Regard Naif

Articles classés sous ‘Pires des maux’

Humour du quotidien

septembre 17, 2009 · Laisser un commentaire

La lecture occasionnelle du journal humoristique le moins cher de Paris demeure un régal. Ce torchon aide remarquablement à ouvrir les paupières et à détendre les zygomatiques dans le moyen de transport homonyme. A croire que le chemin de fer métropolitain n’a reçu ce com que pour annoncer la venue du journal qui met de la joie sur les visages et de l’encre plein les mains en moins de vingt minutes.

Au hasard, prenons ce jour. Le patron d’une agence immobilière baptisée Arc-en-ciel, agrémentée du label-gay-friendly et installée dans le Marais sous-entend courageusement qu’il recevrait encore des clients qui font des réflexions discrimnatoires, mais qu’il a la grandeur d’âme de se contenter de leur sortir la documentation de la Halde. D’ailleurs il refuse tout net les offres de ceux qui ne voudraient pas louer à des hétéro-sexuels. Heureusement que le sieur en question reste vigilant, sinon l’enfer de la ghettoïsation menacerait ce vieux quartier de Paris.

Un autre page apporte la preuve qu’on peut être humoriste sportif, spécialiste du football et pas entièrement dénué de talent. Les clubs anglais recherchent leurs talents chez nous ainsi:

En 1998, les Rennais Dabo et Silvestre s’étaient engagés à l’Inter Milan. Depuis les Anglais continuent à “voler” les pousses françaises.

(…)

Le Week-end dernier, en Espagne, la rumeur affirmait que Kaïs, petit prodige lyonnais de 7 ans, avait été recruté par Barcelone. Depuis, l’information a été démentie… mais attention, les Anglais rôdent toujours au coin du bois.

Belle leçon de géographie, presqu’aussi bon que du Desproges.

On attend maintenant que le même journaliste s’intéresse aux migrations des m*nouch*s de Roumanie. Et  puis il pourrait finir par écrire un papier sur la perception du monde par les américains. Il devarit assez bien les comprendre.

Vive la géographie.

Vive la géographie.

Catégories : Jeu de massacre · Pires des maux
Tagué : , , , ,

Sur le chemin de l’école

septembre 13, 2009 · 3 commentaires

Il y a longtemps, lorsque j’allais à l’école je passais le long d’un terrain vague. En dépit de dimensions modestes, ce lieu offrait à l’imaginaire enfantin le modèle d’une jungle plus ou moins pénétrable, qu’un monceau de ronces et de broussailles folles rendait toujours impénétrable.

Aujourd’hui, je vins à reprendre ce chemin. Au même endroit on pouvait voir un panneau “jardin écologique pédagogique et scientifique.” Heureusement derrière la clôture renouvelée, aucune culture. Un coup de débroussailleuse ancien avait transformé la jungle en savane, deux ou trois arbres étiques représentaient le baobab. Je ne sais pas s’il continue de passer devant des enfants. Il est dommage que là où on se  rêvait en explorateur, ils doivent aujourd’hui s’imaginer combattants éthiques de la biodiversité durable, des Nicolas  Hulot  ou des Artus-Bertrand à hélicoptères et pharmacopée, plutôt que des  Stanley, des Livingstone ou des Savorgnan de Brazza.

D’ici quelque temps ce lieu sera devenu citoyen et à peine entretenu (l’éducation nationale en est le propriétaire). Il ne sera plus possible de rêver, la magie de la langue de bois aura opéré.

Catégories : Pires des maux
Tagué : , , , , ,

Le 4 septembre pour les nuls

septembre 4, 2009 · Un commentaire

Chacun a remarqué que toute ville française qui se respecte compte en plus de son avenue du général de Gaulle une  rue du 4 septembre. Remarquons ici que comme l’avenue du général de Gaulle est souvent une avenue du maréchal Pétain rebaptisée, la rue du 4septembre a abandonné le nom de rue Napoléon. Sic transit gloria mundi.

Pour comprendre ce que fut le 4 septembre, jour impérissable, faisons un peu d’uchronie. Imaginons le président de le République parti tout fier en un sommet international dans son falcon blanc guerroyer contre les méchants profiteurs qui provoquent des désastres financiers. Là, quelque part au nord de la France, il se retrouve nez à nez avec de méchants collègues, teutons, yankees ou perfides d’Albion qui le pressent de près.

Heureusement la continuité du gouvernement est assurée chez nous par sa tendre moitié, une midinette épousée par amour, nommée présidente du sénat lors d’une réforme constitutionnelle baclée. Elle a pour charge de garder la place au chaud pour monsieur l’héritier, ci-devant baron des banlieues occidentales.

Or nos redoutables partenaires somment la France d’enfin assurer l’équilibre de ses finances selon le principe qu’on ne prête pas à celui qui ne peut rembourser. Dans la salle des débats, l’ambiance s’échauffe et la grande argentière est vivement boutée des lieux avec un coup de pied dans l’arrière train. Contrainte d’abandonner elle a ce mot historique: <<la garde meurt mais ne se rend pas.>> Au péril de sa vie, notre chef bien aimé doit s’en remettre à un ange, le chancelier de fer, qui a la bonté de le garder au bord du Rhin.

A la nouvelle du désastre et au désespoir de rembourser des montants astronomiques par une coupe drastique, la population parisienne s’émeut. Bobos du douzième, RMIstes de Seine-Saint-Denis, irréguliers de la CMU s’ameutent devant l’hôtel de ville pour écouter les harangues d’un facteur, d’une maraîchère du Poitou et d’un inverti du marais qui n’ont plus qu’à renverser le régime qui les nourissait. Ces bonnes âmes proclament la Démocratie tolérante de la diversité tandis que la midinette de cabaret s’enfuit avec l’héritier et son magot par le premier vol Ryan airlines à destination de l’Angleterre.

Pour rassurer le bon peuple de province un tantinet agacé, on se retrouve contraint à confier les commandes à un revenant de l’île de Ré, ancien chef de gouvernement reconnu pour sa tranquille sagacité et sa capacité à créer des cagnottes, virtuelles certes, mais puisqu’on n’entend ne pas renoncer à l’état providence.

Moralité le français paye trois fois plus que ce qu’il devait, le nouveau régime massacre à droite ou à gauche selon les cas, mais quoiqu’il en soit il prétend avoir apporté la félicité universelle et l’édification des masses. Ce ne sont pas quelques soubresauts où les banquiers fusillent quelques créanciers qui y changent quelque chose.

Une bonne émeute et le tour est joué

Une bonne émeute et le tour est joué

En quelque sorte, le 4 septembre c’est l’émeute de  la revanche des tarés sur les incompétents.

Catégories : Heurs et humeurs · Jeu de massacre · Pires des maux
Tagué :

L’homme est une hyène pour l’homme

août 13, 2009 · Un commentaire

Nos  journaux, Libération, le Monde, le Figaro, nous ont appris en début de semaine, non sans une certaine jubilation qu’un dangereux criminel vient d’être condamné à Münich à la détention à perpétuité pour la mort de onze personnes. Bien que le condamné a réussi à se dissimuler plus de 60 ans sous les apparences d’un honnête citoyen, patron de scierie, conseiller municipal et commandant d’honneur des pompiers de sa petite ville, son ignominie a enfin été sanctionnée, lieutenant de la Wehrmacht il est jugé coupable de l’exécution de onze civils italiens en représailles d’une attaque de partisans contre trois hommes isolés de son unité.

Dans cette affaire, le fond n’a que peu d’intérêt. Il est vrai que si l’intéressé avait posé une bombe dans un café au Vietnam ou en Algérie avec autant de morts, il n’aurait pas forcément droit au même traitement judiciaire et médiatique. La confusion entre nazi et allemand n’a pas plus d’importance, comme l’insistance du Monde et de Libération sur la veste bavaroise traditionnelle sombre du prévenu à l’audience (tout juste si il ne serait pas venu en chemise brune et culotte de cuir).

Ce qui a un certain sens ne se trouve que dans les commentaires des lecteurs et dans les journaux allemands. Si certaines douleurs sont amplement justifiées, on voit quand même mal en quoi il est juste que “ce salaud” paie pour le concierge qui a dénoncé un père, ou pour le gardien d’Auschwitz qui a gazé tel autre. Faire payer des innocents en lieu et place de coupables qu’on ne peut atteindre, c’est justement le crime du condamné. Avec ce genre de commentaires, on arrive simplement à montrer qu’on est capable de faire pareil, malgré 60 ans de recul.

A mon sens (et à celui du titre de ce billet), le pire réside dans les applaudissements du public à l’énoncé du verdict, applaudissements évoqués par la presse germanique. Cette capacité de gens, qui n’ont vraisemblablement pas vécu les évènements, à manifester leur satisfaction de voir enfermer un homme de 91 ans a quelque chose de trouble. Dans une affaire de ce genre il y a quelque chose de tragique, mais une salle d’audience n’est pas un théâtre. La raison de ce genre de procès est de prouver que NOUS ne sommes pas comme ces soldats qui ont mitraillé les civils qui essayaient de échapper à l’explosion et à l’incendie, de montrer qu’après 60 ans la justice l’emporte sur les passions.

Le seul résultat de cet évènement est d’affirmer le contraire, qu’en dépit de tout, même chez les contempteurs de la bête immonde, il reste quelque chose des pulsions qui poussent les foules à massacrer ceux qu’on leur présente comme des boucs émissaires, de cette capacité des hommes à se comporter en hyènes.

Catégories : Ce vaste monde · Pires des maux
Tagué : , ,

Doux Paris

janvier 15, 2009 · 3 commentaires

Après quelques jours en province, je rentre ce soir à Paris. Malgré la fréquentation de quelques bars, l’observation attentive de la jeunesse éthylique locale, je n’avais pas trouvé une vraie inspiration pour écrire. Les déhanchements de blancs becs qui pèsent cinquante kilos tous mouillés, qui se laissent pousser une barbe clairsemée et s’habillent dans des sacs moulants, les vociférations de clochards et de punks alcooliques (et dans alcoolique il y a cool) rien de tout cela n’a vraiment nourri ma muse.

Un moment les bars de province m’ont semblé mettre à mal ma naïveté. Heureusement une voix enfantine m’a rappelé au bonheur de vivre. Comme ça j’entends un jeune garçon s’écrier dans la rue à destination d’un de ses camarades :” Et je viole ta grand-mère!” Une belle voix claire, même pas une pointe d’accent! peut-être une touche de gouaille.

C’est cela que j’aime dans le Paris d’aujourd’hui, cet innocent paradis plein de plaisirs furtifs. On y trouve toujours quelque chose à se mettre sous la plume, dans l’oreille et plus si affinités! Alors qu’en province il faut se contenter de la conversation des Thénardier!

Catégories : Pires des maux · par hasard
Tagué : , , , , , ,

Réinformation

octobre 13, 2008 · Un commentaire

De ci de là, ce mot fleurit chez des gens apparemment bien intentionnés. Je le trouve ridicule. Il dévoile une fatuité sans borne, et manifeste un esprit profondément sectaire. C’est déjà une belle performance que de dire la Vérité et de la diffuser, alors prétendre la détenir à soi seul et l’inculquer ou la propager chez des ignorants pervertis, c’est d’une arrogance sans nom. Les mots sont peut-être durs, mais le mot réinformation recouvre bien cette réalité.

Et pourquoi pas baptiser rééducation les écoles libres ouvertes un peu partout pour faire face à la faillite de l’Instruction Publique éducation nationale. Sinon on devrait pouvoir ouvrir des camps de réinformation à la première occasion. Ce type de mot est d’une logique aberrante et totalitaire. Il fait partie de ces expressions qui pourraient faire croire que quand on rallonge les mots, c’est pour mieux raccourcir les idées et les têtes si affinité.

Quelques orphraies vont s’écrier que les sectaires sont en face, il est vrai, ou qu’ils détiennent la Vérité, ce qui est possible. Mais c’est bien la raison pour laquelle il est inutile de masquer les convictions derrière l’intransigeance bornée et de rentrer dans un jeu qui prétend donner du sérieux à ce qui n’en mérite pas.

Propagande, illumination du peuple, rééducation, réinformation, un intrus?

PS: malgré ce billet d’humeur et ce tir à boulet rouge et brun sur une tournure d’esprit, je continuerais à rechercher de bonnes sources d’information, en remerciant ceux qui prennent du temps, et en espérant qu’ils changent cette dénomination ridicule.

Catégories : Pires des maux