettre à un ange, le chancelier de fer, qui a la bonté de le garder au bord du Rhin.

A la nouvelle du désastre et au désespoir de rembourser des montants astronomiques par une coupe drastique, la population parisienne s’émeut. Bobos du douzième, RMIstes de Seine-Saint-Denis, irréguliers de la CMU s’ameutent devant l’hôtel de ville pour écouter les harangues d’un facteur, d’une maraîchère du Poitou et d’un inverti du marais qui n’ont plus qu’à renverser le régime qui les nourissait. Ces bonnes âmes proclament la Démocratie tolérante de la diversité tandis que la midinette de cabaret s’enfuit avec l’héritier et son magot par le premier vol Ryan airlines à destination de l’Angleterre.

Pour rassurer le bon peuple de province un tantinet agacé, on se retrouve contraint à confier les commandes à un revenant de l’île de Ré, ancien chef de gouvernement reconnu pour sa tranquille sagacité et sa capacité à créer des cagnottes, virtuelles certes, mais puisqu’on n’entend ne pas renoncer à l’état providence.

Moralité le français paye trois fois plus que ce qu’il devait, le nouveau régime massacre à droite ou à gauche selon les cas, mais quoiqu’il en soit il prétend avoir apporté la félicité universelle et l’édification des masses. Ce ne sont pas quelques soubresauts où les banquiers fusillent quelques créanciers qui y changent quelque chose.

Une bonne émeute et le tour est joué

Une bonne émeute et le tour est joué

En quelque sorte, le 4 septembre c’est l’émeute de  la revanche des tarés sur les incompétents.

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Scories

août 27, 2009 · Laisser un commentaire

  • Appel indécent

Désolé de cette mauvaise contrepétrie*, mais dans leur combat à coups d’appels des 7 nains, des quarante douze ou des 69 salopes, les gentils ont encore frappé pour une grande cause. Accoutumés à sauver le monde et à annoncer le bien, ils ont trouvé la clé de tous nos problèmes: ce ne sont plus le racisme, le réchauffement climatique, l’intolérance, les plus riches qu’eux, c’est la désignation du candidat de gauche aux présidentielles de 2012, 2017 et 2022. Il faut remarquer que ces bisounours qui ont l’habitude d’être toujours pris de courts semblent pour une fois avoir des projets pour le long terme. C’est vrai quoi, un bon candidat de gauche désigné par de gentils sympathisants aura une véritable légitimité et portera haut les valeurs bienfaitrices de la république hexagonale ou de l’hexagone républicain. Ecouté par ses camarades chefs d’Etat, ébahis de tant de sagesse, il ou elle apportera la félicité universelle. C’est pour cela que c’est urgent de manifester son envie de désigner le plus fort des requins de l’aquarium de La Rochelle.

Et puis c’est toujours marrant ces listes de gentils qui redoutent par dessus tout le fichage. Surtout quand on y trouve Bruno Rebelle, le super sympa dirigeant de Greenpeace dont les RG avaient malencontreusement noté sur un bout de papier les convictions politiques au mépris du secret de l’isoloir. Et puis il y a le comique de situation, quelqu’un savit que le porte-parole du CRAN était Tin? A croire que c’est une faute d’ortographe , à moins d’un erreur de casting!

  • Indécrottable

Jean-Noël Jeanneney s’émeut dans le Figaro d’un éventuel accord entre la BNF et google en vue de la numérisation d’ouvrages. Il a raison de souligner l’existence de Gallica et il n’y a pas à lui mégoter les félicitations pour cette réalisation, preuve qu’en France des choses bien peuvent être accomplies sans tapage. Pour Europeana, il disjoncte. C’est une réalisation foireuse. Prenons un exemple: une recherche avec pour auteur un étranger éminent et européen, Bismarck. On a pour toutes réponses les 11 recueils de discours disponibles sur gallica et trois photos de rasoirs exposés dans des musées allemands d’intérêt local. Finalement, le chancelier de fer avait raison de dire qu’il ne connaissait pas l’Europe puisqu’Europeana ne le connaît pas.

Ensuite, on en vient au plat de résistance, l’éventuel accord google BNF. Il paraît que c’est une simple question de pognon pour numériser la totalité du fond de la IIIème. Plutôt une bonne idée, mais là le bon descendant d’un dynastie de hiérarques radicaux résolument mou (le genre qui s’abstient de voter pour ou contre quand l’ennemi est dans nos murs, pour être sûr d’avoir raison) s’indigne. Il faut guider le lecteur. Attention, on ne censure pas, on guide, parce que tout n’est pas utile et que lui et ses sbires savent ce qui doit être lu et pas le lambda qui pourrait trouver ce qu’il ne faut pas ou il ne faut pas.

Insupportable cette logique du “on vous guide dans vos recherches” plutôt que du “désolé, mais nous n’avons pas assez de fric pour vous donner accès à tout.” L’hypocrisie de la morale contre la franchise des moyens, le comportement habituel de nos gouvernants en quelque sorte!

Surtout que google books, ce n’est pas si mal et sinon il y a aussi les archives du net (www.archive.org) dans les collections numérisées exploitables.

*A l’origine c’est “un appel des cent”.

PS: Félicitations à Eric Besson d’avoir découvert que la France est une terre d’invasion! Encore un qui a appris l’histoire de France dans Astérix chez les Goths.

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Effeuillage politique

juin 8, 2009 · Laisser un commentaire

En dépit d’avis publiés par-ci par-là, je me suis rendu hier dans l’école laïque gratuite publique et obligatoire dans le désordre de ma commune. C’est un beau bâtiment en brique dont le nom fleure bon la fraternité républicaine, à la différence du stade situé en face qui puerait plutôt la fange révolutionnaire et le plomb des balles dans la nuque. J’ai d’ailleurs pu y vérifier que si les portiques promis par le gouvernement, l’opposition nationale localement au pouvoir avait pourvu à un légitime besoin d’ordre juste en y installant une gorgone, qui doit être présente à demeure puisqu’un petit garçon qui accompagnait sa maman à l’école lui a dit :”A demain!”. Vu l’âge de la gorgone, il n’est pas sûr que ce soit une initiative récente, mais comme la dernière fois que je suis aller à l’école c’était en 2007, je ne suis plus bien sûr.

Ce ne sont pas des considérations architecturales qui ont poussé un adulte d’esprit et de corps sain ou presque à se rendre librement à l’école primaire le jour du repos dominical. D’abord mon regard avait été attiré depuis une semaine par cet appel déchirant pour l’autodétermination du peuple tamoul au Sri Lanka (ex-Ceylan pour les amateurs de thé) lorsque je passais en revue une série de panneaux publicitaires à deux pas de chez moi*. Il faudra d’ailleurs dire aux écolos anti-pub d’arrêter d’étaler des slogans colorés qui brillent la nuit. Ensuite j’ai reçu une convocation gouvernementale avec plein de prospectus, de CV, de lettres de motivation et de candidature. Il paraît que c’était pour une action en faveur de l’emploi. Alors avec la crise, j’y suis allé faire un geste.

En plus, la semaine dernière dans le train, j’ai croisé un des gars dont je venais de recevoir la photo. D’après les gens qui l’accompagnaient il allaitfaire la première partie d’un spectacle de Marc Jolivet. C’est vrai que vu la manière dont ils étaient habillé, il était visible que leur patron il n’avait pas eu trop de succès jusqu’à présent et qu’il a juste les moyens de leur offrir des nippes récupérées dans un ashraam du Dalaï Lama, habits d’ailleurs confectionnés avec la laine du même animal. C’est peut-être à cause de ce geste généreux que le dit lama vient d’être fait citoyen d’honneur de Paris grâce aux amis de Marc Jolivet.

Quant à la tête d’affiche, elle aurait plutôt méritée d’être auscultée et de se faire dresser le portrait par le bon docteur Destouches plutôt que par un naïf. Un vrai guignol au regard sournois qu’il doit cacher derrière des verres fumés. Un gnôme vieillissant à la peau frippée. Pour son rôle de clown, son imprésario devra consentir des frais pour lui refaire la tignasse flamboyante qui a fait sa célébrité. En bref, un petit gros rabougri dans on se demande comment il a bien pu envoyer un général en exil à Baden (il est vrai que Baden n’est pas loin du Repos de Charles, mais bon). Avec son air, on sent bien qu’il est pour nous refiler un morceau de chienlit et qu’il en est réduit à servir de faire-valoir à des comiques de seconde zone ou à s’esbaudir grassement de ses derniers coups de veine. Tout à fait destiné à servir la chose publique! Mais hors de question d’être représenté par ça, question d’hygiène mentale.

Alors forcément, j’ai examiné un peu la concurrence, pas bien brillante, mais des postes étaient absolument à pourvoir. Aux trombines et aux slogans des postulants, ils ne semblaient pas tous aussi contre-indiqués les uns que les autres. Par exemple, il y avait un grand gars à l’air sympathique qui rejouait l’affiche de Rabi Jacob en posant avec un rabin et un arabe sur son affiche. Le côté comique jusque dans l’humour au ras des pâquerettes des slogans, pour un travail de représentation (si j’ai bien compris) c’est absolument impossible. Il ya avait aussi le patron d’un grand journall comique genre Pif Gadget, pas du tout mon genre. Alors dans le petit cabinet prévu à cet effet, j’ai employé le papier obligeamment fourni à l’entrée. L’endroit étant discret et isolé, j’ai pu me livrer à une action honteuse que la Halde réprouve: DISCRIMINER en fonction de l’âge, de la religion, de la couleur, des orientations politiques ou philosophiques, le tout en ayant bien décider de ne pas voter blanc. Et d’ailleurs j’avais cru comprendre qu’il s’agissait de choisir quelqu’un qui pourrait (ou non, le travail n’est pas contraignant) agir en mes noms et qualités dans un grand théâtre à Strasbourg, j’ai finalement voulu privilégier le côté tragédien. Pourtant ‘il a été dur de trouver quelqu’un ayant, même de loin, la tête de l’emploi.

Comme il paraît que c’est le comique que j’ai croisé dans le train qui a été retenu, je suis un peu triste parce que ce n’est pas lui que j’ai choisi, mais je suis content pour ses collaborateurs. Comme le travail est bien payé, il va peut être pouvoir les augmenter pour qu’il s’achètent des habits présentables.

Ah, s’ils avaient pu être choisis, le théâtre de Strasbourg aurait peut-être attiré du public.

* Cet appel est bien inutile depuis que la question a été réglée démocratiquement avec des chars le mois dernier.

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Sortie culturelle

avril 18, 2009 · 4 commentaires

 La fréquentation des expositions est une activité parfaitement hyghiénique pour l’esprit. C’est l’occasion d’un entraînement des sens et du jugement pour découvrir si le spectacle est sur les murs ou devant les murs. En tout cas, même lorsqu’il s’agit de peinture, il faut garder l’ouïe alerte. Les discours du public étant parfois aussi savoureux que les oeuvres présentées.

Ainsi, lorsqu’une grande bringue s’écrie: “La vierge est au fond du couloir à gauche!” Il y a de quoi rester abasourdi, puisque plusieurs vierges sont affichées dans chaque salle. Et s’il s’agit d’une visiteuse, la moyenne d’âge et le style d’icelles rendent cette hypothèse assez peu plausible, la majorité ayant employé davantage de couleur et d’enduit que les peintres en avaient eu besoin pour leurs oeuvres, avec un goût légèrement moins sûr.

Sinon, il y a l’inévitable cohorte de la visite collective.  Elle s’avance lentement mais sûrement comme une chenille, et à peine croit-on l’avoir devancée et qu’on veut prendre son temps devant un morceau qui en mérite la peine, la voix du guide claironne: “Machin travaillait pour les nobles et les seigneurs, pour ceuxqui avaient de l’argent.” Sous-entendu, vous avez de la chance de pouvoir admirer ses chefs d’oeuvre pour une somme modique et heureusement que la culture aujourd’hui s’est démocratisée. C’est vrai quoi des artistes qui chercheraient à se faire du pognon sur le dos de leurs contemporains cela n’existe plus. Et puis au Moyen-Âge, les riches, ce n’étaient que des salauds qui construisaient leur église, leur hôtel-dieu, qui fondaient leur couvent grâce à l’argent arraché aux malheureux qui n’avaient pas accès aux splendeurs de ces bâtiments. Et les bourgeois avec leurs cathédrales, quelle folie des grandeurs!

Enfin arrive la paire de rombières. De nombreuses heures de vol vers les expositions les plus variées, un regard assuré de l’une qui assène à l’autre: “Ils n’avaient pas encore trouvé la perspective, c’est tout plat!” Elles doivent quand même avoir un peu de purée dans les yeux ou dans le cerveau, parce que les plus belles pièces emploient la technique du trompe l’oeil, et que les figures se détachent du fond. D’ailleurs, un défaut naïf de vision des couleurs confireme cette impression en regardant une vierge qui se détache, comme le visage du Christ enfant qu’elle tient, tandis que le corps de l’enfant reste accroché au fond. Avec un examen plus précis, le peintre a bien fait son ouvrage, c’est la vision des couleurs défaillante qui joue un tour.

Finalement on peut dire ce qu’on veut, mais les primitifs italiens valent largement les bricoleurs contemporains. A se demander comment il se fait qu’ils arrivaient à traiter le même sujet avec tant de variété et un bonheur parfois inégal, quand aujourd’hui on baptise les mêmes morceaux de tôle vaguement peints des noms les plus étranges. A croire, que l’art industriel à la Jeff Koons, n’arrive à être créatif que dans la fine appellation d’attrape gogos.

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Divagations politiques

avril 7, 2009 · Laisser un commentaire

Il y a quelques temps, déjeuner en compagnie d’un journaliste. La situation est amusante, l’homme a vendu du bon sentiment et du vivre ensemble depuis le début de sa carrière, en digne représentant de sa profession et de son medium. Là, il sait que ses voisins de table ne sont pas des croyants, qu’ils ne pensent pas qu’il suffit d’être gentil et bien intentionné pour faire le bonheur du genre humain. La conversation arrive sur Dieudonné, Soral et Elie (Domota). Il avoue alors ingénument que l’antisionisme des susdits n’est qu’un paravent peu convaincant de sentiments plus troubles,  que cela sort du schéma traditionnel extrême droite méchant, et qu’il existe un mouvement différent face auquel seule le concept d’identité nationale peut offrir un rempart. Plaisir de voir quelqu’un sur le chemin de Damas, même si une certaine charité oblige à taire que ce sont bien les idées dont il a participé à la propagande pendant des années qui nous mènent là. C’est peut-être le propre de l’époque qu’il n’existe plus de logique dans des qualifications idéologiques devenues creuses à force d’usage.

Sommet de l’OTAN. Pour une fois j’approuve notre président. Le “retour de la France” y est une bonne chose. Cela clarifie la situation pour tout le monde. Nos choix politiques, qui ne changent pas, et leur mise en application sont enfin cohérents. Nos obligations internationales ne changent pas puisque le texte du traité de l’OTAN ne change pas, mais nous rendons plus facile leur application. Pour une fois que ce pays fait preuve de cohérence et de clarté, j’approuve. Quelques regrets toutefois que tous les parangons de l’indépendance nationale ne se soient réveillé qu’à cette occasion et n’aient pas demandé de débats approfondis quand les pays d’Europe Orientale sont entrés dans l’Alliance, c’était là une évolution politique d’importance. D’ailleurs, ce n’est qu’incidemment qu’on apprend que la Croatie et l’Abanie ont adhéré. C’est la seule chose qui peut être gênante, puisque cela nous engage auprès de deux pays balkaniques alors que nos intérêts ne sont pas forcément concordants dans cette région. Dommage qu’aucun des tartuffes de l’indépendance du PS ou du MODEM n’ait creusé cette question (alors que les Grecs, eux, ont fait valoir leur opinion sur la Macédoine).

En parallèle, le nouveau sauveur, Barack Obama, se lance dans un numéro de turqueries qui devraient bientôt lui gagner la dignité de grand Obamamouchi. Est-ce qu’on lui demande de faire entrer le Kenya ou le Mexique comme 51ème état des Etats-Unis? Là aussi, avouons que notre Nicolas a eu un éclair de lucidité étonnant, même s’il faudrait que les actes suivent les paroles. A ce rythme, d’ici une dizaine d’années, je regretterai peut-être l’époque bénie de la présidence Sarkozy. Attendons et voyons.

obamamouchi

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Promenade du samedi

mars 24, 2009 · Laisser un commentaire

Je ne sais si c’est la pollution, le réchauffement climatique ou la douceur de l’air de France, mais le soleil rasant des fins d’après-midi sur les quais de Seine a un je ne sais quoi d’admirable. Le beau temps de ce samedi fut un nouvelle opportunité d’en jouir à satiété. L’avantage au mois de mars est de pouvoir conjuguer ce spectacle à un plaisr de flaneur: battre un record de lenteur entre le pont du Carrousel et le petit Pont.

Le regard erre des étalages de livres au Louvre, et à l’île de la Cité pour se poser sur une trouvaille. C’est comme cela qu’on repère un livre ou un point de vue inattendu. Samedi, ce fut une biographie à compte d’auteur sur deux troisièmes rôles d’une époque riche en destins bizarres, ascensions vers les hautes sphères à coups d’actions d’éclats, au sabre et à la plume, interrompus par les vicissitudes politiques de la fin de l’Empire. Brutalement c’est la figure d’un personnage secondaire qui prend une nouvelle tournure quand on découvre un destin familial inconnu: trois colonels barons successifs et parallèles, une souche suisse passée par l’Espagne au service de la France, aux destins arrêtés par les coups du sort des défaites des napoléonides. Forcément on passe ensuite un long moment à discuter d’érudits qui s’intéressent aux personnages secondaires et consacrent des années à des travux de recherche qui ne trouvent pas de lecteur ou si peu, à évoquer des noms que pas un passant ne connaît et qui pourtant ne méritent pas l’oubli.

Forcément ensuite quand on arrive place Saint-Michel, on peut être surpris. Un troupeau modernoïdes regarde sans y prendre gare une scène digne du départ de la flotte du Camp des Saints. Un jeune nabot basané est juché sur les épaules d’une ombre qui danse une gigue au son de djembés festifs. Impossible d’accrocher le regard du gosse, mais on se prend quand même à rêver que tous n’embarquent dans une quelconque péniche vermoulue pour s’engloutir dans les flots de la Seine.

Qu’il est parfois dur de voir les termites à l’oeuvre.

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Révolution et tout le tremblement

mars 17, 2009 · Laisser un commentaire

La France stupéfaite a fait aujourd’hui un pas de plus vers le Grand soir, le chambardement, l’inversion du schéma exploiteur exploité, l’aube nouvelle des lendemains qui chantent.

D’abord le comité invisible a parlé pour annoncer qu’il allait se taire. Dans un communiqué audacieux, ils ont annoncé leur refus d’être pris pour des terroristes et d’avoir un chef. D’ailleurs ils sont innocents , la preuve c’est qu’ils annoncent qu’ils vont recommencer car la lutte n’est pas finie. C’est sûr je simplifie la prose des valeureux militants, mon clavier refuse le lyrisme de la langue de bois.

Ensuite, les étudiants de(u) Sud qui occupent Sciences Po pour protester contre la sélection, l’élitisme et l’enseignement supérieur pour riches. Attention, ces occupants sont des gens sérieux, il y a des normaliens et des gens de l’Ecole des Hautes Etudes en sciences Sociales (les meilleurs élevages de gauchistes de Paris). Faire chier le monde, sans empêcher ses camarades de travailler, c’est une solidarité rare que même à la RATP et à la SNCF ils n’avaient pas encore trouvé malgré des années de tatonnements.

Puisque c’est la révolution qu’on vous dit. N’empêche que répondre aux questions qu’on ne vous pose pas pour détourner l’attention des réponses que vous ne donnez pas à celles que l’on vous pose et manifester contre la sélection en bloquant l’établissement qui s’évertue à l’abolir, c’est quand même du grand art.

Pourtant, la révolution en chansons, c’est encore mieux. Que des moments de bonheur avec des gentils démocrates.

 PS: Quand ils disent

Nous ne sommes ici que des figures, qu’une cristallisation somme tout plutôt vulgaire d’un conflit qui traverse notre époque. La pointe médiatico-policière d’un affrontement sans merci que mène un ordre qui s’effondre contre tout ce qui prétend pouvoir lui survivre

Est-ce que cela signifie qu’ils sont les policiers journalistes d’un ordre nouveau, bref les futurs maîtres d’une tchéka quelconque, ou est-ce qu’ils emploient seulement des mots ronflants sans maîtriser la syntaxe?

 

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Soutien conditionnel à Bergé

mars 4, 2009 · Laisser un commentaire

Ces derniers jours, le Figaro, le grand journal d’Etienne Mougeotte, a organisé un Tribunal populaire sondage pour conclure à la nécessité de contraindre l’ignoble Pierre Bergé à rendre gorge  d’une part et d’autre part à l’Empereur Céleste de Pékin deux bronzes que des soldats français eurent l’audace et le courage de soustraire à la destruction lors de la destruction malheureuse du Palais d’été de l’empereur de Chine en 1860. On ne soulignera d’ailleurs jamais assez l’abnégation de ces hommes qui partout dans le monde sauvèrent de la destruction des trésors artistiques en les soustrayant aux destructions guerrières pour les mettre à l’abri en notre paisible Europe. Penser que des mauvais esprits appellent pillage ces actions désintéressées de préservation des Arts et des Lettres.

Or donc, voici que les potentats chinois actuels réclament ces bronzes, sous prétexte qu’il s’agirait de trésor nationaux qui ne devraient pas servir à enrichir une culture étrangère ou un de ses plus éminents représentants. Faisons d’abord remarquer à ces gens de mauvaise foi que s’il n’y avait pas eu vers 1860 de valeureux Français prêts à s’entendre avec les perfides Britanniques pour écraser les dangereux impérialistes capitalistes qui exploitaient le peuple chinois à l’époque, l’empire du milieu n’aurait jamais été fécondé par la pensée sublime de Marx et Lénine, que Mao n’aurait jamais réussi à marcher jusqu’à Pékin et que donc ils seraient toujours à pousser la houe pieds nus dans des rizières nauséabondes, plutôt qu’à jouer les étoiles de la finance. Donc ces gens sont des ingrats et deux bronzes, ce n’est pas cher payé pour les services que nous leur avons rendu à eux personellement.

Voyons ensuite l’aspect pratique. Il faut reconnaître que nous subissons à l’heure actuelle un déferlement de camelote chinoise et que nous en patissons. Alors oui, ces bronzes doivent pris comme des symboles et des précurseurs de cette invasion. Rien ne saurait être plus faux que de rendre les symboles sans s’occuper de la matière qu’ils représentent. Pierre Bergé doit donc tenir jusqu’à ce que la Chine se décide vraiment à reprendre ce qui lui appartient et renonce définitivement à envahir nos demeures, nos marchés, nos rues de produits ni faits ni à faire. Ils veulent les bronzes, qu’ils prennent les tonnes de frusques qui se déchirent au premier accroc, les monceaux de jouets trafiqués à la dioxine, les tombereaux d’appareils électro-ménagers qui tombent en panne pour un oui ou pour un non, les hordes de pékinois qui salissent nos trottoirs et rendent nos anciens neurasthéniques. Alors nous devrons être prêts à leur offrir un bon prix de tout cela et même à leur fournir la main d’oeuvre nécessaire au déménagement et au rangement de tous ces objets qui nous encombrent. Avec Pierre Bergé, affirmons à la Chine: tout ou rien, les bronzes et la camelote, pas de détail ou de marchandage inutile.

PS: J’espère que c’est la dernière fois que j’aurais à prendre la défense de Pierre Bergé par solidarité de capitaliste occidental arrogant.

 

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