Promenade de marbres

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Piketty contre le service public

Lorsqu’on demandait au peintre Claude Monet pourquoi il arborait son insigne de commandeur de la Légion d’Honneur, il répondait: « Parce que cela épate le chef de gare! »

C’est à cette aune qu’il faut voir le refus du sieur Piketty. Il a une telle aversion pour le service public et un tel mépris envers ses employés qu’il se refuse à les épater. Ou alors, il estime qu’il n’a pas besoin de cela pour être distingué de Mimy Mathie, ce en quoi il se trompe. Joséphine Ange Gardien a certainement plus fait pour le bonheur des Français que l’auteur du Capital et ses idées.

Noël, la libre pensée

La libre pensée guette les petits enfants à la sortie de la messe de minuit avec le soutien de l’éducation nationale. Elle est en retard. On en profite pour tuer le père Noël. Le peuple craint que la lèpre ne se répande et les aristocrates sont de retour.

Ceci est une critique cinématographique.

« Invraisemblable, à classer sans suite »

La collection TEXTO a réédité récemment le « Manifeste du camp numéro 1 » et on le trouve sur certains présentoirs de librairie. Plutôt que d’écrire des souvenirs auxquels peu auraient cru, Jean Pouget a préféré faire un roman sur les prisonniers d’Indochine. A lire, parce que ce n’est pas simplement l’histoire de souffrances mais surtout un récit sur la subversion, la tentative de briser des âmes. On y trouve aussi un véritable kaléidoscope de portraits, sans manichéisme, puisque sur les deux seuls communistes, on ne peut manquer d’en apprécier un.

Et on ne peut qu’admirer la manière dont des jeux de mots ont pu soutenir l’espérance, que ce soit cette population civile (et si bonne) ou ce slogan malheureusement dénaturé par la censure qui oblige à y ajouter un mot: « VIVE LES FEMMES DU MONDE ».

Sans légende

Parfois on voit des choses communes et étranges. On ne sait qu’en dire. Lecteurs, dites ce que cela peut être.

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Insoutenable légèreté de la linotte

Une chanteuse asthmatique a tenu récemment quelques propos sur la légèreté parisienne dans les années 1940, à l’époque où le vert de gris ne servait pas à l’art contemporain, mais au prêt à porter masculin. Immédiatement les senseurs de nauséabonderie ont déclenché l’alarme et sonner le tocsin de Libération. Avec leur fosse d’aisance coutumière ils ont repeint de merde quelques artistes et n’ont pas hésité à présenter notre héroïne au souffle court comme une émule de dangereux artistes qui remplissaient les salles*: Sacha Guitry et Charles Trénet.

Bien sûr, ces deux artistes sont des affreux, le premier surtout qui a déporté dix Juifs avec les gloires de la France dans un livre intitulé de Jeanne d’Arc à Philippe Pétain et publié en 1943 et qui n’a pas hésité à dénoncer en 1947 les libérateurs qui l’avaient cloué au pilori dans ses souvenirs « Quatre ans d’occupations » dont la lecture est davantage recommandée que celle du présent blog.

On y trouve d’ailleurs ce petit témoignage de légèreté mal placée et d’intelligence avec l’ennemi retrouvé dans les archives de la Propagandastaffel:

Paris, 24 juillet 1943.
Monsieur le chef
de la Censure Allemande,
Paris

Monsieur,

Je dois donner au mois d’octobre prochain une comédie musicale intitulée « Le Dernier Troubadour ». C’est M. Charles Trénet qui en fera la musique et l’ouvrage sera joué et chanté par Geneviève Guitry, et par Charles Trénet dans les deux rôles principaux.
Etant sur le point de commencer d’écrire la pièce je vous en adresse le résumé.
Le premier acte se passe de nos jours.
Un jeune homme et une jeune femme (Lui et Elle) ont réuni quelques amis à dîner et, tous, se demandent quand la guerre finira.

Restés seuls tous les deux, Elle et Lui, ils interrogent les Esprits, en se servant d’une petite table.
Un instant plus tard paraît a femme de chambre qui ne ressemble pas du tout à celle que l’on avait vu au début de l’acte. C’est une fée. Elle leur dit que pour être renseigné sur l’Avenir, il n’est rien de mieux que de consulter le Passé, ils y trouveront cent raisons d’avoir confiance dans le destin de la France. Elle leur conseille d’aller passer quelques heures à Paris en 1423-25 ou 29. Ils s’engagent, Elle et Lui, à conserver ce secret pour eux seuls au cours de leur visite dans le Passé et à leur retour dans le Présent.

Le deuxième acte se passe à Paris dans une taverne, pendant l’Occupation anglaise qui a duré cent ans et qui se termine enfin quand Jeanne d’Arc est apparue.
Lui, qui était chanteur dans une boîte de nuit à Paris, devient dans le passé le dernier troubadour. Il chante dans la taverne et elle, elle danse.
Pendant tout le deuxième acte, il y a, bien entendu, des allusions à la vie que mène actuellement les Parisiens: difficultés à se procurer de l’étoffe pour se vêtir, des aliments pour se nourrir, etc., etc., marché noir, etc., etc.

Au troisième acte, ils reviennent du Passé ayant compris bien des choses, plus intelligents, plus confiants dans leur pays et plus amoureux l’un de l’autre.
Il m’apparaît qu’un tel ouvrage, traité légèrement, peut apporter un peu de réconfort à mes compatriotes malheureux.
Et, en attendant votre visa préalable, je vous prie Monsieur, de bien vouloir agréer les témoignages de mes sentiments distingués.

Sacha Guitry

Est-ce l’allusion déplacée à la taverne dans le pays qui venait d’instaurer la licence IV, un manque d’esprit annonciateur de notre presse ou la volonté de ne pas fournir plus tard des arguments qui auraient pu invalider l’opinion de Libération quant à la légèreté de la vie parisienne, monsieur le Censeur Allemand ne daigna pas répondre.

Aujourd’hui, à l’exemple de cette oeuvre sur les gloires françaises citée plus haut, un mauvais plaisant pour écrire un ouvrage intitulé « Du Pilori à Libération, 75 ans de condamnations par voie de presse ».

* remplir une salle et avoir du succès public, n’est-ce pas la preuve d’une absence totale de sens artistique?

Asile

Grâce au système citoyen de contrôle par transparence, nous avons appris qu’il existe trois députés sains d’esprit. Cette nouvelle est quelque peu surprenante puisqu’il paraît difficile d’imaginer qu’il pût en exister autant. Pourtant la preuve du délit est là: ces trois sages possèdent un comptes en Suisse. Participer au vote du budget, connaître les taxes et leur propension à la génération socialiste spontanée et placer ses fonds hors de portée de notre gouvernement est une la marque d’une rare absence de démence. Heureusement, la majorité veille et elle demande l’expulsion du palais bourbons de ces trois renégats. Grâce à un bon coup de balai nous aurons enfin la chance d’avoir un parlement qui soit un vrai asile dans lequel de rares élus peuvent en toute tranquillité soigner leurs phobies y compris administratives.

 Malgré cette déconvenue, nos diafoirus aliénistes étendent leur emprise aux domaines les plus récalcitrants. Jusqu’à présent nul n’avait réussi à convaincre de ses turpitudes vestimentaires un scientifique brillant s’obstinant à annoncer ses réussites dans ses habituelles chemises de type hawaïen et chaussé de véritables tongs. L’homme de bon sens sait que cela n’a rien à voir avec le départ d’une fusée et qu’il importe de dissocier le fond de la forme. Pourquoi perdre son temps à fréquenter les coiffeurs, les chausseurs et les couturiers quand on est chargé de pénibles calculs? Cette indifférence aux folies du temps n’est heureusement plus de mise comme vient de l’apprendre ce membre de l’équipe Rosetta.

Moissons et racines

Lorsqu’on traverse les plaines du nord et de l’est de la France, on continue à voir partout les traces de la guerre. Régulièrement les labours sont coupées de champs de croix hérités de la moisson de 14-18, juste signalés par un drapeau tricolore. Sur une large bande on ne trouve plus de maisons d’avant-guerre dans les villages, et on doit se contenter d’habitations et de fermes grises en béton qui restent pourtant plus élégantes que nos lotissements du XXIe siècle. Surtout et partout sur la terre labourée par les orages d’acier où les morts ont été semés en masse, les églises ont repoussé en pierre avec souvent des formes qui rappellent le cataclysme. Je ne sais pas si la France d’aujourd’hui est chrétienne, mais en quelques heures de route en Champagne, dans l’Argonne, l’Artois, les Flandres, la Meuse il devient clair que celles de nos grands-parents l’était et qu’ils ont voulu nous la transmettre ainsi.

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Echo à une petite phrase

Lors de son récent passage dans la boîte à images (que je n’ai pas regardé), notre illustrissime président bien-aimé eut ce mot sublime: « Ce n’est pas cher, c’est l’Etat qui paie. » Il y a des moments de grâce où la vérité apparaît nue, sortant du puits. Cette courte phrase en fut un. Le tréfonds de l’âme de l’âne qui nous sert de cheval de course se révéla: il est socialiste et il y croit. Son système nous mène droit à la ruine puisque l’état français ne possède aucune mine d’euros frais. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, il a toutes les chances de se prendre un mur dans la gueule (et nous avec). On peut gloser sur 2017, mais quand on se rappelle qu’en octobre, il y a vingt-cinq ans une bande de fossiles célébrait en grande pompe la grandeur incomparable de l’Allemagne socialiste, on se demande ce qui passe dans la tête de nos gouvernants.

Certes, qu’il est doux d’entendre l’hymne martial « ressusciter des ruines » et de se voir acclamé en compagnie d’une ribambelle de joyeux drilles comme le montre ces images, mais il y a là comme un humour douteux et plein d’espoir :

Malheureusement, même sans l’intervention de joyeux tourlourous pour leur faire vomir leur tapioca les germains se révoltent parfois. Ils pouvaient toujours essayer de défendre leur modèle, leur méthode avec la complicité de belles âmes complaisantes.

Cela n’a servi à rien.

 Antenne 2 est devenu France 2, Christine Ockrent officie toujours mais les pantins qui défendaient leur solution à leurs problèmes selon leur modèle socialiste ont été balayés par leurs gouvernés.

D’ailleurs en réduisant l’état à ceux qui paient de sorte que cela ne lui coûte rien, ni à lui ni à sa clique, notre président n’ouvre-t-il pas une première brèche. Puisque les contribuables sont l’état bien plus que le gouvernement et les assemblées, ne leur reconnait-il pas le droit de dicter leur chanson et de le renvoyer au rang des ruines dont on doit ressusciter?

Reprise et réflexions

Après quelques mois d’hibernation, ce blog reprend sur un rythme de publications épisodiques. Et pour commencer voici quelques réflexions éparses.

Au fond, notre société ressemble de plus en plus à un idéal fasciste qui aurait réussi à s’imposer. Tout se fait au nom de la solidarité, de la fraternité et chacun doit se conformer librement, se faire citoyen, admirer le confort matériel obtenu par son appartenance à une économie socialisée. Certes, l’esthétique des chemises noires est remplacée par la crasse des dreadlocks et des T-shirt à fleur, mais cela a-t-il quelque importance?

On a bien encore quelque scandale grâce à Eric Zemmour et à sa dérive droitière et bourgeoise, puisqu’il ose ne pas partager la révulsion universelle pour le Maréchal et Vichy. Cela est cocasse lorsqu’on se rappelle que le Maréchal a pu rassembler des foules enthousiastes en 1944 à faire envie à François Hollande et qu’il a obtenu de la chambre du front populaire des pleins pouvoirs avec une majorité dont Manuel Valls doit être jaloux. a se demander ce à quoi seraient prêts à approuver nos dignes représentants le jour où ils auront peur de se faire lyncher dès qu’ils mettront le pied dans leur circonscription? On pourrait les imaginer voter pour un dirigeant charismatique de 80 et quelques années, et pourquoi pas s’il est borgne puisqu’ils sont aveugles?

Décidément, j’abomine davantage encore la geste gaullienne et l’attente de l’homme providentiel qui nie la réalité par le verbe et s’installe dans le fantasme. Je préfère ceux qui acceptent de risquer leur réputation en s’étreignant avec la réalité et en cherchant à redonner au pays sa force. Y-en-a-t-il encore hélas?

Quand je vois les débats entre catholiques, j’ai un sentiment bizarre à observer les uns qui veulent extirper le péché en noyant au besoin le pêcheur avec et les autres qui sont prêt à tout sanctifier au nom de la Grâce offerte à tous les pêcheurs. Finalement, ils se rejoignent souvent dans le même jeu du lancer d’anathèmes.

Continuer à regarder et s’efforcer à avancer là où on est.