Par fainéantise, ce blog est en jachère depuis un mois. Les sujets n’auraient pourtant pas manqué. Le magnifique appel de Thierry Mariton pour un emprunt forcé se serait bien prêté à de longs développements en dépit de son caractère confidentiel. Ne doutons toutefois pas qu’après le 7 juin il sera enfin entendu et promu par les gardiens de nos finances. Les polémiques sur le discours du Saint-Père en Terre Sainte auraient également pu être l’occasion de considérations érudites. C’est vrai que ce pape fut membre obligatoire des jeunesses hitlériennes et qu’il est naturel de se méfier de tout ce qu’il peut dire concernant la shoah et que nos résistants qui ont eu le courage et la vertu d’attendre pour venir au monde que la bête immonde se soit retirée ont raison de nous alerter. D’ailleurs à l’époque où il fréquentait le séminaire plutôt que les réunions éducatives des dites jeunesses, il devait déjà tramer de sombres desseins qui expliquent le peu d’attention que lui porta une police politique autrement plus méfiante habituellement avec le cléricalisme philosémite.
Même les amis inconnus qui m’envoient de beaux messages pour me proposer des liquidités à des taux usuraires, des voitures à des prix exorbitants ou autres expanseurs de sexe suédois et pilules aphrodisiaques auraient mérité quelques remerciements. Ce d’autant plus qu’ils n’hésitent pas à m’écrire en anglais, en allemand, en russe ou en chinois. Cette notoriété internationale fait chaud au coeur.
Même le beau mouvement démocratique des étudiants en “master d’arts martiaux et sciences politiques” de l’université de Lyon aurait pu faire l’objet de commentaires grinçants. Rassurons-nous, la pitoyable tentative cinématographique des factieux de l’UMP n’enraiera pas leur mouvement pour une université plus belle, plus juste, plus humaine.
C’est pourtant une simple promenade parisienne qui justifie ce retour. Quelle émotion de voir ce panneau arboré par un mendiant qui n’hésite pas à se séparer de jeunes chiots chers à son coeur en face de l’Académie française et écrit sur son morceau de carton: ” Une petite pièce pour manger, merci bocu”. Cet hommage à la beauté de la langue et à la syntaxe qui n’hésite pas à faire référence aux origines balkaniques du malheureux mérite un véritable éloge.
Pour celui qui a eu le courage de rajouter ce cri d’amour de la liberté, “Ni dieu ni maître”, à l’entrée nord de la cour carrée du Louvre, je reste plus circonspect. Se rend-il bien compte qu’à l’époque de la construction de la dite cour, il aurait amplement mérité l’estrapade pour son appel généreux? Une telle abnégation rétrospective laisse sans voix.
Moment de frayeur également en entrant au Palais-Royal. Une palissade interdit l’accès à la magnifique oeuvre de Buren. La menace de ce grand artiste aurait-elle été mise à exécution? Heureusement, il n’en est rien! Les bandes verticales blanches et noires sont traversées de hublots qui confirment que notre gouvernement a enfin pris la question culturelle au sérieux. La réfection de cette magnifique création est en cours. Quel plaisir de voir de l’argent si bien dépensé.
Enfin, cette belle inscription, “Dieudonné Soral Résistance”, pochée au seuil d’une station de métro d’un des derniers bastions de la ceinture rouge de Paris ne manquera pas de faire définitivement oublier les errements d’anciens communistes. Jacques Doriot sera définitivement balayé par ce mouvement qui balaiera définitivement l’influence sioniste. Désormais les communistes dissidents ne se fourvoieront plus avec l’occupant. Avec leurs camarades, ils resteront tous à la pointe de la lutte contre la tyrannie, la xénophobie.
Décidément la jachère a du bon, elle permet d’observer comment le bon grain chasse naturellement l’ivraie. Les belles inscriptions fleurissent un peu partout, et ce n’est que justice puisque c’est le printemps.




